7 avril

La prière de Jésus au jardin de Gethsémani

par le frère Louis-Hyacinthe Petitot O.P.

Le père Louis-Hyacinthe Petitot O.P. (1870-1934) a publié plu­sieurs excellentes vies de saints (notamment : saint Dominique, sainte Jeanne d’Arc, sainte Bernadette). Cette étude est parue en 1930 aux Éditions du Cerf sous le titre : La Passion. I. L’Agonie, ou l’Oraison de Jésus au jardin de Gethsémani.

Prélude

1.  – L’agonie de Jésus est avant tout une prière

Les hommes en général retiennent facilement ce qui frappe leur imagination ou émeut leur sensibilité, mais ils oublient volontiers ce qui est un exemple et un enseignement utiles à leur perfection morale. Tous les esprits quelque peu cultivés savent que Jésus immédiatement avant la passion a traversé les angoisses de l’agonie au jardin de Gethsémani, mais combien peu ont soin de se rappeler qu’alors il a surtout beaucoup et inlassablement prié.

30 mars

« Dans un monde qui s’écroule »

Il y a 27 ans, l’éditorial du numéro 4 du Sel de la terre (printemps 1993, p. 2) évoquait déjà la crise mondiale qui s’annonçait. Il n’est pas inintéressant de relire ces lignes, toujours actuelles puisqu’elles nous indiquent les causes de la crise et la source où nous pouvons trouver les remèdes.

ON NOUS ANNONCE DE DIVERS CÔTÉS QUE LE MONDE VA CONNAÎTRE PROCHAINEMENT UNE GRAVE CRISE. Pour celui qui a un peu lu et médité l’Apocalypse, il n’y a pas lieu de s’étonner. Le monde a abandonné Dieu, Dieu va laisser le monde se débrouiller tout seul…

Pie XII disait que notre monde était à refaire jusque dans ses fondations [1]. Si le monde s’écroule devant nous, il faut que nous soyons capables de lui proposer des fondations solides pour se relever. Autrement dit, il est capital de réfléchir sérieusement sur les principes de l’ordre temporel et de l’ordre surnaturel. On ne relève pas un bâtiment qui menace ruine en ravalant sa façade.

30 mars

Le sacrifice eucharistique en temps d’épidémie

Extrait du Liber Sacramentorum du cardinal Schuster, O.S.B. (avec quelques légères modifications).

Parmi les diverses messes votives du Missel romain, il s’en trouve une ayant pour titre : pro vitanda mortalitate, vel tempore pestilenliæ (pour éviter une mortalité, ou en temps de peste). […]

Malgré ces imperfections, cette messe est dominée par un sentiment profond de foi et de confiance et, surtout dans sa première partie jusqu’à l’offertoire, elle a un caractère grandiose et tragique, particulièrement sensible à l’introït. L’enseignement général qu’on en peut retirer est celui-ci : le remède le plus efficace pour se préserver de la contagion c’est l’hygiène de l’âme, c’est une conscience pure de toute tache de péché. […]

Dans les anciens Sacramentaires, toutes les nécessités publiques et privées, tous les besoins de la vie des individus, des familles, des peuples, ont toujours leur expression définitive dans le Sacrifice eucharistique ; et tandis que dans l’Ancien Testament il y avait un grand nombre d’oblations, pour le péché, pour la purification, pour la pacification, pour la propitiation, etc., dans le Nouveau, au contraire, l’Hostie sainte de nos autels, en un sacrifice parfait, unique et définitif, comprend et renferme toutes les différentes significations que s’efforçaient partiellement d’exprimer ces autres sacrifices légaux. On peut dire que dans le Nouveau Testament la sainte Eucharistie est toute la religion du peuple fidèle.

30 mars

En temps d’épidémie

Ce n’est pas la première fois que l’Église est affrontée à une épidémie. Le Saint-Esprit qui ne cesse de l’assister, lui a inspiré dans sa prière publique ce qu’il fallait demander au Ciel et ce qu’il fallait faire pour qu’elles cessent. Lisons et commentons les belles oraisons de la messe votive en temps d’épidémie. Voici la collecte :

O Dieu, qui ne souhaitez pas la mort des pécheurs mais leur pénitence : regardez avec bienveillance le peuple qui se tourne vers vous et, tandis qu’il montre sa dévotion, détournez de lui avec miséricorde les fléaux de votre colère. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur.

L’Église, comme la sainte Écriture, parle de la colère de Dieu pour désigner sa justice vindicative. C’est évidemment une expression imagée, car il n’y a aucun mouvement passionnel en Dieu. Elle indique que les maux qui nous affligent sont le châtiment du péché. Ils sont justes en tant que conséquences du péché. Pour y échapper, ce n’est donc pas la justice de Dieu qu’il faut implorer, mais sa miséricorde.

21 mars

Actes pour la communion spirituelle pour les personnes privées de messes et de communion en ce temps de confinement

Acte de communion spirituelle
composée par le cardinal Merry del Val

À vos pieds, mon Jésus, je me prosterne, et je vous offre le repentir de mon cœur contrit qui s’abîme dans son néant et dans votre sainte présence. Je vous adore dans le Sacrement de votre Amour, l’ineffable Eucharistie : je désire vous recevoir dans la pauvre demeure que vous offre mon âme. En attendant le bonheur de la Communion Sacramentelle, je veux vous posséder en esprit. Venez à moi, car je viens à vous, ô mon Jésus ! et que votre amour enflamme tout mon être pour la vie et pour la mort. Je crois en vous, j’espère en vous, je vous aime. Ainsi soit-il.

Autre acte pour la communion spirituelle
de saint Alphonse de Ligori

Adorable Jésus, je crois fermement que vous êtes réellement présent dans le saint sacrement ; je vous y adore et vous aime par-dessus toute chose, et vous désire de toute l’ardeur de mon âme ; mais, puisque je ne puis maintenant vous recevoir sacramentellement, venez du moins spirituellement dans mon cœur ; je m’unis à vous comme si vous étiez déjà venu en effet, et je me consacre tout à vous. Ne permettez pas que je me sépare jamais de vous.

18 mars

Sanctification du dimanche en temps de crise et de persécution

En ces jours de confinement où l‘assistance à la messe est impossible pour beaucoup de fidèles, rappelons qu’il faut distinguer :

  • le commandement de Dieu, qui est général (Tu sanctifieras le jour du Seigneur)
  • et le commandement de l’Église qui vient préciser le commandement de Dieu en imposant l’assistance au saint sacrifice de la messe.

En temps normal, l’un et l’autre s’imposent, sous peine de faute grave, à tout baptisé ayant atteint l’âge de raison, mais des circonstances peuvent dispenser du commandement de l’Église (assistance à la messe) sans que cela dispense du commandement de Dieu.

Quand l’assistance à la messe est impossible, il faut sanctifier le dimanche autrement, en donnant du temps à la prière et à l’instruction chrétienne (au moins l’équivalent d’une messe basse dominicale, qui comprend, normalement, un sermon).

On peut, pour cela, lire les textes de la messe et méditer le chapelet ou le rosaire, si possible en famille.

Ceux qui le veulent peuvent aussi :

  • écouter les sermons du couvent en les téléchargeant sur notre site.
  • faire une lecture spirituelle, par exemple en reprenant des articles du Sel de la terre ou des plaquettes des éditions du sel.

Ces principes valent pour le dimanche et pour les fêtes d’obligation (qui sont au nombre de dix dans le Code de droit canon de l’Église universelle, mais ont été réduites à quatre pour la France, depuis le Concordat de 1801 : Noël, Ascension, Assomption, Toussaint).

18 mars

Prières dans un temps de mortalité ou de peste

Les pères du couvent les diront à la messe les lundi, mercredi et vendredi, tant que durera le danger.

Collecte :

O Dieu, qui ne souhaitez pas la mort des pécheurs mais leur pénitence : regardez avec bienveillance le peuple qui se tourne vers vous et, tandis qu’il montre sa dévotion, détournez de lui avec miséricorde les fléaux de votre colère. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur…

Secrète :

Que l’oblation de ce sacrifice, Seigneur, nous vienne en aide : qu’il nous éloigne puissamment de toutes les erreurs et nous écarte de tout danger de perdition. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur…

Postcommunion :

Exaucez-nous, ô Dieu, notre salut: et par l’intercession de la bienheureuse Marie toujours vierge et de tous les saints, libérez votre peuple des terreurs de votre colère et mettez-le en sécurité par la largesse de votre miséricorde. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur…

14 mars

Un texte sur la modestie

Dans sa Catéchèse catholique du mariage [1], le père Barbara reproduisait des « règles édictées par la Congrégation des religieux dans sa lettre du 23 août 1928 ».

Dans un texte publié sur Internet, Alfred Denoyelle, qui se décrit lui-même comme « Docteur en Histoire avec distinction après des études gréco-latines complètes et la maîtrise obtenue avec grande distinction à la Faculté de Philosophie et Lettres de la “Katholieke Universiteit Leuven” », accuse le père Barbara de s’être « adonné à une odieuse entreprise de faussaire en histoire ». Il accumule les jugements peu flatteurs sur ce religieux, par exemple : « La licence des mœurs de notre temps ne justifie pas des pratiques de faussaire, car on ne peut jamais faire le mal pour qu’il en résulte censément le bien. » Le mot « faussaire » est employé pas moins de 7 fois dans cette page.

9 mars

Un combat sans trêve et sans merci : L’ordre des chevaliers de Notre-Dame

Télécharger : Présentation de l’Ordre des Chevaliers de Notre-Dame

L’Église et la Chrétienté

Pour édifier la Chrétienté, c’est à dire le règne social et politique de Notre Seigneur, l’Eglise a mis en place deux grandes institutions. Tout d’abord le sacre royal ou impérial, un sacramental qui donne une participation à la royauté du Christ et des grâces en proportion. Devant la vacance du pouvoir central après la mort de Charlemagne, l’Eglise rappela aux simples barons et chevaliers qu’ils avaient, à leur niveau, la même mission que le roi ou l’empereur. Elle christianisa alors le rite de l’adoubement en le calquant sur le cérémonial du sacre. Lui aussi donne mission et grâces. C’est au moyen de ces institutions du sacre et de l’adoubement que la Chrétienté est passée du chaos à son apogée.

21 février

Le Sel de la terre n°111

ÉDITORIAL
Le fils aîné du diable

ÉCRITURE SAINTE
★ Frère EMMANUEL-MARIE O.P. : L’inerrance de la sainte Écriture (III) : Bible et science, Bible et histoire

ÉTUDES
★ Mgr Richard WILLIAMSON : Vatican II, religion de l’homme : la synthèse de l’abbé Calderon
★ Jean-Claude DUPUIS : Le cardinal Paul-Émile Léger (1904-1991) : De l’Église triomphante à l’apostasie tranquille

VIE SPIRITUELLE
★ Hélène LANNIER : La dévotion à la sainte Face et le saint homme de Tours : Léon Papin Dupont (1797-1876)

CIVILISATION CHRETIENNE
★ Yves GÉRARDIN : Jean Sévillia, les bons fruits et les pommes pourries
★ Luc PACIOLI : La Révolution par la monnaie

LECTURES
★ DOCUMENTS : – Contra Recentia Sacrilegia – Jean de Viguerie et l’historiographie conciliaireLa Révolution contre le père – Une rupture seulement pastorale ?
★ RECENSIONS : – Weygand, l’intransigeant — Consentir à l’amour : lettres choisies du père Vayssière — Pour en finir avec le mythe de la Révolution tranquille — Les trois ouvrages de Paul Chaussée
★ PARMI LES LIVRES REÇUS
★ COURRIER DES LECTEURS (Grégoire de Narek ; Alessandra Pozzo)