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SUMMARY:Saint Norbert (1080 – 1134)
DESCRIPTION:Archevêque\, fondateur des Prémontrés \nMesse : Statuit \nOraison : « Dieu\, qui avez fait du bienheureux Norbert\, votre Confesseur et Pontife\, un glorieux prédicateur de votre parole et par lui avez donné à votre Église une nouvelle famille\, accordez-nous par le suffrage de ses mérites que ce qu’il a enseigné et accompli nous puissions\, avec votre grâce\, le faire nous-même ». \nNorbert nous reporte à l’an mille\, vers la fin\, étant mort très âgé en 1134. \nIl fut dès sa jeunesse à la cour de l’Empereur\, en Allemagne. Car il était de famille noble et opulente. Mais l’appel de Dieu lui fit abandonner cette vie fastueuse. Il donna ses biens aux pauvres\, il renonça à tous ses bénéfices ecclésiastiques\, et pauvre comme le Christ\, il se mit à prêcher la parole de Dieu. Il s’adressait à tous\, aux puissants et aux humbles de la terre\, disant à chacun la parole nécessaire à son salut. Austère\, très rude à lui-même\, il en imposait à tous par ses exemples de vertu. Venu en France\, poussé par l’Esprit-Saint\, il s’arrêta au diocèse de Laon. L’évêque\, touché de la sainteté de cet homme de Dieu\, le pria de se fixer dans son diocèse. Norbert y consentit et bientôt ayant trouvé la solitude qu’il rêvait\, dans un lieu écarté\, qui portait le nom de Prémontré\, il s’adjoignit quelques disciples\, et fonda l’ordre des Prémontrés. \n \nOrdre essentiellement canonial\, destiné par la même au culte divin. L’idée de Norbert était de former dans l’Église une société de prêtres dont la vie se passerait à glorifier Dieu par la splendeur de l’office divin. Il comprenait ce besoin essentiel qu’avait l’Église d’une prière incessante. Au milieu des calamités de son époque et des calamités de toutes les époques\, la plus grande force auprès de Dieu\, pour obtenir sa miséricorde\, c’est lâ prière\, surtout la grande prière liturgique. Elle peut se passer des forces humaines\, mais les forces humaines ne peuvent pas se passer d’elle. C’est là précisément l’erreur sociale la plus déplorable et la plus nuisible de nos temps modernes. On veut tout organiser\, peuples et lois\, tout régler\, tout gouverner sans la force de Dieu. Et Dieu\, comme dit l’Écriture\, se rit de nos efforts enfantins. \nNorbert choisit la plus haute politique et la plus sûre\, celle qui met Dieu de son côté par la prière. Il mourut archevêque de Magdebourg en 1134. Mais son œuvre canoniale dure encore. Les Prêcheurs\, chanoines également adonnés à l’office divin\, ont pris les plus belles de leurs constitutions primitives\, dans celles des Prémontrés.
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SUMMARY:Bienheureuses Diane\, Cécile et Aimée (XIIIe siècle)
DESCRIPTION:Vierges de l’Ordre dominicain \nMesse : Gaudeamus \nOraison : « Dieu\, qui avez illustré la bienheureuse Diane\, votre Vierge\, par une merveilleuse fermeté d’âme et qui lui avez donné pour compagnes dans la marche vers la perfection évangélique les bienheureuses Cécile et Aimée\, accordez-nous avec bonté que\, à leur exemple\, nous soyons forts dans les choses difficiles et protégés par votre secours dans les adversités ». \nSaluons avec une joie toute fraternelle les bienheureuses Sœurs Diane\, Cécile et Aimée. Ce sont nos grandes Sœurs\, les premières filles de Saint Dominique\, sur lesquelles son regard paternel s’est reposé avec tendresse. \nDiane\, il la connut à Bologne\, alors que le couvent de Saint-Nicolas se fondait. Elle était la fille très aimée d’un patricien de Bologne. Mais dès qu’elle eut compris l’idée de Saint Dominique\, cette prédication universelle basée sur la pauvreté et la pénitence\, elle voulut y coopérer de toute son âme\, selon les vues du saint Patriarche\, en établissant à Bologne même un monastère dont les Sœurs auraient pour but de prier pour le succès apostolique des Frères. \nL’ordre est un. Les Frères et les Sœurs suivent la même règle\, vivent du même esprit\, participent aux mêmes grâces. Mais tandis que les Frères sont\, par leur caractère sacerdotal\, consacrés à l’apostolat par la parole\, les Sœurs concourent à ce même apostolat par leur vie de prière\, de pénitence\, de pauvreté. Les deux forces se rencontrent auprès de Dieu pour obtenir le salut des âmes. \nAussi\, Diane\, émerveillée de cette idée\, brisa toutes les résistances pour atteindre son but. Dominique\, son Père bien aimé\, la légua à Jourdain de Saxe qui eut pour elle tous les dévouements et lui témoigna jusqu’au dernier jour la plus sainte affection. \n \nPour l’instruire dans la règle dominicaine\, Jourdain de Saxe demanda au Pape Honorius III de lui envoyer de Rome quelques religieuses\, celles formées par Saint Dominique lui-même. \nQuatre partirent\, ayant à leur tête la fille aînée de Saint Dominique\, celle qui\, la première\, reçut\, de ses mains\, à Saint-Sixte\, l’habit de l’ordre\, la bienheureuse Cécile. Chose providentielle qui réunissait sous le même toit\, à Bologne Diane et Cécile\, ces filles très chères de Dominique et de Jourdain. \nCécile avait vu plus longuement Saint Dominique. Elle avait entendu ses instructions\, quand le bienheureux Père descendant de Sainte-Sabine\, par le sentier qui dévale le long de l’Aventin\, se rendait à Saint-Sixte\, réunissait au chapitre les Frères et les Sœurs et leur expliquait ses grandes pensées sur l’apostolat universel. Cécile le regardait en l’écoutant et elle nous a laissé par écrit le plus beau et le plus authentique portrait de notre Père. Elle a entendu sa voix sonore\, bien timbrée ; elle a remarqué que ce gentilhomme avait les mains fines\, le teint coloré\, les cheveux et la barbe tirant sur le roux. Mais surtout elle a admiré et goûté suavement sa bonté. Elle a compris la portée immense de la fondation de son ordre. Et c’est pourquoi\, plus que toute autre\, Cécile pouvait aller à Bologne pour donner à Diane ¿’Andalo l’explication la plus sûre de la règle de cet ordre. Elle y portait tout l’esprit et tout le cœur de son Père. \n \nAvec elle partit une autre compagne\, la bienheureuse Aimée. Nous ne savons d’elle que peu de chose\, si ce n’est qu’elle fut au monastère de Sainte-Agnès de Bologne\, une sainte religieuse\, jugée digne d’être associée aux honneurs rendus par l’Église à Diane et à Cécile. \nLe cœur se repose avec joie dans le souvenir de ces premières filles de Saint Dominique\, celles qui l’ont vu et entendu\, celles qui l’ont aimé et vénéré. Après sept siècles\, elles ont encore cette fraîcheur des jours printaniers qui ravit l’âme et lui donne l’élan pour la vie à venir. On se sent meilleur\, en pensant à elles ; on éprouve en soi-même le désir de participer plus à fond à l’idée de Dominique\, idée ancienne\, et idée toujours nouvelle\, puisqu’aujourd’hui comme au XIIIe siècle\, comme dans les siècles futurs\, l’apostolat par la parole a toujours pour principes ceux que Dominique a posés : la pauvreté du désintéressement\, la prière publique de la liturgie\, l’austérité de la vie et la gravité de l’étude.
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SUMMARY:Bienheureux Jean Dominici (1357-1419)
DESCRIPTION:Confesseur\, Pontife de l’Ordre dominicain \nMesse : Statuit \nOraison : « Dieu\, source de charité\, qui avez rempli de votre force le bienheureux Jean\, confesseur et pontife\, pour conserver l’unité de l’Église et restaurer la discipline régulière\, ac- cordez-nous\, par son intercession\, de vouloir et d’agir comme lui\, par Jésus-Christ\, Notre Seigneur ». \nJean Dominici est de Florence. Avec lui nous sommes dans la période la plus calamiteuse de l’Église : le grand schisme d’Occident et la décadence religieuse. Deux plaies redoutables qui menaçaient de mort la chrétienté. \nDieu\, qui veille sur son Église\, suscita de grands saints pour parer au danger\, parmi lesquels Jean Dominici occupe un rang supérieur. Pauvre de naissance\, mais riche de grâce divine\, il se forma lui-même à la vie régulière parfaite et à la science humaine et ecclésiastique. Ardent à l’étude\, austère de vie\, d’éloquence vigoureuse\, Jean Dominici eut la pensée hardie de rendre à l’ordre de Saint-Dominique\, déchu comme la plupart des ordres religieux de sa ferveur primitive\, l’observance régulière. Il avait pour le seconder les disciples de Sainte Catherine de Sienne et à leur tête le bienheureux Raymond de Capoue\, son confesseur\, \n \nqui devint Maître général de l’ordre pour la fraction de l’Église qui reconnaissait le Pape de Rome. Car\, à cette époque malheureuse\, l’Église était déchirée par un schisme. Il y avait deux Papes : celui de Rome\, le vrai\, celui d’Avignon\, le faux. Il y en eut même jusqu’à trois. Mais dans le conflit des prétentions des uns et des autres\, aggravé encore par les questions nationales et politiques\, il était presqu’impossible de savoir en conscience qui était le Pape authentique. Et c’est pourquoi nous voyons des saints dans toutes les obédiences\, aussi bien celle d’Avignon que celle de Rome. \nJean Dominici\, élevé au cardinalat par le Pape de Rome\, Grégoire XII\, n’avait qu’une pensée : rendre l’unité à l’Église. Il travailla\, lutta\, souffrit pour atteindre ce but. Et sa joie fut immense quand\, au concile de Constance\, il put apporter la démission de Grégoire XII\, qui allait permettre l’élection d’un seul Pape\, Martin V. L’Église avait repris son unité. \n \nA ce même Concile\, Jean Dominici voulut donner aussi sa démission de cardinal\, mais les Pères\, émus des travaux de ce grand homme et de son humilité\, ne l’acceptèrent point\, pas plus que sa renonciation à l’archevêché de Raguse. \nJean Dominici obtint de Dieu les deux grâces qui furent le souci de toute sa vie : l’unité de l’Église et la réforme\, partielle du moins\, de l’ordre. C’est lui qui donna l’habit à saint Antonin et au bienheureux Fra Angelico. \nOn aime à voir à l’œuvre cet homme d’action\, tout pénétré de la pensée de Dieu. Type admirable du Prêcheur contemplatif et actif\, austère et bon\, dévoué jusqu’au sang à l’Église de Dieu\, c’est bien le fils de Dominique\, portant en lui tous les caractères du saint Patriarche. Il est de sa race\, et à tous il retrace la voie\, cette voie que les sables mouvants des siècles avaient comblée\, de telle sorte que la vie dominicaine allait en dehors du chemin. Chez nous\, rien de nouveau à fonder\, rien de nouveau à établir\, il suffit de déblayer la route et de reprendre le sillon creusé par nos Pères\, celui de Dominique\, le seul\, pour nous\, qui conduise à Dieu.
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SUMMARY:Saint Barnabé (1er siècle)
DESCRIPTION:Apôtre \nIntroït : « O Dieu\, vos amis sont placés par vous en grand honneur ; vous leur donnez une grande puissance. — Seigneur\, vous avez sondé mon cœur et vous me connaissez. Vous m’avez vu pendant mon repos et à mon réveil ». \nJésus a donné lui-même à ses apôtres le nom d’amis. Aussi la liturgie a soin de rappeler en leur souvenir ce titre glorieux. Amis de Dieu sur terre\, ils sont les amis de Dieu dans le ciel. Et c’est là que la puissance leur est accordée. Dieu les connaît à fond. Il les a vus à l’œuvre\, il les a suivis à travers le monde\, dans leurs joies et dans leurs souffrances. Ils sont bien à lui\, ses serviteurs dévoués\, généreux jusqu’au sang\, de vrais amis\, ceux qui s’oublient eux-mêmes. \nOraison : « Nous vous demandons\, Dieu tout- puissant\, que le bienheureux Apôtre Barnabé implore pour nous votre secours\, afin que\, délivrés de nos fautes\, nous soyons délivrés aussi de tout danger ». \n \nLecture des Actes des Apôtres\, c. 11 et 13. : « En ces jours-là\, à Antioche\, une foule nombreuse de croyants se convertit au Seigneur. La nouvelle en parvint aux membres de l’Église de Jérusalem et ils envoyèrent Barnabé à Antioche. A son arrivée\, ayant constaté cette grâce de Dieu\, il en fut ravi\, et il les exhortait tous à demeurer fermes dans leur dessein d’être au Seigneur. Car c’était un homme bon\, rempli du Saint-Esprit et de foi. Une grande multitude s’attacha donc au Seigneur. Aussi Barnabé quitta Antioche pour se rendre à Tarse\, afin d’y chercher Saul. L’ayant rencontré\, il le conduisit à Antioche. Pendant un an ils demeurèrent tous deux dans cette Église. Us instruisirent beaucoup de monde\, si bien que pour la première fois\, les disciples d’Antioche furent appelés chrétiens.\nOr\, il y avait à Antioche des prophètes\, des docteurs\, parmi lesquels se trouvaient Barnabé et Simon\, surnommé le Noir\, Lucius de Cyrène et Manahen\, qui était le frère de lait du Tétrarque Hérode\, et Saul.\nOr\, pendant qu’ils servaient le Seigneur et jeûnaient l’Esprit-Saint leur dit : Séparez-moi Saul et Barnabé pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés. Alors\, après avoir jeûné et prié\, ils leur imposèrent les mains et les congédièrent. » \nBarnabé était de Chypre\, c’est le même que ce Joseph qui\, ayant vendu son champ\, en apporta le prix aux apôtres. Avant d’embrasser la foi\, il était lévite. L’Esprit Saint le destinait à être le compagnon de saint Paul. \n \nA Antioche où les fidèles de Jérusalem l’envoyèrent\, il eut un apostolat si fructueux avec Paul que\, pour distinguer les disciples du Christ on les appela pour la première fois des chrétiens. Le nom de Barnabé comme celui de Paul est attaché glorieusement à ce nom\, qui devait demeurer à travers les siècles. C’était un homme bon\, dont le cœur vivait de l’Esprit Saint. On le voit\, parmi ces premiers disciples\, compatissant à leur situation\, excitant leur courage\, leur parlant avec douceur de la personne et des enseignements de Jésus. Sa manière affable attirait les cœurs. On peut dire tant de hautes et austères vérités quand on sait les dire avec bonté. \nGraduel : « Alléluia\, Alléluia. O Dieu\, vos amis sont en grand honneur ; vous leur donnez une grande puissance. Alléluia. » \nÉvangile selon Saint Mathieu\, c. 10. : « En ce temps-là\, Jésus dit à ses disciples : Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme des serpents\, et simples comme des colombes. Méfiez-vous des hommes. Us vous traîneront dans leurs assemblées. Ils vous fouetteront dans leurs synagogues. Vous serez conduits devant les magistrats et devant les rois\, à cause de moi\, pour me rendre témoignage devant eux et devant les peuples. Mais quand ils vous feront comparaître devant eux\, ne vous inquiétez pas de ce que vous aurez à dire ou de la manière de le dire. A ce moment-là\, ce que vous aurez à dire vous sera inspiré. Car ce n’est pas vous qui parlerez\, mais bien l’Esprit de votre Père qui parlera par vous. Le frère livrera son frère à la mort\, le père son fils\, et les fils se révolteront contre leurs parents et les mettront à mort. Et vous serez pris en haine par tous à cause de mon nom. Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin\, sera sauvé. » \nAvenir plutôt sombre que Jésus prédit à ses disciples\, mais avenir joyeux quand même et d’autant plus joyeux que les souffrances furent plus grandes. Car il y a un tout petit mot qui domine cette douloureuse prophétie\, c’est que toutes ces persécutions\, toutes ces épreuves\, cette guerre acharnée\, féroce qui sera faite aux disciples de Jésus\, tout sera à cause de lui. Et si c’est à cause de lui\, persécutions et souffrances seront douces\, car lui\, il est toujours présent\, il vit avec ses disciples\, il les console\, il les fortifie et son bon sourire d’ami les accueille après le combat. Cette prophétie s’est réalisée à la lettre et sa réalisation rend un double témoignage : témoignage à la divinité de Jésus\, qui lisait ainsi dans l’avenir ; témoignage à l’amour de ses disciples qui surent mourir pour lui. Barnabé fut un de ces héros de la foi en Jésus et de son amour invincible. \n \nOffertoire : « Le bruit de leurs paroles s’est répandu dans la terre entière\, leur voix est parvenue jusqu’aux extrémités du monde ». \n  \nSecrète : « Nous vous présentons\, Seigneur\, l’offrande que nous allons consacrer à la mémoire solennelle du bienheureux Barnabé\, votre Apôtre\, en implorant par elle la purification de nos âmes ». \nCommunion : « Vous qui m’avez suivi\, vous serez assis avec moi sur des trônes\, et vous jugerez les douze tribus d’Israël ». \nPostcommunion : « Par ces sacrements auxquels nous venons de participer\, nous vous demandons humblement\, Seigneur\, que\, grâce à l’intercession du bienheureux Barnabé\, votre apôtre\, les mystères célébrés pour vénérer son martyre\, soient profitables à notre salut ».
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SUMMARY:Bienheureux Etienne Bandelli (1369 - 1450)
DESCRIPTION:Confesseur de l’Ordre dominicain \nMesse : Os justi \nOraison : « Dieu\, qui pour ramener les fidèles égarés dans la voie du salut\, avez fait du bienheureux Etienne\, votre Confesseur\, un illustre prédicateur de l’évangile\, accordez-nous\, par ses mérites et son intercession\, que\, délivrés de tout péché\, nous courions dans la voie de vos commandements ». \nLa voie des commandements est l’unique voie du salut\, celle qui aboutit à Dieu. En sortir\, c’est sortir de la vérité\, car c’est sortir de Dieu. \nEtienne Bandelli naquit d’une bonne famille de la ville de Castelnuovo Scrivia\, au diocèse de Tortone. Encore tout jeune\, méprisant les séductions et les flatteries du monde\, il décida de s’appliquer entièrement à son salut et à celui du prochain. \nC’est pourquoi\, ayant fait profession religieuse dans !’Ordre des Prêcheurs à Plaisance\, ne désirant rien que de remplir pleinement le programme complet de son très saint institut\, il s’adonna d’abord à l’oraison et à l’exercice de toutes les vertus ; et il fit en cela de tels progrès\, que sa sainte conduite put être proposée comme un exemple admirable de pénitence et de religieuse perfection. Au surplus\, il cultiva si bien dès sa tendre enfance les lettres humaines et divines\, qu’il devint un éminent docteur en théologie et en droit canonique. \nBienheureux Etienne Bandelli – son crâne\nLa gloire de son nom s’étendant au loin\, il advint\, en 1427\, qu’il fut appelé à enseigner publiquement à l’Université de Pavie. Nul doute\, pourtant\, que sa valeur apparaissait avant tout dans la prédication de la parole divine : il s’y adonna durant de nombreuses années\, avec une telle ferveur de charité qu’il fut comparé par plusieurs à saint Paul lui-même. De là vient que\, n’importe où il allait pour exercer le ministère de la parole\, une multitude immense accourait pour l’entendre ; quant à lui\, aidé de la grâce de Dieu\, il ramena d’innombrables pécheurs de la fange du péché à une pénitence sincère\, et il enflamma de vifs désirs du ciel les cœurs des tièdes\, les détournant plus pleinement de l’amour du monde. \nEnfin\, ayant consumé sa vie entière dans ces travaux de la vie apostolique\, à l’âge de quatre-vingt-un ans\, illustre par la sainteté de sa vie et par les miracles\, il s’en alla vers le Seigneur le 11 juin 1450\, à Saluces\, qui à cette époque faisait encore partie du diocèse de Turin. Le corps du bienheureux\, déposé en un sépulcre magnifique dans l’église de son Ordre à Saluces\, incita les fidèles à la vénération grâce à de nombreuses faveurs ( comme l’attestaient les images de cire et les inscriptions placées autrefois près de la tombe). \n \nComme fait particulièrement mémorable au sujet du saint homme\, il est rapporté que\, en 1487\, apparaissant élevé dans l’air aux côtés de la Vierge sans tache\, il préserva Saluces d’une chute imminente alors qu’elle était soumise à un siège rigoureux. Après un si remarquable bienfait accordé par le serviteur de Dieu à la ville dans l’épreuve\, la mémoire de celui-ci fut l’objet\, de la part des habitants de Saluces\, des plus hautes marques de vénération religieuse ; l’heureuse date de cette libération fut commémorée chaque année jusqu’à nos jours par une supplication publique. \nTous ces faits ayant été dûment contrôlés\, le Pape Pie IX ratifia et confirma le culte des Bienheureux qu’on lui avait rendu depuis sa mort ; avec bonté il accorda aussi à l’Ordre des Prêcheurs ainsi qu’au clergé des diocèses de Saluces\, de Tortone et de Turin\, de célébrer sa fête par un office propre et une messe. \nC’est pourquoi nous lui demandons d’obtenir la délivrance de nos péchés\, afin que nous puissions\, libérés de toute entrave\, courir à la perfection. Ce qui nous gêne\, ce qui alourdit notre marche\, c’est notre attache aux choses de la terre\, à nos passions ou à nos défauts. Nous sommes pour ainsi dire rivés au sol et nous avons peine à briser nos chaînes. Dieu nous invite à monter plus haut\, il nous tend ses bras\, longuement\, avant que nous ayons le courage de nous y jeter. Il doit faire bon\, cependant\, dans les bras de Dieu.
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SUMMARY:Saint Antoine de Padoue (1195-1231)
DESCRIPTION:Confesseur \n\n\nMesse : Os justi \n\n\nOraison : « Dieu\, que la solennité du bienheureux Antoine\, votre confesseur\, réjouisse votre Église\, afin qu’elle soit toujours protégée par les secours spirituels et mérite de jouir des joies éternelles ». \n\n\nAntoine est de Lisbonne. Il nous reporte à ces temps d’enthousiasme où François d’Assise fondait l’ordre des Mineurs. D’abord chanoine régulier\, Antoine fut saisi par cet enthousiasme\, quand on rapporta à Coïmbre les corps de cinq Frères Mineurs\, qui avaient subi le martyre au Maroc. Lui-même voulut partager cette couronne. Il passa au Maroc\, mais la maladie le força à revenir en Europe. Il se dirigeait vers l’Espagne\, quand une tempête jeta le vaisseau qui le portait sur les côtes de Sicile. La volonté de Dieu dirigeait Antoine où elle avait choisi le lieu de son apostolat. \n \n\n\nIl se rendit à Assise où se tenait le Chapitre général des Mineurs. François le présidait. Antoine\, perdu dans la foule très grande des disciples du Poverello\, put cependant le voir\, s’entretenir avec lui. Les saints se sentent et se comprennent. Avec la bénédiction du saint Patriarche\, Antoine passa dans la Haute-Italie où il exerça son ministère apostolique. Homme instruit\, de rare éloquence\, il captivait ses auditeurs et les portait au Christ. \n\n\nIl fut le premier qui\, chez les Mineurs\, enseigna publiquement la théologie. Ces débuts eurent lieu à Bologne non sans quelque hésitation de la part de François\, qui ne voulait pas pour ses fils des chaires universitaires. Il donna la permission avec une nuance très marquée de regret. Ses fils\, le Pauvre d’Assise les voulait plutôt prêcheurs par la pauvreté et la pénitence que par la parole et la science. Mais l’Église estima que ces deux prédications pouvaient s’unir. Et il faut l’en remercier\, pour ce que l’ordre des Mineurs lui a donné de docteurs éminents. \n\n\n \nUn an avant de mourir\, Antoine se rendit à Padoue. Ses miracles y furent si éclatants qu’il garda pour la postérité le nom d’Antoine de Padoue. Il fut enseveli dans cette ville\, en 1231. Son tombeau\, glorifié par Dieu\, attire la vénération du peuple chrétien. \nAntoine fut canonisé dès 1232 par Grégoire IX. Pie XII le proclama en 1946 Docteur de l’Église\, en lui attribuant le titre de Docteur évangélique car ses sermons reprenaient toute la fraîcheur et la beauté de l’Évangile. \n\n\nComme Dieu se préoccupe peu de nos projets\, même ceux qui nous semblent les meilleurs\, Antoine se fait chanoine régulier : ce n’est pas là que Dieu le veut. Il devient Franciscain\, mais désire aller au Maroc pour y mourir témoin du Christ : ce n’est pas ce que Dieu veut. A lui de choisir ses martyrs. Et cet homme dévoré d’amour de Dieu\, ardent prédicateur\, prend tout simplement une chaire d’enseignement. \n\n\nDieu nous sanctifie à sa manière. Et ces péripéties de la vie d’Antoine de Padoue nous montrent clairement que la seule chose qui plaise à Dieu c’est de l’aimer et de le servir comme il le veut. Ce qui n’empêche pas de devenir un grand saint\, comme le fut Antoine de Padoue. Laissons-nous conduire en tout par la Providence.
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SUMMARY:Saint Basile (330 - 379)
DESCRIPTION:Docteur de l’Église \nMesse : Statuit\, sauf l’épitre : Testificor\, et l’Évangile : Si quis venit\, \nOraison : « Dieu qui avez donné à votre peuple le bienheureux Basile comme ministre du salut éternel\, faites\, nous vous en prions\, que celui que nous avons eu pour Docteur de vie sur terre\, nous méritions de l’avoir pour intercesseur dans le ciel ». \nBasile est de Cappadoce\, comme son ami très cher Grégoire de Nazianze. Ensemble ils étudièrent les sciences divines et humaines\, et leur amitié persévéra pendant toute leur vie. Mais Basile\, plus attiré\, dès le début\, par le Saint- Esprit\, se retira plus vite et plus complètement du monde. Il mena avec la plus austère discipline la vie monastique dont\, par ses exemples et sa règle\, il restaura la ferveur en lui donnant une sage régularité. \nC’était un homme rude à lui-même\, qui avait le sens profond de Jésus crucifié. Ses études graves\, spécialement sur les Saintes Écritures\, firent de lui la lumière de l’Église. Au milieu des troubles suscités par l’Arianisme\, Basile se dressa devant les empereurs qui soutenaient cette hérésie monstrueuse. L’Empereur Valens\, en particulier\, aurait voulu se débarrasser de cet évêque irréductible. Il le fit appeler et devant lui rédigea l’édit qui le condamnait à l’exil. Mais quand il voulut le signer\, le siège sur lequel il s’assit se brisa. Pris de colère\, trois fois il trempa sa plume dans l’encre\, sans jamais en prendre. Et comme il persistait\, malgré tout\, à mettre cette signature\, sa main droite fut agitée d’un tel tremblement qu’il ne put y arriver.\nBasile le regardait\, calme\, sûr de son Dieu. \n \nÉvêque de Césarée\, il montrait une si grande majesté dans la célébration de la Messe que ce même empereur Valens\, présent un jour\, et effrayé\, tomba défaillant dans les bras de ses serviteurs. A Rome\, dans la basilique de Saint- Pierre\, une belle mosaïque placée au-dessus de l’autel qui lui est consacré\, reproduit cette scène\, Cet autel est proche de celui où repose Grégoire de Nazianze. Leur intimité demeure auprès du tombeau de saint Pierre. \nBasile mourut\, n’ayant que la peau et les os\, en 379. \nGrande et noble figure d’évêque ! Pasteur et docteur de son troupeau\, son défenseur aussi contre les loups qui voulaient le disperser. Sur son épaule\, Éphrem de Syrie\, docteur lui aussi\, vit le Saint-Esprit\, sous forme de colombe\, qui lui suggérait ce qu’il avait à dire à ses fidèles. Symbole gracieux de ce que le Saint-Esprit fait dans nos âmes\, quand nous voulons l’écouter. Lui\, douce colombe\, il est toujours présent en nous il nous parle\, il nous instruit\, il nous pousse à l’action. Comme Basile\, soyons attentifs à ses paroles\, souples sous sa motion\, et nous arriverons à Dieu en toute sécurité.
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SUMMARY:Saint Ephrem de Syrie (306 – 373)
DESCRIPTION:Docteur \nMesse : In medio \nOraison : « Dieu\, qui avez voulu illustrer votre Église par la prodigieuse doctrine et les glorieux exemples de la vie du bienheureux Ephrem\, votre Confesseur et Docteur\, nous vous demandons très humblement que\, grâce à son intercession\, vous la défendiez par votre éternelle puissance contre les embûches de l’erreur et de la dépravation ». \nBasile et Ephrem sont de la même race d’hommes doctes et austères\, l’un en Cappadoce\, l’autre en Syrie\, l’un évêque\, l’autre simple diacre\, mais tous deux animés du même esprit\, tous deux employant les mêmes armes de la doctrine et de l’austérité pour défendre la foi catholique. \nEphrem demeura diacre\, par humilité\, mais il n’en étudia pas moins les lettres sacrées et il devint bientôt par ses écrits une des colonnes de l’Église orientale. \nGuidé par le Saint-Esprit\, Ephrem se rendit à Césarée pour y voir saint Basile. Ces deux lutteurs unirent leurs prières\, leurs pénitences et leur savoir pour la même cause\, la défense de la foi contre les Ariens. Poète autant que théologien\, Ephrem composa en vers ses louanges à la très sainte Vierge et aux Saints. Il mourut à Édesse\, sous l’empereur Valens. \nCe grand docteur avait\, comme Basile et les autres Pères\, le culte de la vérité. Il s’en fit le défenseur intrépide\, car la vérité est le premier des biens\, celui qui porte tous les autres. Et le plus étrange et surtout le plus \n \nmalheureux à notre époque c’est le peu de souci que nous avons de la vérité. L’erreur a tellement envahi le monde\, que les esprits les plus chrétiens capitulent souvent devant elle par de lâches compromis\, des réticences\, estimées prudence\, des concessions qui n’ont plus de limite. On a peur\, dans la vie ordinaire\, de se montrer ce que l’on est\, d’affirmer sa foi\, de réprouver le mal. Le chrétien se dissimule sous l’homme du monde. Et l’on va ainsi avec une vie à double face\, celle du dedans que l’on garde pour soi et celle du dehors que l’on montre aux autres. L’esprit chrétien n’est plus le maître chez nous. C’est un parent pauvre que l’on cache\, comme si on avait honte de lui. Où sont les vrais chrétiens\, les chrétiens qui affirment et défendent leur foi par la parole et par leur vie ?\nN’oublions pas la parole de Notre-Seigneur : celui qui rougira de moi et de mes paroles\, je rougirai moi aussi de lui devant mon Père\, devant les Anges de Dieu.
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SUMMARY:Bienheureuse Osanna de Mantoue (1449 – 1505)
DESCRIPTION:Vierge Tertiaire de l’Ordre dominicain \nMesse : Gaudeamus \nOraison : « Exaucez-nous\, Dieu\, notre Sauveur afin que\, en nous réjouissant de la fête de la bienheureuse Osanna\, votre vierge\, nous progressions par la ferveur d’une douce dévotion ». \nTertiaire modèle entre toutes\, cette bienheureuse Osanna\, dont les exemples peuvent être suivis à tous les degrés de la société. \nNée à Mantoue de parents nobles\, Osanna\, mue par une grâce au-dessus de son âge\, s’éprit dès son enfance d’un tel amour des vertus célestes et des réalités divines qu’à peine âgée de sept ans elle voua à Dieu sa virginité; virginité qu’elle s’employa ensuite\, tout le reste de sa vie\, à garder immaculée au moyen des jeûnes\, du cilice\, des flagellations et autres mortifications corporelles. \nA l’âge de quatorze ans elle s’inscrivit au TiersOrdre de la famille dominicaine\, dit de la Pénitence ; toutefois\, ne s’estimant jamais assez prête\, elle ajourna jusqu’à ses dernières années la profession accoutumée\, aspirant pendant tout ce temps à une sainteté toujours plus haute et plus parfaite. \nAssidue à l’oraison\, elle prit la coutume d’y consacrer souvent jusqu’à ses nuits. Attentive surtout à contempler les douleurs du Christ\, elle en était si fortement impressionnée\, qu’elle semblait parfois les éprouver elle-même ; de là s’ensuivait pour elle un tel envahissement d’une merveilleuse douceur que\, dans l’angoisse de toutes ses épreuves\, elle accourait au cœur sacré du Seigneur crucifié comme à une source intarissable de consolation. \n \nElle brillait d’un amour si ardent pour !’Époux divin\, que souvent\, après avoir reçu l’Eucharistie ou lorsqu’on faisait mention de sa Passion\, elle était ravie en extase. Comprenant également le prochain dans sa brûlante charité\, elle ne se contentait pas de réconforter les pauvres\, de consoler les affligés\, de visiter les malades ; mais\, désireuse de transférer les maux d’autrui sur sa propre personne\, elle implorait Dieu par des prières d’une telle instance qu’à plusieurs reprises elle vit combler son désir. \nAprès la mort de ses parents\, comme elle avait pris en charge l’administration de sa maison\, ses serviteurs et ses proches\, devant qui elle faisait briller l’exemple de toutes les vertus et de son intimité avec le ciel\, furent par elle tout imprégnés d’habitudes religieuses et\, selon ses saints avertissements\, instruits dans la crainte de Dieu. En outre\, comme\, par suite de toute l’expansion que prit la renommée de ses vertus\, les étrangers aussi bien que ses concitoyens affluaient vers elle\, par sa douceur\, sa bienveillance\, ses amicales conversations\, elle les excitait tous à la vertu chrétienne et spécialement à l’espérance en Dieu ; ce qui ne l’empêchait pas d’avoir d’elle-même une opinion assez basse pour se juger la plus criminelle des créatures. \nMaison de la Bienheureuse Osanna\nOn a toujours pensé qu’elle avait reçu de Dieu le don de prophétie\, et qu’en faveur d’Isabelle\, princesse de Mantoue\, elle obtint de Dieu par ses prières l’enfant mâle longtemps souhaité\, ce qu’en outre elle lui annonça. Un jour qu’elle naviguait sur le Pô\, elle fit naufrage : les autres passagers et elle-même\, emportés par les flots\, couraient à une mort certaine ; elle implore le secours divin\, tient à la main le Crucifix\, et\, dit la tradition\, sort de l’eau saine et sauve ainsi que ses compagnons. \nFinalement\, vaincue par une dernière maladie\, entourée des princes de Mantoue en larmes\, elle rendit son âme à Dieu le 18 juin 1505. Son corps\, enseveli avec honneur dans l’église de Saint-Dominique\, fut retrouvé intact trois ans après et placé dans un sépulcre plus grand et plus beau ; il devint illustre par la gloire de ses miracles. Frappé par ces faits\, Léon V accorda à la cité et au diocèse de Mantoue de célébrer tous les ans\, par l’office et la messe du Commun des vierges\, la mémoire de la bienheureuse Osanna\, privilège qu’Innocent XII étendit à !’Ordre tout entier des Frères Prêcheurs le 27 novembre 1694.
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SUMMARY:Bienheureux Innocent V (1226 – 1276)
DESCRIPTION:Pape de l’Ordre dominicain \nMesse : Statuit \nOraison : « Dieu\, qui avez enrichi des dons de science et de prudence le bienheureux Innocent\, votre Confesseur et Pontife\, et l’avez fait l’arbitre conciliant de l’unité et de la paix\, accordez-nous par son intercession d’étudier les choses célestes et de rechercher tout bien par le soin de la concorde ». \nInnocent V est son nom de Pape\, Pierre de Tarentaise le nom sous lequel il était connu avant de monter sur le siège de saint Pierre. \nJeune il entra dans l’ordre et pendant trente ans il vécut au couvent de Saint-Jacques de Paris. C’est là qu’il fut formé à la vie dominicaine\, en sa plénitude de régularité\, de prière\, de pénitence et d’étude. Pierre de Tarentaise fut un étudiant modèle comme un novice fervent. Il eut pour maîtres Albert le Grand\, saint Thomas d’Aquin\, et sous de pareils Docteurs il devint lui-même un des maîtres les plus renommés de Paris. \nIl était si pur de mœurs\, si beau de figure qu’il paraissait un ange de Dieu. Quand\, jeune adolescent\, il sortait avec les Frères dans les rues de Paris\, on le dissimulait au milieu d’eux pour éviter les regards indiscrets. \nGrégoire X l’appela sur le siège de Lyon. De longues et difficiles disputes divisaient alors le clergé et le peuple. Pierre de Tarentaise eut vite fait par sa sagesse et sa bonté de rétablir l’union dans cette Église. Devenu Cardinal\, il reçut la mission de préparer la célébration du Concile que Grégoire X convoquait à Lyon. Avec saint Bonaventure il dirigea les affaires les plus importantes\, traitées dans cette assemblée. On sait que saint Thomas mourut en se rendant à ce Concile. On doit\, en grande partie\, à la sagesse de Pierre de Tarentaise la réunion des Églises latine et grecque\, la paix entre le clergé Séculier et régulier et les lois fondamentales du conclave pour l’élection du Pape. \n \nAussi\, Grégoire X étant mort peu après à Arezzo\, les Cardinaux choisirent à l’unanimité Pierre de Tarentaise pour lui succéder. Il prit le nom d’Innocent V. Pendant cinq mois seulement il gouverna l’Église. Sa mort prématurée fut une perte immense\, car on attendait de lui les plus grands bienfaits. Il n’avait que 51 ans. \nPendant sa vie et après sa mort\, il s’illustra par de nombreux miracles. Aussi ce bienheureux Pontife fût-il\, aussitôt après son trépas\, l’objet d’un culte religieux. Le Pape Léon X\, sur avis de la Sacrée Congrégation des Rites\, confirma ce culte jamais interrompu. \nAdmirable figure de Prêcheur ! Sa candeur\, sa science\, son esprit pacifique\, font d’innocent V\, malgré son rapide passage\, un des plus illustres et des plus saints Pontifes\, qui aient occupé le siège de saint Pierre. Ce fut le premier de l’Ordre couronné de la tiare. Mais sa plus belle couronne est sans contredit son aimable sainteté.
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SUMMARY:Nativité de Saint Jean-Baptiste
DESCRIPTION:Messe \nIntroït : « Le Seigneur m’a appelé par mon nom dès le sein de ma mère. Il a fait de ma langue comme un glaive affilé. Il m’a mis sous sa main pour me protéger\, et il m’a lancé comme une flèche choisie. — Iles\, écoutez\, peuples lointains\, soyez attentifs : Le Seigneur m’a donné un nom dans le sein de ma mère ». \nTu l’appelleras Jean\, dit l’ange Gabriel à Zacharie\, quand il lui apparut près de l’autel qu’il encensait. Tu l’appelleras Jean\, c’est-à-dire le Fils de la Colombe. Fils de la Colombe\, Jean le fut quand\, au Baptême de Jésus\, la Colombe descendit du ciel\, et cette Colombe était l’Esprit-Saint. Mais le fils de la Colombe avait pour mission\, précisément\, d’être le porte-voix de l’Esprit. Celui sur qui tu verras la colombe descendre c’est lui\, le Fils de Dieu. Ta mission est de lui préparer les voies\, de l’annoncer au peuple juif\, à tous les peuples. Ta langue doit être une épée tranchante\, elle doit proclamer sans hésitation\, de façon absolue : voilà le Fils de Dieu\, l’Agneau de Dieu\, le Sauveur du monde. Je t’envoie dans le monde\, comme une flèche aiguë. Va ! La flèche doit atteindre son but tout droit. Crie à tous : Voilà le Sauveur\, le Messie promis\, Jésus Fils de Dieu. \nOraison : « Dieu\, qui avez fait ce jour honorable pour nous par la Nativité du bienheureux Jean\, accordez à votre peuple la grâce des joies spirituelles et dirigez les cœurs de vos fidèles dans la voie du salut éternel ». \nJour de joie par excellence\, cette naissance de Jean-Baptiste. Gabriel avait prédit cette joie\, car la Naissance du Précurseur est comme l’aurore du salut du monde. Elle annonce\, dans la fraîcheur aimable du matin\, le lever prochain du divin soleil\, Jésus. Jour de joie pour ceux qui vivent des espérances et des certitudes de la foi. Car rien ne donne une joie profonde comme la certitude d’être dans la vérité de Dieu. \n \nJour de joie ! Malgré les difficultés de la route à parcourir. Jean doit préparer cette route. A lui de briser les obstacles\, d’aplanir le terrain\, de déblayer les pierres. Ce service de divin cantonnier demeure toujours le même dans nos âmes. Il faut à Jésus\, le souverain roi\, une voie triomphale\, doucement sablée\, riche d’ornements. Il passe en chacun de nous : notre voie personnelle est-elle une voie de triomphe ? Avons-nous enlevé les pierres\, aplani les aspérités ? L’avons-nous décorée d’ornements précieux ? Les pierres sont nos défauts\, les ornements nos vertus. Où en sommes-nous ? Pauvre voie peut- être que la nôtre\, pauvre cœur embroussaillé de mille passions\, encombré de défauts. Le Maître\, notre roi\, a peine à se frayer un passage… \nLecture du prophète Isaïe\, c. 49. : « Iles\, écoutez\, peuples lointains\, soyez attentifs. Le Seigneur m’a donné un nom dans le sein de ma mère ; dès le sein de ma mère il s’est souvenu de mon Nom. Et il a fait de ma langue comme un glaive affilé. Il m’a mis sous la protection de sa main. Il m’a formé comme une flèche choisie\, et il m’a caché dans son carquois. Il m’a dit : Israël\, tu es mon serviteur : je me glorifierai en toi. Et maintenant le Seigneur me dit\, en me formant dès le sein de ma mère\, pour son serviteur : Je te place comme la lumière des nations\, afin que tu sois mon salut jusqu’aux extrémités de la terre. Les rois te verront\, les princes se lèveront devant toi et t’adoreront à cause du Seigneur et du Saint d’Israël qui t’a choisi ». \nGraduel : « Avant de te former dans le sein de ta mère\, je te connaissais. Avant que tu sortes du sein de ta mère\, je t’ai sanctifié — Le Seigneur étendit la main et toucha ma bouche. » \nAlléluia\, Alléluia : « Parmi les fils de la femme\, aucun ne s’est élevé plus haut que Jean-Baptiste\, Alléluia ». \n \nAvant d’être conçu\, avant de naître\, nous sommes connus de Dieu. De toute éternité\, nous sommes dans sa pensée\, dans son vouloir. Il nous connaît par notre nom\, il prépare notre route\, il dispose notre vie\, il voit notre éternité. Nous sommes tous dans la main de Dieu et il se sert de nous\, pour sa gloire\, comme il le veut. Nous sommes comme une flèche dont il dispose à son gré\, qu’il lance vers le but sans jamais le manquer. Mais parmi ces flèches\, il y a celles de premier choix\, comme Jean-Baptiste. Celles dont la mission ou le but a plus de grandeur et qui\, par là même\, sont destinées à rendre à Dieu une gloire plus grande. Chacun\, à notre manière\, rendons à Dieu toute la gloire qu’il attend de nous. \nÉvangile selon Saint Luc.\, c. 1. : « Le temps de l’enfantement d’Elisabeth arriva et elle mit au monde un fils. Ses voisins\, ses parents apprirent que le Seigneur avait manifesté en elle sa miséricorde et ils l’en félicitèrent. Le huitième jour ils vinrent pour circoncire l’enfant et ils voulaient l’appeler du nom de son père\, Zacharie. Et sa mère leur répondant\, dit : Pas du tout\, il s’appellera Jean. Ils lui dirent : Mais personne dans votre parenté ne porte ce nom. Et ils faisaient signe à son père pour qu’il montrât comment il voulait l’appeler. Il prit un stylet et écrivit : Jean est son nom. Et tous étaient dans l’étonnement. Mais aussitôt sa bouche s’ouvrit\, sa langue fonctionna et il parla en bénissant Dieu. Tous les voisins furent remplis de crainte et le bruit de ces événements se répandit sur toutes les montagnes de la Judée. Chacun se demandait en soi-même et disait : Que pensez-vous que sera cet enfant ? Car la main du Seigneur était avec lui. Et Zacharie\, son père\, fut rempli du Saint-Esprit et il prophétisa en disant : Béni soit le Seigneur\, Dieu d’Israël\, car il a visité et sauvé son peuple. » \nOn assiste\, en cet évangile\, à tous les usages juifs pour la naissance d’un enfant. Pour une Juive\, à cause de la promesse du Messie qui devait naître en Israël\, demeurer sans enfant était une sorte de honte\, comme une malédiction du Seigneur. C’est pourquoi\, quand Elisabeth met au monde un fils\, les voisins\, les parents\, en sont émus\, ils la félicitent. La circoncision avait lieu à domicile\, le huitième jour après la naissance. Les voisins\, les parents sont là. C’est une fête familiale. A l’enfant circoncis on donne un nom. D’ordinaire\, il est pris parmi ceux de la famille. Aussi veut-on l’appeler Zacharie\, comme son père. Mais à l’étonnement général\, Elisabeth\, sa mère\, s’y oppose. Elle sait par révélation du Saint-Esprit que l’enfant doit s’appeler Jean et elle le dit nettement. Idée tellement contraire à l’usage que les parents ne veulent pas l’accepter. Ce n’est pas à la mère de donner le nom\, mais au père. Comme Zacharie était devenu muet\, on le prie d’indiquer lui-même quel nom il préfère. Et lui aussi\, à l’étonnement plus grand encore\, écrit : Jean ! Il fallut bien se- rendre. Mais cette naissance plutôt extraordinaire\, ces’ singularités éveillèrent l’attention et l’on se disait partout en Judée : Que sera donc cet enfant ? La pensée du Messie hantait les esprits. Ce n’était pas lui\, mais celui qui le précédait et Zacharie chante\, dans la certitude de la venue imminente du Messie : Béni soit Dieu\, car enfin il a visité son peuple. Le salut est arrivé. \n \nOffertoire : « Le juste fleurira comme le palmier\, il grandira comme le cèdre du Liban ». \nSecrète : « Seigneur\, nous comblons vos autels d’offrandes pour célébrer avec tous les honneurs qui lui sont dus\, la Nativité de celui qui a chanté la venue future du Sauveur du monde et l’a montré présent\, Notre-Seigneur Jésus- Christ ». \nJean a chanté par les lèvres de Marie la venue prochaine du Sauveur\, il l’a chantée par ses tressaillements de joie dans le sein de sa mère. Puis\, plus tard\, sur les bords du Jourdain\, il l’a montré du doigt à la foule : le voici\, c’est lui\, l’Agneau de Dieu\, le Sauveur\, le Messie attendu. \nEt comme il regardait avidement Jésus ! Il le voyait à la lumière de l’Esprit-Saint\, tel qu’il était\, Fils de Dieu et victime expiatoire pour le salut du monde. En l’appelant l’Agneau de Dieu\, Jean laisse entendre que la Passion douloureuse de Jésus lui est présente. Il le voit immolé\, sacrifié\, sur la croix. Aussi quelle tendresse pour lui dans le cœur de Jean ! \nCet homme à l’aspect rude\, à la pénitence austère\, aux paroles vengeresses de la justice\, s’attendrit quand il parle de Jésus. C’est l’Époux\, dit-il\, c’est lui qui a l’épouse\, moi je suis l’ami de l’époux. Oh ! Jean\, comme vous avez dit cela avec douceur\, en savourant délicieusement la suavité de ce titre : je suis l’ami de l’Époux. Il a refusé tous les titres de prophète\, de messie et voici que de lui-même\, il s’intitule l’ami de l’Époux. C’est son titre à lui\, celui qu’il aime\, celui qu’il préfère : Je suis son ami\, l’ami de Jésus. Et je me réjouis de voir mon ami\, et d’entendre la voix de mon ami. C’est la joie infinie de Jean. Hérode peut l’incarcérer\, il peut lui trancher la tête\, qu’importe : Jean a vu son ami Jésus\, Fils de Dieu\, Sauveur du monde\, Jean a entendu sa voix\, il peut mourir. Personne ne lui ôtera cette joie. Éternellement Jean s’appellera l’ami de l’Époux\, l’ami de Jésus. \n \nCommunion : « Enfant\, toi\, tu seras appelé le Prophète du Très-Haut. Car tu marcheras devant la face du Seigneur pour préparer sa route ». \nProphète du Très-Haut\, c’est le nom officiel de Jean\, le nom qui dit sa mission. Mais il y en a un autre\, celui de l’intimité\, que lui-même a pris et qu’il garde à jamais : l’ami de l’Époux\, ami respectueux\, mais ami d’une tendresse infinie. \nPostcommunion : « Dieu\, que votre Église soit dans la joie\, par la naissance du bienheureux Jean-Baptiste\, par lui elle a connu l’Auteur de sa régénération\, Notre-Seigneur Jésus-Christ\, votre Fils ». \nTous les Précurseurs du Christ\, tous ceux qui marchent devant sa face pour lui préparer sa marche à travers le monde\, son entrée et son règne dans les âmes\, doivent\, comme Jean-Baptiste\, être les Amis de l’Époux. Comment parler de lui avec efficacité\, comment le faire connaître et le faire aimer\, si on n’est pas uni de cœur avec lui ? Union intime qui exige le dégagement des choses de la terre et cette préoccupation constante de faire plaisir à l’Ami divin. Heureux ceux qui\, comme Jean-Baptiste\, mettent tout leur cœur dans le cœur de leur ami Jésus et toute leur joie dans la joie de le connaître et de l’aimer. Ce sont les vrais Précurseurs\, les vrais Apôtres.
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SUMMARY:Saints Jean et Paul († 362)
DESCRIPTION:Martyrs \nRomains de naissance\, officiers de la cour\, sous l’empereur Constantin\, ils étaient attachés au service de Constance\, sa fille. Elle leur laissa une grande fortune\, qu’ils se hâtèrent de distribuer aux pauvres. Julien l’apostat leur ordonna de se mettre à ses ordres. Noblement\, ils refusèrent de servir ce parjure de la foi chrétienne. Il leur donna dix jours pour réfléchir. Les deux frères furent invincibles. Unis par les liens du sang\, ils demeurèrent unis dans le même amour du Christ. Comme ils étaient très connus dans le peuple romain et de haute naissance\, Julien eut peur de soulever l’opinion contre lui en rendant leur martyre public. Par ses ordres\, on les décapita dans leur propre palais. Ils y sont encore. Les chrétiens les ensevelirent au lieu même de leur martyre\, et plus tard on y éleva une grande et belle basilique. \nLes restes vénérables des deux frères reposent sous le maître-autel\, dans un riche sarcophage de porphyre. \nMais\, en ces temps derniers\, un religieux Passioniste\, — ces fils de saint Paul de la Croix qui gardent l’église — découvrit au-dessous d’elle le palais même de Jean et Paul. Et aujourd’hui\, après avoir vénéré leurs saintes reliques\, on descend dans leur maison à eux\, celle qu’ils habitaient\, celle où ils sont morts. On parcourt ces appartements aux riches décors païens\, dont la fraîcheur de coloris\, après tant de siècles sous terre\, est étonnante. On y saisit sur le vif le passage de la vie païenne à la vie chrétienne. Baptisés dans le Christ\, ces chrétiens continuaient à habiter des maisons où leurs ancêtres avaient fait peindre des scènes du paganisme. \nBelle et touchante fraternité\, cette vie et cette mort de Jean et Paul. La messe la chante en la plupart de ses textes. \nIntroït : « Nombreuses sont les tribulations des justes\, mais de toutes le Seigneur les délivre. Le Seigneur garde leurs ossements\, aucun d’eux ne sera brisé. — Je bénis le Seigneur en tout temps\, sa louange est continuellement sur mes lèvres ». \n \nOraison : « Nous vous demandons\, Dieu tout- puissant\, que la double joie de la fête de ce jour nous pénètre\, cette joie qui provient de la glorification des bienheureux Jean et Paul qu’une même foi et une même passion ont rendus vraiment frères ». \nLecture du livre de la Sagesse\, c. 44. : « Ces hommes sont des miséricordieux dont les œuvres de bonté ne passent pas. Les biens qu’ils ont acquis demeurent à leur postérité. Leurs petits-enfants sont une race sainte\, ils demeurent fidèles à l’alliance divine. A cause d’eux leurs fils subsisteront éternellement. Leur race et leur gloire ne périront pas. Leurs corps sont ensevelis dans la paix\, et leurs noms vivent de génération en génération. Les peuples redisent leur sagesse et l’assemblée (des justes) chante leurs louanges. » \nGraduel : « Qu’il est bon et qu’il est doux d’être unis ensemble comme des frères — c’est comme l’huile parfumée répandue sur la tête\, et qui coule doucement sur la barbe\, la barbe d’Aaron. » \nAlléluia\, Alléluia. : « Ceux-ci sont deux lampes d’olives\, deux lampes qui brûlent devant le Seigneur. Ils ont le pouvoir de fermer le ciel par des nuées et d’en ouvrir les portes\, car leurs langues sont devenues les clefs du ciel ». \nGracieuses figures de ces deux Frères Martyrs\, qui nous rappellent la douceur de la charité fraternelle\, celle qui s’oublie pour répandre autour d’elle la paix et la joie. Elle s’insinue sans bruit comme l’huile parfumée qui\, suavement\, coule et pénètre les cheveux et la barbe pour leur donner sa brillante souplesse. Et puis\, devant Dieu\, les deux martyrs sont comme ces olives d’or entrouvertes d’où sort la lumière\, c’est-à-dire l’hommage et la louange à la bonté de Dieu. Mais en même temps Dieu donne à ses saints puissance sur ses créatures. Leurs prières ouvrent le ciel à ceux qui les implorent. \nBasilique saint Jean et Paul à Venise\nÉvangile selon Saint Luc\, c. 12. : « En ce temps-là\, Jésus dit à ses disciples : Prenez garde au levain des Pharisiens\, qui est l’hypocrisie. Rien n’est caché qui ne soit un jour révélé\, ni dissimulé qui ne soit connu. Car ce que vous aurez dit dans les ténèbres\, sera proclamé en pleine lumière et ce que vous aurez dit dans votre chambre sera publié sur les toits. Aussi à vous\, mes amis\, je dis : N’ayez pas peur de ceux qui tuent le corps et ne peuvent rien faire de plus\, je vais vous montrer celui qu’il faut craindre : Craignez celui qui\, après avoir fait mourir\, a le pouvoir d’envoyer dans la géhenne. Je vous le dis\, celui-là\, craignez-le. Cinq passereaux ne se vendent que deux oboles\, et cependant Dieu n’oublie pas un seul d’entre eux. Tous les cheveux de votre tête sont comptés. Ne craignez donc pas\, vous valez plus que beaucoup de passereaux. Aussi je vous dis : Quiconque m’aura reconnu devant les hommes\, le Fils de l’homme le reconnaîtra aussi devant les Anges de Dieu. » \nOffertoire : « Ceux qui aiment votre Nom\, seront glorifiés en vous\, Seigneur\, parce que vous bénissez les justes. Seigneur\, vous nous avez couverts de votre volonté miséricordieuse comme d’un bouclier ». \nSecrète : « Seigneur\, daignez accepter les offrandes consacrées aux mérites de vos saints martyrs Jean et Paul et faites qu’elles nous soient un secours perpétuel ». \nCommunion : « S’ils ont souffert des tourments devant les hommes\, c’est que Dieu les a éprouvés. Il les a éprouvés comme l’or dans la fournaise et il les a acceptés comme des holocaustes ». \nPostcommunion : « Nous avons reçu\, Seigneur\, les célestes sacrements\, en célébrant la solennité de vos bienheureux Martyrs Jean et Paul. Accordez-nous d’obtenir par les joies éternelles ce que nous faisons dans le temps ». \nCe que nous faisons dans le temps\, en célébrant le sacrifice de la Messe\, c’est l’union intime par le sacrement avec Dieu. Union qui a sa perfection dans l’éternité des joies du ciel.
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SUMMARY:Saints Apôtres Pierre et Paul
DESCRIPTION:La Messe \nEn ce jour l’Église fête le martyre des apôtres Pierre et Paul. Mais comme ces deux apôtres ont chacun une place éminente dans l’œuvre de Dieu sur la terre et que Pierre\, en particulier\, comme Chef unique de l’Église\, occupe un rang que nul autre ne peut partager avec lui\, la liturgie lui consacre dans l’office et dans la Messe tous les textes sacrés. Et c’est pourquoi\, afin que Paul\, le grand Docteur des Nations\, ne paraisse pas mis dans l’ombre et comme oublié devant Pierre\, elle lui réserve le lendemain une fête particulière. Donc\, en ce jour\, nous célébrons le martyre des deux apôtres\, mais l’office et la Messe\, sauf l’hymne des Vêpres\, sont remplis uniquement du souvenir de Pierre. Et quel souvenir ! \nComme il est bon de se transporter en esprit devant le tombeau de Pierre et là de penser\, de penser longuement et de se dire : Qui repose en ce tombeau ? Qui est sous cette coupole merveilleuse\, couronne de gloire\, jetée dans le ciel de Dieu ? On lit autour ces mots : « Tu es Pierre et sur cette Pierre je bâtirai mon Église ». \nC’est lui qui repose sous cette coupole\, lui Pierre\, le Pierre de l’Évangile. \nOn le connaît à fond\, car sa nature primesautière se livre toute grande ouverte. Et qui le connaît\, qui le fréquente\, là à Rome\, même dans son tombeau\, l’aime tendrement. \nPierre était de Bethsaïde\, sur les bords du lac de Tibériade. C’est là que Jésus le prit\, avec André\, son frère\, tous deux petits pêcheurs. Et dès le premier regard que Jésus arrêta sur lui\, Pierre se donna à lui tout entier. Sur cet humble ouvrier\, sans fortune et sans instruction\, Jésus fixa pour toujours sa suprême volonté. Dès la première entrevue\, Pierre est pour Jésus son futur vicaire. C’est sa divine prédestination. Et comme il regarde cet ouvrier ! En lui\, il voit son Église\, il voit cette suite admirable de Pontifes qui\, successeurs de Pierre\, gouverneront cette Église\, et longuement\, tendrement il regarde Pierre. Celui-ci est plutôt fruste de nature\, à part son métier de pêcheur\, il sait peu de chose\, mais il a un cœur d’or. Il dit ce qu’il pense\, franchement\, sans calcul\, sans détour. Son cœur même précède toujours sa volonté\, celle-ci\, plus faible\, a peine à le suivre\, tant l’autre va vite\, se précipite. Il aime\, il le dit\, il le crie. Cœur spontané\, prime-sautier\, un peu aventureux. Jésus l’aime ainsi\, cette nature droite lui plaît\, ce cœur chaud le touche\, ce dévouement l’émeut. Oh ! il sait bien le reste\, il connaît son Pierre. Quelquefois\, il le tance vertement. Il prévoit la chute douloureuse. Mais Pierre ne s’en doute pas. 11 croit son amour plus fort que la mort. Quand tous vous renieraient\, moi jamais !… C’est sincère\, impétueux\, mais la volonté est plus faible\, et nous savons que Pierre en fit la plus lamentable expérience. Trois fois il renie son Maître\, et dans quelles circonstances ! Quand son Maître était brutalisé bafoué\, pauvre Pierre ! Il a peur. Et Jésus\, qui sait que même à ce moment cruel Pierre l’aime toujours\, l’entend et le regarde. Pauvre Pierre ! Il s’écroule de douleur sous ce regard d’affection et de reproche. Il pleure\, il pleura toute sa vie. \n \nIntroït : « Maintenant je sais avec certitude que le Seigneur a envoyé son ange et m’a délivré des mains d’Hérode et des espérances du peuple juif. — Seigneur\, vous m’avez mis à l’épreuve. Vous me connaissez au repos et quand je suis levé ». \nNous sommes après la Résurrection de Jésus. Pierre a revu son Maître et\, fort de l’Esprit- Saint qu’il a reçu\, il prêche à tous que Jésus est le Messie\, Fils de Dieu. Pierre1 n’a plus peur. Il affronte le peuple\, il affronte les chefs du peuple\, il affronte le roi Hérode.\nPour lui\, il n’y a plus en son âme qu’une pensée\, en son cœur qu’un amour : Jésus. Le reste lui importe peu. Faire connaître\, faire aimer Jésus\, c’est tout. On le fouette publiquement\, tant mieux ! On le met en prison\, tant mieux ! C’est pour Jésus. Aussi quand l’ange vient le trouver dans cette prison\, Pierre est étonné\, il croit rêver. Il le suit quand même\, et ce n’est qu’après le départ de l’ange que se trouvant seul dans les rues de Jérusalem\, il se rend compte qu’il n’a pas rêvé\, qu’il est libre. Jésus lui réserve un plus glorieux témoignage de son amour. \nOraison : « Dieu\, qui avez consacré ce jour par le martyre de vos Apôtres Pierre et Paul\, accordez à votre Église de suivre en tous points l’enseignement de ceux auxquels la religion doit son premier établissement ». \nJour à jamais célèbre\, à jamais glorieux\, qui vit le martyre de Pierre et de Paul. C’était à Rome\, l’an 67 de l’ère chrétienne. Pierre était fixé dans la capitale de l’empire romain depuis plusieurs années. Car Rome devait\, dans le plan divin de la Rédemption\, devenir la Capitale de son Église. Pierre était donc venu à Rome\, il y avait fondé une chrétienté et Paul\, le grand Docteur des Nations\, était arrivé à sa suite pour unir sa doctrine à sa doctrine\, son sang à son sang\, afin que l’Église romaine eût pour fondements les deux Apôtres les plus illustres. \nA Rome Néron tenait les rênes de l’empire. C’était un homme méprisable\, dont les folies stupides et vaniteuses faisaient rire le peuple romain\, en attendant qu’elles le fissent pleurer. Sa cruauté et sa perfidie n’avaient point de borne. Il lui plut un jour\, pour avoir l’espace nécessaire à la construction d’un immense palais\, de mettre le feu à tout un quartier de Rome. L’indignation populaire devint menaçante. Pour la calmer\, Néron jeta en pâture au peuple romain ceux que l’on appelait\, chrétiens\, réputés comme des malfaiteurs publics. Il les fit attacher dans son cirque au Vatican\, à des poteaux enduits de poix\, et on y mit le feu. Ce sont les premiers martyrs de Rome\, torches ardentes à la louange de Dieu. Leurs ossements calcinés furent pieusement recueillis et ensevelis près du cirque\, dans une propriété appartenant à une famille chrétienne\, sur la Via Aurelia. Elle longeait le cirque. Ce sont les prémices des martyrs de Rome\, les fils de Pierre et de Paul. On place leur mort en d’an 64. Pierre était absent. Il revint à Rome dès l’an 66 et à peine arrivé il fut lui-même menacé du supplice. Tremblant pour les jours de leur Père\, les fidèles le supplièrent de prendre la fuite. Le Seigneur n’avait- il pas dit : Si vous êtes persécutés dans une ville\, fuyez dans une autre. Le vieillard hésita. Vaincu cependant par l’insistance de ses enfants\, il se déroba. Il allait par la Voie Appienne\, quand\, un peu plus loin que les ruines du Septizonium\, une des bandelettes qui retenaient sa chaussure tomba. Les fidèles qui l’accompagnaient la ramassèrent et\, plus tard\, pour perpétuer le souvenir du passage de Pierre à cet endroit\, on éleva une église du titre significatif de Fasciola\, les Bandelettes. Elle porte aujourd’hui celui des Saints Nérée et Achillée\, et se trouve presque en face de notre antique et cher couvent de Saint-Sixte-le-Vieux. \nBasilique de Saint Pierre et Paul à Rome\nPierre continuait sa route lorsque\, hors la porte Capène\, au delà du tombeau des Scipions\, à l’endroit où la Voie Latine se soude à la Voie Appienne. Notre Seigneur lui apparut\, chargé de sa croix\, la face tournée vers Rome. « Seigneur\, où allez-vous ? »\, lui dit l’Apôtre. « A Rome\, répondit le Maître\, me faire crucifier une seconde fois ». Le saint vieillard comprit. Ses yeux fixèrent joyeusement les yeux de Jésus. Comme il l’aimait ! C’était pour lui une joie de mourir comme témoin de son Maître. Il reprit allègrement le chemin de Rome. \nUne église consacre la mémoire de cette rencontre. \nPeu après\, Pierre et Paul étaient arrêtés et enfermés dans la prison Mamertine. Elle se trouve au pied du Capitole\, du côté du Forum. Pas de porte pour pénétrer autrefois\, dans ce cachot. Le plus profond — car il y a deux étages\, — s’appelle le Robur Tullianum\, du nom du roi de Rome Servius Tullius qui le fit creuser. Dans ce Barathrum\, comme l’épouvante faisait nommer cette prison horrible\, furent jetés et massacrés de célèbres captifs. Jugurtha\, roi de Numidie\, précipité nu\, s’écria : Quirites\, que votre bain est froid ! 11 y mourut de faim. Les complices de Catilina y furent étranglés\, et Vercingétorix\, le dernier Gaulois\, y attendit pendant deux ans\, qu’il plût à César de le faire égorger. \nC’est dans cette prison que Pierre et Paul — ces enchaînés du Christ — comme disait Paul\, attendirent une année l’heure du supplice. \nLeçon des Actes des Apôtres\, c. 12. : « En ces jours-là\, le roi Hérode se mit à persécuter quelques membres de l’Église. Il fit périr par l’épée Jacques\, frère de Jean. Voyant que ces actes plaisaient aux Juifs\, il résolut d’arrêter aussi Pierre. On était aux jours des Azymes. Il le fit saisir et mettre en prison sous la garde de quatre détachements de quatre soldats\, 6e réservant de le faire exécuter publiquement après la Pâque. Pierre était donc gardé dans la prison. Mais la prière de l’Église montait sans cesse vers Dieu pour lui : Hérode allait le faire exécuter et la nuit même qui précédait\, Pierre dormait entre deux soldats\, les mains liées par deux chaînes. Et les gardes veillaient devant la porte de la prison. Or\, un ange du Seigneur se trouva soudain dans la prison qui resplendit de lumière. Il frappa Pierre au côté\, le secoua et lui dit : Lève-toi vite. Et les chaînes tombèrent de ses mains. L’Ange lui dit encore : mets ta ceinture\, tes chaussures\, et il le fit. L’Ange ajouta : Enveloppe-toi dans ton vêtement et suis- moi. \nIl sortit et le suivit\, ne sachant pas si ce qui se faisait par l’Ange était réel. Il croyait rêver. Us passèrent devant le premier et le second corps de garde et arrivèrent à la porte de fer qui conduisait à la ville. Elle s’ouvrit d’elle-même. L’ayant passée\, ils entrèrent dans une rue et aussitôt l’Ange le quitta. Pierre ayant repris ses sens se dit : Maintenant je sais vraiment que le Seigneur a envoyé son Ange et m’a délivré des mains d’Hérode et de l’attente du peuple juif. » \nA la Mamertine\, l’ange du Seigneur ne vint pas délivrer Pierre. L’Église était fondée. Son unité établie sur Pierre devait s’appuyer à jamais sur son tombeau. Pierre\, il faut mourir pour arroser de ton sang les fondements de l’Église et les consacrer pour l’éternité. \nNéron condamna Pierre à mourir crucifié\, Paul qui était citoyen romain à être décapité. Le même jour\, ensemble\, les deux témoins du Christ quittèrent la prison Mamertine. C’était\, selon la tradition de l’Église de Rome\, le 29 juin 67. Ils se séparèrent en route. Paul fut conduit par la voie d’Ostie jusqu’aux Eaux Salviennes où un licteur lui trancha la tête. Pierre s’achemina vers le cirque de Néron\, sur le Vatican\, où ses premiers enfants avaient été brûlés vifs. Il supplia instamment ses bourreaux de le crucifier la tête en bas. Lui\, le pêcheur de Galilée\, le pardonné du Christ\, il ne voulut pas être crucifié comme son Maître. Sentiment d’une délicatesse infinie ! Jésus seul est le Chef Auguste\, à lui de s’élever triomphant entre le ciel et la terre. Pierre n’est que son vicaire\, il se fait tout petit devant lui\, il s’efface autant qu’il le peut : qu’on ne puisse jamais confondre sur la croix le Maître et le disciple. Mais pourtant\, Vicaire de Jésus\, Pierre monte sur la croix avec lui. Il convenait que tous les deux\, Maître et disciple\, Chef et vicaire\, fussent cloués sur une croix. Ils sont tous les deux sur cette croix\, dans l’unité parfaite de doctrine et d’amour. Pierre mourut ainsi crucifié la tête en bas. On le détacha de la croix et on l’ensevelit tout près du cirque\, dans cette propriété chrétienne où ses enfants brûlés vifs l’attendaient. Il y est encore. Malgré tous les changements successifs\, qui modifièrent les monuments élevés sur son tombeau\, depuis l’oratoire d’Anaclet\, jusqu’à la basilique Constantinienne et la basilique actuelle\, Pierre est demeuré dans son premier repos. Si bien que pour ne pas changer la place qu’il occupait on laissa son sarcophage de biais et non pas de face\, dans l’axe de la basilique. \n \nQuand sous Urbain VIII\, on creusa les fondations qui portent les colonnes du baldaquin de l’Autel Papal\, au-dessus du tombeau de saint Pierre\, on retrouva les ossements calcinés des Martyrs de Néron. Les fils sont vraiment à côté de leur Père. \nGraduel : « Vous les établirez princes sur toute la terre. Ils se souviendront\, Seigneur\, de votre nom. — Pour remplacer vos Pères\, des fils vous sont nés. Les peuples publieront vos louanges. » \nAlléluia\, Alléluia : « Tu es heureux Simon\, fils de Jean\, car ce n’est ni la chair\, ni le sang qui t’ont donné cette révélation\, mais mon Père qui est dans les cieux ». \nCette révélation l’évangile va nous la dire. \nÉvangile selon Saint Matthieu\, c. 16. : « En ce temps-là\, Jésus se rendit dans la région de Césarée de Philippe et il posa cette question à ses disciples : Qui dit-on qu’est le Fils de l’homme ? Ils répondirent : Les uns disent qu’il est Jean le Baptiste\, d’autres Elie\, quelques-uns Jérémie ou l’un des prophètes. Jésus leur dit : Et vous\, qui dites-vous que je suis ? Simon- Pierre répondit : Vous êtes le Christ\, fils de Dieu vivant. Et Jésus lui dit à son tour : Tu es heureux Simon\, fils de Jean\, car ce ne sont ni la chair ni le sang qui t’ont révélé cela\, mais mon Père qui est dans les deux. Et moi je te dis que tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église et les puissances de l’enfer ne prévaudront point contre elle. Et je te donnerai les clefs du royaume des deux. Et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les deux\, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. » \nEn ce lieu où Jésus et Pierre ont parlé ainsi\, l’Église catholique fut fondée. Elle est fondée sur la foi de Pierre\, par la parole créatrice de Jésus. Jésus provoque la foi de Pierre\, il l’oblige pour ainsi dire à se manifester\, il la tire de son âme. Et aussitôt que cet acte de foi est sorti\, est entendu publiquement pour la première fois\, Jésus y répond. Pierre dit à Jésus : Vous êtes le Christ\, fils du Dieu vivant. Et pour toujours Pierre dit cette parole\, il la dira jusqu’à la fin des temps sur terre\, par la voix de ses successeurs\, et éternellement il la dira dans le ciel. \nMartyre de Saint Pierre\nJésus dit à Pierre ce qu’il fera de lui : Il le proclame bienheureux\, car ce qu’il va dire à son tour fera de Simon\, fils de Jean\, le petit pêcheur de Bethsaïde\, son propre vicaire. Jésus réplique donc : Tu es Pierre\, te dis-je\, et sur cette pierre que tu es\, sur cette pierre que je fais de toi\, par mon libre choix\, je bâtirai mon Église\, j’établirai sur terre le royaume de Dieu\, la divine société qui seule\, en ce monde\, aura le droit et le pouvoir de me posséder en elle\, de prêcher ma parole\, de sauver les âmes par les moyens que j’instituerai\, la société unique et universelle qui sera sur terre moi-même\, jusqu’à la fin des temps. Par toi\, son chef\, j’enseignerai ; par toi\, je sauverai le monde. \nOffertoire : « Vous les établirez les princes de toute la terre. Ils se souviendront\, Seigneur\, de votre nom pendant tous les siècles ». \nSecrète : « Seigneur\, que la prière de vos Apôtres accompagne les offrandes que nous vous présentons\, pour les consacrer à votre nom. Que par elle nous obtenions l’expiation de nos fautes et votre protection ». \nCommunion : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église ». \nJésus a établi Pierre et Paul les princes de la terre\, mais c’est Pierre qui est le chef unique de l’Église. Ce que le Maître lui promit à Césarée de Philippe\, il le réalisa après sa résurrection. Pierre trois fois l’avait renié\, trois fois\, sur les bords du lac de Tibériade\, Jésus lui demanda s’il l’aime. Il savait bien que Pierre l’aimait\, il voyait dans son cœur ce douloureux regret\, ce regret infini de l’avoir offensé\, il voyait couler ses larmes et dans le cœur de Pierre il lisait un amour si profond\, si ardent\, si total que lui\, l’amour infini\, en fut ému. Pais mes agneaux\, lui dit-il\, pais mes brebis. Il confie à cet amour de Pierre toute la rédemption : Va\, lui dit-il\, j’ai confiance en toi\, je sais que tu m’aimes\, je sais que tu m’aimeras toujours à travers les siècles. Va\, tu seras moi-même dans le monde jusqu’à la fin des temps. \nPostcommunion : « Seigneur\, ceux que vous avez rassasiés de l’aliment céleste\, gardez-les de toute adversité par l’intercession de vos saints Apôtres ». \nMartyre de Saint Paul\nPrès du tombeau de saint Pierre\, il faut nous recueillir\, nous rappeler ce que Jésus a fait de lui\, son propre Vicaire\, pour nous humilier profondément devant celui qui par ses successeurs gouverne l’Église de Dieu. A Pierre et par Pierre aux Papes\, Jésus a confié le salut des âmes. Tout vient par Pierre : le sacerdoce\, la sainte Eucharistie\, la doctrine infaillible de la foi\, le pardon des péchés toutes les grâces sacramentelles\, tout. L’Esprit-Saint agit par lui. Pierre a seul le droit et le pouvoir de montrer avec certitude la route qui conduit à Dieu et de donner les moyens pour l’atteindre. Donc union absolue de foi\, de charité avec Pierre et ses successeurs. Il est et ils sont la voie de Dieu.\nMais admirons aussi devant ce tombeau\, cette conduite inouïe de la sagesse de Dieu et de sa bonté. \nPierre et ses successeurs devaient gouverner de pauvres pécheurs. Il leur faudrait à travers les siècles\, supporter\, oublier\, pardonner toutes les misères humaines. Souviens-toi\, Pierre ! c’est la raison de la chute de Pierre. II est tombé\, il a pleuré\, il porte éternellement dans ses yeux rougis de larmes le regard douloureux de Jésus. C’est pour qu’il soit bon lui aussi\, que ses successeurs soient bons tous\, compatissants\, tous\, pour les pauvres pécheurs. Pas de superbe dans le cœur d’un renégat ! Pas de superbe dans le cœur des successeurs d’un renégat ! Tous\, nous pouvons nous présenter devant le Tombeau de Pierre\, devant le trône de son successeur et implorer pour nos misères indulgentiae largitatem\, la largeur de la miséricorde\, pas une fois\, pas dix fois\, mais septante fois sept fois\, toujours. Au Tombeau de saint Pierre\, le pardon coule à flots.
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SUMMARY:Commémoraison de Saint Paul
DESCRIPTION:Il convenait de fêter saint Pierre tout seul\, puisque seul il a reçu de Notre-Seigneur\, la suprême autorité. Mais comment oublier saint Paul même en fêtant saint Pierre ? \nIl fallait revenir à cette glorieuse mémoire et ne pas séparer ceux que l’amour de Dieu a unis. \nC’est la raison de cette fête de supplément\, consacrée exclusivement à l’Apôtre des Nations. \nIntroït : « Je sais en qui j’ai eu foi\, et j’ai la conviction qu’il peut garder mon dépôt jusqu’au jour où il viendra comme juste Juge. — Elle est préparée pour moi la couronne de justice ». \nPaul écrit ces lignes à Timothée. Il a combattu pour le Christ\, il a souffert pour le Christ\, il a travaillé plus que tout autre pour le Christ. Maintenant son œuvre s’achève\, la journée du grand ouvrier de la Rédemption se termine\, il regarde le chemin parcouru et\, heureux dans son cœur\, heureux de voir que son Maître bien aimé est déjà connu et aimé dans tout l’empire romain et au-delà\, Paul remercie la bonté de Dieu de l’œuvre qu’elle a accomplie par lui. Il n’a plus qu’à mourir\, sûr de sa foi\, sûr de la récompense qui lui est réservée. \nOraison : « Dieu\, qui avez enseigné la multitude des nations par la prédication du bienheureux Apôtre Paul\, accordez-nous de jouir de la protection de celui dont nous célébrons le jour de naissance au ciel ». \n \nVoilà l’œuvre accomplie : la multitude des nations convertie à la foi du Christ par la parole de Paul. Où n’a-t-il pas été ? L’amour du Christ le pousse\, il a la sollicitude de toutes les Églises. S’il ne peut les visiter toutes\, il leur écrit\, il les presse. Les chrétientés d’Asie\, de Macédoine\, de Grèce\, de Rome lui sont redevables ou de la foi ou du développement de la foi. Paul ne pense jamais à lui. Sa personne n’est plus rien. Il y a en lui un autre\, Jésus. Depuis que Jésus s’est manifesté à lui sur le chemin de Damas\, il a pris possession de son esprit\, de son cœur\, de sa vie. Je ne vis plus\, non\, ce n’est plus moi qui vis\, c’est lui\, c’est Jésus qui vit en moi. A la lettre c’était vrai. Paul ne pense qu’à Jésus\, n’aime que Jésus. Et il le porte partout\, dans la joie et la tristesse\, dans la paix et la persécution\, périls de la terre\, périls de la mer\, périls des voleurs\, périls des faux frères\, dans la faim\, dans la soif\, les supplices\, rien n’arrête Paul. Il va et il ne s’arrêtera que sous la hache du licteur. Et il va toujours humble\, se rappelant sans cesse que ce qu’il est\, il l’est par la grâce de Dieu. Écoutons-le. \nÉpitre de saint Paul aux Galates\, c. 1. : « Je vous le déclare\, Frères\, l’évangile que j’ai prêché n’est pas selon l’homme. Ce n’est pas d’un homme que je l’ai reçu ou appris\, mais bien par révélation de Jésus- Christ.\nVous avez\, en effet\, entendu parler de ma conduite\, autrefois\, dans le Judaïsme. Je persécutais à outrance l’Église de Dieu et je la combattais\, je surpassais dans le Judaïsme beaucoup de ceux de mon âge dans ma nation\, j’étais plus jalousement attaché aux traditions de mes pères. Mais quand il plut à Celui qui m’a mis à part dès le sein de ma mère et qui m’a appelé par sa grâce\, de révéler son Fils en moi\, pour que je le prêche parmi les gentils\, je ne m’occupai en aucune façon ni de la chair ni du sang. Je ne montai point à Jérusalem auprès de ceux qui avaient été Apôtres avant moi\, mais j’allai en Arabie et de nouveau je revins à Damas. Ensuite\, trois ans plus tard\, je montai à Jérusalem pour voir Pierre et je demeurai auprès de lui pendant 15 jours. Je ne vis aucun autre apôtre\, sauf Jacques\, le frère du Seigneur. Ce que je vous écris là. Dieu sait que ce n’est point un mensonge. » \n \nPaul garde dans son cœur la conscience profonde de tout ce que Dieu a fait pour lui. Il sait ce qu’il était\, il sait aussi ce qu’il est devenu. Tout en lui vient de Dieu. Il le confesse de toute son âme\, à la louange de la grâce de Dieu. \nGraduel : « Ce que Dieu a fait par Pierre dans l’Apostolat\, il l’a fait par moi au milieu des nations et tous savent la grâce que Dieu m’a accordée. — La grâce de Dieu n’a pas été stérile en moi. La grâce demeure toujours en moi. » \nAlléluia\, Alléluia : « le grand saint Paul\, ce vase d’élection\, est digne d’être glorifié noblement ». \nSaint Paul ne connaît qu’une force de vie en lui\, la grâce de Dieu. Il ne se targue ni de science\, ni d’éloquence\, moi\, dit-il\, je prêche Jésus crucifié\, et j’appuis ma prédication\, non sur les raisonnements ou la littérature\, mais sur la force de Dieu. Il a conscience que seule la grâce de Dieu a fait l’œuvre accomplie par lui. « Je suis ce que je suis par la grâce de Dieu ». \nForce merveilleuse\, force unique pour le salut des âmes. Toutes forces humaines sans elle sont inopérantes. \nÉvangile selon saint Matthieu\, c. 10. : « Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme des serpents\, et simples comme des colombes. Prenez garde aux hommes. Ils vous traîneront dans leurs assemblées\, ils vous fouetteront dans leurs synagogues. Vous serez conduits à cause de moi devant les magistrats et les rois pour me rendre témoignage devant eux et devant les nations. Quand ils vous feront comparaître\, ne vous préoccupez pas de la manière de leur répondre ni de ce que vous direz\, il vous sera révélé à ce moment-là ce que vous devez dire. Car ce n’cst pas vous qui parlerez\, mais l’Esprit de votre Père parlera en vous.\nLe frère livrera son frère à la mort\, le père son fils et les enfants se révolteront contre leurs parents et les mettront à mort. Et vous serez un objet de haine pour tous à cause de mon nom. Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. » \n \nPaul a réalisé tout cet évangile. Sa vie ne fut qu’un long et dur tourment pour le Nom de Jésus. Mais ce tourment était sa joie : faire connaître Jésus aux peuples\, le faire aimer\, c’était son bonheur infini. Le reste lui importait peu. « Qui me séparera de l’amour du Christ ? La tribulation ? L’angoisse ? La persécution ? La faim ? La nudité ? Le péril ? Le glaive ? Selon ce qui est écrit : A cause de toi nous sommes mis à mort tout le jour. On nous regarde comme des brebis de boucherie. Mais en tout cela nous sommes plus que vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. Oui\, je vous assure que ni mort ni vie\, ni anges\, ni principautés\, ni choses présentes\, ni choses futures\, ni puissances\, ni hauteur\, ni profondeur\, ni rien de créé ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus\, Notre Seigneur ». \nC’est le défi suprême de l’amour. Paul tint ce défi\, jusqu’au glaive du licteur. \nOffertoire : « Dieu\, vos amis sont en grand honneur\, leur principat s’est affermi puissamment ». \nSecrète : « Ces offrandes\, Seigneur\, que nous vous présentons pour être consacrées à votre. Nom\, que la prière de votre Apôtre les accompagne afin qu’elles soient pour nous l’expiation de nos fautes et notre protection ». \nCommunion : « Je vous le dis en vérité\, vous\, qui avez tout quitté et qui m’avez suivi\, vous recevrez le centuple et vous posséderez la vie éternelle ». \n \nPostcommunion : « Après avoir reçu ces sacrements\, nous vous demandons\, Seigneur\, par l’intercession du bienheureux Paul\, votre apôtre\, que les fêtes célébrées pour le glorifier\, servent à notre salut ». \nPaul fut conduit\, comme je l’ai dit\, par la Voie d’Ostie\, jusqu’aux Eaux Salviennes\, un peu à l’écart de la voie. Plautilla\, sœur de Flavius Clemens\, qui devint consul sous Domitien\, et mère de Domitilla\, une autre martyre\, accourut pour implorer sa bénédiction. Elle pleurait. Paul lui demanda son voile pour s’en couvrir les yeux au moment du supplice. Le grand Apôtre fut décapité sur une borne milliaire. Sa tête fit trois bonds\, et trois fontaines jaillirent aux endroits où elle toucha la terre. \nD’où le nom de l’Abbaye de Saint-Paul-aux- trois-fontaines qui consacre ce souvenir. \nUne chrétienne\, Lucina\, noble matrone de famille sénatoriale\, possédait une villa à la distance environ de deux milles des Eaux Salviennes\, sur la Voie d’Ostie. Elle rendit les derniers honneurs à son père dans la foi et transporta son corps dans sa villa. Il y est toujours. Au-dessus de son tombeau s’élève la splendide basilique de Saint-Paul-hors-les-Murs. \nIl fait bon s’agenouiller près de ce tombeau. On y apprend à aimer au-dessus de tout celui dont Paul dans ses lettres redit souvent avec tendresse le Nom béni : Notre-Seigneur Jésus- Christ.
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SUMMARY:Le Précieux Sang de Notre-Seigneur
DESCRIPTION:La Messe \nCette solennité se célébrait\, avant la réforme du Bréviaire\, le vendredi après le IVe dimanche de Carême. L’office\, du reste\, est le même sauf l’alléluia que l’on dut ajouter. \nIntroït : « Seigneur\, vous nous avez rachetés par votre sang\, de toute tribu\, de toute langue\, de tout peuple\, de toute nation et vous avez fait de nous un royaume à notre Dieu. — Je chanterai éternellement les miséricordes du Seigneur\, je publierai de ma bouche la vérité de vos promesses de génération en génération ». \nSaint Jean voit devant le trône de Dieu cette foule innombrable des élus qui acclament sa miséricorde. Et leurs acclamations formaient comme un bruit violent de tonnerre. Cette foule bienheureuse\, c’est le « royaume de Dieu »\, ce royaume conquis par le Sang de Jésus. Les fils du royaume sont les fils de ce Sang. Il y en a de partout : de toute tribu\, de toute langue\, de toute nation. Sur la croix Jésus étend ses bras comme pour embrasser l’univers entier. Tous peuvent venir : les bras de Dieu sont ouverts. Son sang coule de ses plaies\, de ses mains\, de ses pieds\, de son côté\, de toutes les blessures dont il est meurtri. Approchez ! Ce sang est pour tous. Personne n’est excepté\, personne n’est renvoyé. Au plus misérable d’en recevoir en plus d’abondance. Mais pour profiter de ce sang et devenir par lui fils du royaume éternel de Dieu\, il faut croire à la vertu de ce sang\, il faut y puiser le suprême pardon et le suprême amour. Volenti salus\, dit saint Augustin\, Nolenti supplicium. A celui qui veut\, ce sang donne le salut ; à celui qui ne veut pas\, il devient un supplice\, supplice du remords éternel. \nOraison : « Dieu tout-puissant\, éternel\, qui avez établi votre Fils unique Rédempteur du monde et avez voulu être apaisé par son Sang\, accordez-nous\, nous vous en prions\, de vénérer avec une si grande solennité le prix de notre salut\, et par sa vertu d’être délivrés des maux de cette vie\, que nous puissions en goûter les fruits éternels dans le ciel ». \n \nPas de rémission des péchés sans le prix du sang\, dit saint Paul. Rappelons-nous que le péché d’Adam fut un péché d’orgueil\, il se redresse contre Dieu\, pour marcher d’égal à égal avec lui. Vous serez comme des dieux\, lui avait dit le serpent. Il le crut et désobéit. Cette désobéissance inspirée par l’orgueil\, reçut son châtiment : la mort\, c’est-à-dire la destruction de l’être humain en tant que vivant sur la terre. Symbole effrayant de la désunion foncière entre Dieu et l’homme. Dieu se montre le maître de l’homme et de la mort\, qui devient ainsi l’hommage forcé de la servitude humaine vis-à-vis de Dieu. Aussi Jésus se voue à la mort librement\, il l’accepte\, il la désire\, il la prend pour témoigner à Dieu par elle l’hommage de l’humanité entière à sa souveraine grandeur. Et comme le sang qui coule dans nos veines est notre vie physique\, Jésus répand tout son sang\, toute cette vie physique et l’offre à Dieu en acte suprême d’adoration et d’expiation. Son sang est entre ses mains l’adoration de la souveraine majesté du Créateur\, l’expiation pour les péchés du monde. Adoration et expiation infinies\, parce que Jésus est Dieu et homme. \nÉpitre de saint Paul aux Hébreux\, c. 9. : « Frères\, venu en ce monde\, comme Pontife des biens futurs\, le Christ est entré une fois dans le Saint des Saints\, en passant par un tabernacle plus grand et plus parfait\, non bâti de main d’homme\, c’est-à-dire\, non formé par le travail ordinaire ; il y est entré non pas avec le sang des boucs et des veaux\, mais avec son propre sang\, après nous avoir rachetés pour l’éternité.\nCar si le sang des boucs et des taureaux\, si l’aspersion de l’eau mêlée aux cendres d’une génisse\, sanctifient ceux qui sont souillés en purifiant leur corps ; combien plus le sang du Christ\, qui\, par le Saint-Esprit s’est offert à Dieu comme une victime sans tache\, purifiera-t-il notre conscience de toute œuvre de mort\, pour que nous puissions servir le Dieu vivant. C’est pourquoi il est le médiateur du Testament Nouveau\, afin que\, par la mort qu’il a soufferte pour expier les iniquités qui se commettaient sous le premier Testament\, ceux qui sont appelés de Dieu reçoivent l’héritage éternel qui leur fut promis\, par Jésus-Christ Notre-Seigneur. » \nSaint Paul met en face l’un de l’autre le sang des victimes offertes à Dieu dans la loi Mosaïque et le sang de Jésus\, Fils de Dieu. Le sang des victimes était prophétique et ne remettait que les fautes légales. Son action expiatoire pour les hommes et son caractère d’adoration vis-à-vis de Dieu prenaient toute leur force du sang que le Christ devait répandre sur la croix. De sorte que\, devant Dieu\, le sang de Jésus seul a une valeur infinie réelle d’adoration\, d’expiation\, de salut pour les âmes. \n \nGraduel : « C’est celui-ci qui vient avec l’eau et le sang\, Jésus-Christ\, non pas avec l’eau seulement mais avec l’eau et le sang. Il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel\, le Père\, le Verbe et l’Esprit-Saint\, et ces trois ne sont qu’un. Et il y en a trois qui rendent témoignage sur la terre\, l’esprit\, l’eau et le sang\, et ces trois ne sont qu’un. » \nAlléluia\, Alléluia : « si nous acceptons le témoignage des hommes\, à plus forte raison le témoignage de Dieu qui est plus grand ». \nIl s’agit dans ces textes de saint Jean des preuves venues du ciel et de la terre en faveur de Jésus Fils de Dieu et homme. \nPreuves ou témoignages du ciel\, pour établir sa divinité\, preuves ou témoignages de la terre pour établir la réalité de son humanité. \nLe Père a rendu témoignage à son Fils\, au baptême de Jésus\, à sa Transfiguration : celui-ci est mon Fils bien aimé. L’Esprit-Saint a rendu témoignage en descendant sur lui en forme de colombe et plus encore\, de façon merveilleuse\, en venant sur ses disciples comme une langue de feu\, à la Pentecôte. Le Fils s’est rendu témoignage à lui-même\, par sa doctrine et par ses miracles. Il disait lui-même : Si vous ne croyez pas à ma parole\, croyez à mes œuvres\, tellement elles étaient indéniables et prouvaient sa divinité. \nMais le Fils de Dieu est homme. Il fallait prouver également la réalité de son humanité : âme et chair. Jésus l’a prouvée par l’esprit\, puisqu’il a pensé comme nous\, qu’il a aimé comme nous\, et que\, vraiment homme\, il est mort en rendant l’âme comme nous. Il a prouvé la réalité de son humanité par le sang répandu à flots et cette eau qui sortit de son côté ouvert. Vrai Dieu\, vrai homme\, ainsi se présente Jésus. Nous pouvons avoir foi au témoignage de Dieu\, le plus grand\, au témoignage humain\, visible de la vie et de la mort de Jésus. \n \nÉvangile selon saint Jean\, c. 19. : « En ce temps-là Jésus ayant reçu le vinaigre dit : Tout est consommé. Inclinant la tête\, il rendit l’âme. Or les Juifs (on était au vendredi de la Préparation pascale) ne voulant pas que les corps restassent en croix le jour du Sabbat\, car ce jour du Sabbat était très solennel\, prièrent Pilate de faire briser les jambes des crucifiés et de les enlever. Des soldats vinrent donc et ils brisèrent les jambes du premier et de l’autre qui avait été crucifié avec lui. Mais quand ils approchèrent de Jésus et qu’ils virent qu’il était déjà mort\, ils ne lui brisèrent pas les jambes\, mais l’un des soldats lui ouvrit le côté de la lance et il en sortit aussitôt du sang et de l’eau. Celui qui l’a vu en rend témoignage et son témoignage est vrai. » \n« Celui qui l’a vu » c’est Jean\, celui que Jésus aimait. Il n’a pas quitté la croix de son Maître. Il est là avec la Mère de Jésus\, Madeleine et d’autres femmes qui l’ont suivi pendant sa douloureuse Passion. Jean voit les soldats arriver. Il regarde anxieux le corps de son Maître : Sa tête s’est doucement inclinée\, ses yeux sont clos\, de ses mains\, de ses pieds affreusement mutilés\, le sang achève de couler goutte à goutte. Un silence profond règne autour de la croix\, que le pas des soldats vient troubler. Que vont-ils faire ? Les saintes femmes apeurées se pressent l’une contre l’autre\, Jean regarde. Les soldats brisent les jambes des deux larrons\, qui respiraient encore. Ils viennent près de Jésus\, ils le contemplent : mort\, il est bien mort. A quoi bon lui briser les jambes ? Il était écrit : Aucun de ses os ne sera brisé\, et ces soldats\, sans le savoir\, réalisent la prophétie. Mais l’un d’eux\, pour plus de sûreté\, frappe son côté droit de sa lance et il frappe avec tant de force\, que la pointe de sa lance atteint le cœur de Jésus. Il y avait dans ce cœur\, ce cœur de mort\, une réserve de sang vermeil\, ce sang coule par la blessure et avec lui de l’eau. Jésus nous donne tout son sang\, jusqu’à la dernière goutte. De l’eau\, source sacrée pour le baptême qui fait les enfants de Dieu ; du sang\, pour le Sacrement Eucharistique qui nourrit et perfectionne les enfants de Dieu. Les deux sortent du cœur transpercé de Jésus. \n \nOffertoire : « Le calice de bénédiction que nous bénissons n’est-il pas une communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons n’est-il pas une communion au corps du Christ ? » \nLe Sang répandu pour nous sur la croix\, nous le possédons\, il est entre nos mains\, comme le corps meurtri qui était cloué sur le bois. Ce corps et ce sang n’ont pas quitté la terre. Faites- le en souvenir de moi\, dit le Maître\, c’est-à-dire par ma puissance divine\, maître que je suis de tout l’être des créatures\, faites comme moi\, dites sur le pain : ceci est mon corps\, et ce sera mon corps à moi ; dites sur le vin : ceci est le calice de mon sang\, et ce sera mon sang à moi. Puis\, prenez\, mangez et buvez. Je demeure avec vous sur terre jusqu’au dernier jour. Trésor inestimable\, ce corps et ce sang de Jésus\, qui sont à nous dans la Sainte Eucharistie. \nSecrète : « Par ces divins mystères\, approchons de Jésus\, le médiateur de la nouvelle alliance et que sur vos autels\, Seigneur des armées célestes\, nous renouvelions l’effusion du sang\, plus éloquente que celle d’Abel ». \nLes deux effusions du sang\, se rejoignent sur la croix : celle d’Abel le juste\, immolé par son frère\, figure prophétique de Jésus\, et celle de Jésus lui-même\, mais celle de Jésus a une autre valeur\, elle sauve le monde. Au lieu de crier vengeance comme le sang d’Abel\, le sang de Jésus crie miséricorde. Et le Père qui est dans les cieux entend la voix de ce sang. \n \nCommunion : « Le Christ s’est offert une fois pour effacer les péchés d’un grand nombre. Une seconde fois il apparaîtra\, mais sans péché\, à ceux qui espèrent en lui\, pour les sauver ». \nLa première venue du Fils de Dieu est pour effacer les péchés par son sang. Quand il reviendra\, à la fin des temps\, ce ne sera plus pour effacer les péchés par son immolation\, mais bien pour donner la joie éternelle à ceux qui auront espéré en lui. \nPostcommunion : « Admis\, Seigneur\, à la table sainte\, nous avons bu avec joie aux sources du Sauveur. Que son sang devienne pour nous une source d’eau vive qui jaillisse jusque dans la vie éternelle ». \nSi tu savais le Don de Dieu\, disait Jésus à la Samaritaine\, tu me demanderais à boire et je te donnerais de l’eau vive\, de l’eau de source\, celle qui ne s’écoule pas sur terre\, mais bien celle qui rafraîchit pour l’éternité. Buvons à cette source\, les autres sources sont malsaines et tuent.
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SUMMARY:Visitation de la Sainte Vierge
DESCRIPTION:La Messe \nIntroït : « Réjouissons-nous dans le Seigneur\, en célébrant ce jour de fête\, à l’honneur de la bienheureuse Vierge Marie dont la Visitation réjouit les anges et leur fait louer le Fils de Dieu. — Mon cœur prononce une bonne parole : Je dis au roi toutes mes œuvres ». \nOraison : « Dieu tout-puissant et plein de miséricorde\, nous prions votre majesté très humblement de nous accorder\, que\, de même que vous avez manifesté votre Fils unique à l’enfant enfermé dans le sein de sa mère par la Visite et la salutation de votre Mère\, ainsi\, par les mérites et les prières de cette Mère vous nous le fassiez contempler éternellement en nous révélant son visage ». \nMarie\, l’humble vierge\, a reçu la visite de l’ange Gabriel. Elle a compris le divin message qu’il lui transmet\, elle s’est inclinée devant l’Auguste Trinité et\, toute petite servante du grand Dieu du ciel\, elle devient sa mère. \nC’est fait. Le Fils de Dieu a pris chair dans son sein virginal. Mais\, l’humble vierge a entendu ce que l’ange lui disait de sa cousine Elisabeth. Elle veut la féliciter\, lui dire toute sa joie de son bonheur et lui porter toute la joie de son bonheur à elle-même. Elle va\, jeune et pure\, ravie en son âme\, elle se hâte\, car un grand mystère va s’accomplir. \nL’Épître nous la montre dans toute sa fraîcheur. \n \nLecture du Livre de la Sagesse\, Cant\, des Cant.\, c. 2. : « Voici qu’il vient grimpant sur les montagnes\, passant sur le dessus des collines. Mon bien-aimé est semblable au chevreuil\, au petit du cerf. Le voici qui se tient debout derrière le mur de la maison\, il regarde par les fenêtres\, il plonge son regard par les barreaux. Mon bien-aimé me parle : Lève-toi\, hâte-toi\, mon amie\, ma colombe\, ma toute belle\, et viens. L’hiver est passé\, la pluie a cessé. Les fleurs se montrent sur notre terre\, le temps de tailler la vigne est arrivé. La voix de la tourterelle s’est fait entendre dans notre terre. Le figuier pousse ses premières figues. Les vignes en fleur répandent leurs parfums. Lève-toi\, mon amie\, ma colombe\, ma toute belle\, et viens. Vous qui êtes ma colombe\, réfugiée dans les creux de la pierre\, dans les enfoncements du mur\, montrez-moi votre visage ; faites entendre votre voix à mes oreilles\, car votre voix est douce et votre visage gracieux. » \nCette aimable poésie accompagne la Vierge Marie dans son voyage. C’est son Bien-aimé\, le Fils très doux qu’elle porte en elle\, qui lui adresse ces délicieuses paroles : Va\, lui dit-il\, va ma colombe\, mon aimée\, ma toute belle\, le temps de la joie est venu pour le monde. Le mauvais hiver\, cet hiver si rude et si long de la malédiction divine est fini\, la pluie a cessé\, le froid a disparu\, aujourd’hui\, c’est la joie du printemps que je répands par toi sur le monde. Les fleurs naissent sous tes pas\, les arbres sont à tailler pour produire de beaux fruits\, les vignes sont en fleurs\, sens leur délicieux parfum\, les figues paraissent. Va\, ma bien-aimée\, montre ton visage\, parle car ton visage est beau\, ta parole est douce à toi qui portes la joie de Dieu. La beauté de Dieu\, la douceur de Dieu reflètent leur éclat sur toi. Va. Laisse le creux du rocher\, l’enfoncement du mur où ton humilité te cachait. Montre-toi à tous et crie à tous : Voici mon Bien-aimé qui passe sur les montagnes et les collines\, le voici\, le Fils de Dieu fait homme. \n \nGraduel : « Régnez par la vérité\, la douceur et la justice\, votre droite vous conduira merveilleusement — Écoutez\, ma fille\, penchez votre oreille\, pour entendre : Le roi est charmé par votre beauté. » \nAlléluia\, Alléluia : « Mon âme glorifie le Seigneur\, et mon esprit exulte en Dieu mon sauveur. Alléluia… » \nÉvangile selon saint Luc\, c. 1. : « En ce temps-là\, Marie se mit en route et se rendit en hâte dans les montagnes à une ville de Judée. Et elle entra dans la maison de Zacharie\, et salua Elisabeth. Or\, dès qu’Elisabeth entendit le salut de Marie\, l’enfant qu’elle portait dans son sein tressaillit de joie. Elisabeth fut remplie de l’Esprit-Saint et elle cria à haute voix : Vous êtes bénie entre toutes les femmes\, et le fruit de votre sein est béni. Comment se fait-il que la Mère de mon Seigneur vienne à moi ? Dès que la voix de votre salut arriva à mes oreilles\, l’enfant qui est dans mon sein a tressailli de joie. Heureuse\, vous qui avez cru\, car tout ce qui vous a été dit de la part du Seigneur\, se réalisera. Et Marie dit : Mon âme glorifie le Seigneur\, et mon esprit exulte de joie en Dieu\, mon Sauveur. » \nC’est le grand mystère qui s’accomplit Marie vient voir Elisabeth et se réjouir avec elle\, mais il y a un autre but à cette visite d’amabilité. C’est la sanctification de Jean\, le Précurseur de Jésus. Cette sanctification s’opère dès que Marie a parlé. Simplement\, affectueusement\, elle dit à Elisabeth : Bonjour ! Et aussitôt\, à cette voix « douce »\, cette voix que le monde attendait depuis la chute originelle\, Jean bondit de joie dans le sein de sa mère. Il est purifié\, sanctifié\, il reçoit sa mission. Et l’allégresse le transporte. Mais c’est à la voix de Marie. C’est Marie qui lui apporte le salut par Jésus\, son Fils. Marie\, la douce et maternelle médiatrice des grâces de Dieu. Par elle\, Jésus s’incarne et meurt sur la croix ; par elle\, la grâce de salut méritée sur la croix par Jésus se répand sur les âmes. Elle donne Jésus tout entier\, elle répand le salut de Jésus\, en détail\, sur chacun de nous. Allons à Marie\, avec la plus filiale affection\, car « son visage est beau\, sa voix est douce »\, c’est le visage et c’est la voix de notre mère. \nOffertoire : « Vous êtes heureuse\, sainte Vierge Marie\, vous êtes la plus digne de toute louange\, car de vous est sorti le Soleil de Justice\, le Christ\, notre Dieu ». \n \nHeureuse ! l’humble vierge Marie l’est et elle le sait. Elle le dit et elle le chante. Heureuse\, vous qui avez cru\, lui dit Elisabeth. Et la Vierge\, très humble\, mais très joyeuse en son humilité de rendre gloire à celui qui la rend heureuse\, s’écrie : Mon âme glorifie le Seigneur\, mon cœur exulte d’allégresse\, car le Tout-Puissant a fait en moi de grandes choses et toutes les nations rediront mon bonheur. A jamais\, on chantera dans le monde entier : Tous les peuples me proclameront bienheureuse. Marie le sait\, le dit\, le chante la première à la louange de Dieu. Moi\, dit-elle\, je ne suis rien\, je suis la petite servante du Seigneur ; il s’est abaissé jusqu’à moi\, il m’a prise dans la poussière\, et il m’a élevée jusqu’à lui pour me faire sa mère. C’est son œuvre à lui le Tout-Puissant\, et c’est son œuvre que mon bonheur chante. Nous la chanterons avec elle éternellement. Car au ciel il n’y aura qu’un seul cœur\, le cœur de la mère et des enfants pour chanter la même bonté de Dieu en Jésus\, notre Seigneur. \nSecrète : « Dieu tout-puissant\, éternel\, vous qui avez soin de ceux qui mettent en vous leur espoir\, accordez-nous\, par ce sacrifice que nous vous offrons\, de recevoir dans toutes nos nécessités la visite spirituelle de la bienheureuse Vierge Marie ». \n \nCommunion : « Heureux le sein de la Vierge Marie\, qui a porté le Fils du Père éternel ». \nPostcommunion : « Dieu tout-puissant\, éternel\, qui avez voulu que fût célébrée la mémoire de la Visitation de la bienheureuse Marie\, Mère de Dieu\, accordez-nous\, par ce sacrifice auquel nous avons participé\, de ne jamais perdre la grâce de sa visite ». \nQue la bienheureuse Vierge Marie vienne sans cesse nous visiter ! Qu’elle descende vers nous\, ses enfants de misère sur cette terre ; qu’elle descende vers nous pour nous voir\, nous regarder. Bonne mère\, n’oubliez personne : n’oubliez aucune souffrance\, morale et physique\, voyez ce que nous sommes\, voyez nos luttes\, nos faiblesses\, nos lâchetés\, nos hontes\, tout et pour toutes nos souffrances que votre « voix soit douce ! » Donnez-nous le réconfort de votre pureté virginale. Touchez nos plaies de vos mains très pures\, les mains de mère qui savent si bien adoucir la douleur. Même aux plus misérables\, vous êtes bonne\, vous\, vous êtes douce. Souvenez-vous de nous\, toujours\, mais surtout à l’heure de notre mort.
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SUMMARY:Saint Irénée († 202)
DESCRIPTION:Évêque et Martyr \nLa Messe \nIntroït : « La loi de la vérité fut sur ses lèvres\, l’iniquité n’y eut jamais place. Il se conduisit avec moi dans la paix et la justice et il détourna un grand nombre d’âmes du péché ! — Mon peuple\, soyez attentif à ma loi\, penchez votre oreille pour entendre les paroles de ma bouche ». \nOraison : « Dieu\, qui avez accordé au bienheureux Irénée\, votre Martyr et Pontife\, de combattre les hérésies par la vérité de la doctrine et d’affermir heureusement la paix de l’Église\, donnez à votre peuple la fermeté dans la sainte religion\, et votre paix aux jours où nous vivons ». \nL’Introït et l’oraison ont les deux mêmes idées qui caractérisent l’œuvre en ce monde de saint Irénée : La défense de la foi contre l’hérésie\, la pacification de l’Église. \nIrénée est des environs de Smyrne. Il appartient à cette première génération de chrétiens fervents qui succédèrent aux Apôtres. A Smyrne\, il se fit dès son adolescence\, le disciple de Polycarpe\, ce saint martyr qui avait entendu les enseignements de l’Apôtre Saint Jean. Irénée\, Polycarpe\, Jean\, le Christ Sauveur. La ligne généalogique chrétienne est nette\, brève qui rattache Irénée au Seigneur Jésus. En écoutant Polycarpe\, il entendait Jean\, celui qui reposa sa tête sur la poitrine du Maître. Mais\, désireux de connaître tout ce qu’il pourrait des traditions apostoliques\, Irénée voyagea beaucoup et recueillit dans diverses Églises les enseignements laissés par les Apôtres ou leurs disciples immédiats. C’est ainsi\, que\, riche de doctrine\, Irénée représente l’Église d’Asie au IIe siècle\, avec ses croyances\, ses coutumes\, son esprit. \n \nMais ce qu’il reçut avec plus d’abondance peut-être\, ce fut la charité fraternelle\, dont la paix est le fruit. Il avait entendu par les lèvres de Polycarpe la suprême prédication de l’Apôtre Jean : Mes petits enfants\, aimez-vous les uns les autres. Et cette parole était entrée au plus intime de son âme. Ardent lutteur contre les hérétiques qui voulaient bouleverser les croyances fondamentales de l’Église\, Irénée était plein de condescendance pour accepter la diversité de certains usages locaux. La paix au-dessus de tout\, sauf la vérité. \nIrénée se rendit ainsi à Lyon\, dans les Gaules\, où il trouva le bienheureux évêque\, Pothin\, qui lui conféra le sacerdoce. Les chrétiens de Lyon\, qui furent bientôt des martyrs\, heureux de posséder dans leur Église\, un homme aussi instruit des choses de Dieu\, déléguèrent Irénée auprès du Pape Éleuthère pour lui demander d’intervenir avec autorité dans la répression des hérétiques d’Asie. C’est le premier contact d’Irénée avec l’évêque de Rome\, mais pour lui l’évêque de Rome\, successeur de Pierre\, est le chef unique de l’Église universelle. C’est à ce titre qu’il est délégué vers lui et qu’il remplit sa mission. Au retour\, il trouva l’Église de Lyon ravagée par la persécution. Pothin était mort. Irénée fut choisi pour lui succéder. Il savait que c’était se vouer au martyre. \nUne seconde fois\, Irénée s’adresse au Pape. C’était Victor\, le successeur d’Éleuthère. Il se montrait trop sévère\, semblait-il\, contre les chrétientés d’Asie qui célébraient la fête de Pâques à une époque différente de celle de Rome. Irénée lui expliqua respectueusement que\, la foi n’étant pas en cause\, il était préférable de ne pas troubler la paix de l’Église pour un simple rite\, établi\, disaient les Asiatiques\, par leurs Apôtres. \nDe sorte que par ses écrits comme par ses actes\, Irénée est un témoin authentique de la suprématie du Pontife romain sur l’Église universelle. Il le considère comme le chef de cette Église\, à qui toutes les autres Églises locales doivent respect et obéissance. C’est à Rome\, c’est auprès de l’évêque de Rome qu’Irénée trouve l’autorité divine du Christ. \n \nÉpitre de saint Paul à Timothée II\, c. 3 et 4. : « Très cher\, garde fidèlement les enseignements que tu as reçus et qui t’ont été confiés. Rappelle-toi ce que dès ton enfance tu as étudié\, les Saintes Lettres\, qui peuvent te diriger vers le salut par la foi au Christ Jésus. Toute Écriture inspirée de Dieu est utile aussi pour convaincre\, corriger\, former à la justice\, en vue de rendre l’homme de Dieu parfait et prêt pour toute bonne œuvre. Je t’adjure devant Dieu et devant le Christ Jésus qui doit juger les vivants et les morts\, par son avènement et son royaume. Prêche la parole. Interviens à temps et à contre-temps. Reprends\, condamne\, exhorte en toute longanimité et doctrine. Un temps viendra où l’on ne supportera plus la saine doctrine. Au gré des passions\, l’on se donnera des maîtres en grand nombre\, dans la démangeaison d’apprendre. On détournera l’oreille de la vérité pour se tourner vers des fables. Mais toi\, veille\, travaille\, sur toutes choses\, fais œuvre de prédicateur de l’évangile\, remplis jusqu’au bout ton ministère. » \nGraduel : « Pour mes frères\, pour mon prochain j’ai parlé de la paix. Garde l’innocence\, cherche la justice\, car l’homme pacifique conserve une part de ses biens. » \nAlléluia\, Alléluia : « demeure au milieu des prêtres sages et unis-toi à leur sagesse de tout ton cœur\, afin que tu puisses apprendre toutes les choses de Dieu. Alléluia ». \nÉvangile selon saint Matthieu\, c. 10. : « En ce temps-là\, Jésus dit à ses disciples : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps\, ils ne peuvent tuer l’âme. Craignez plutôt celui qui peut condamner l’âme et le corps à la géhenne. Deux passereaux ne valent qu’une obole et cependant un d’entre eux ne tombe pas sur terre sans la volonté de votre Père.\nVos cheveux ont tous été comptés. N’ayez donc pas peur. Vous valez plus que tous les passereaux. Donc\, quiconque me rendra témoignage devant les hommes\, je lui rendrai moi aussi témoignage devant mon Père qui est dans les cieux. Mais celui qui m’aura renié devant les hommes\, je le reniera moi aussi devant mon Père qui est dans les cieux. » \nConsolation suprême pour nous\, chétives créatures ! Dieu\, notre Père\, veille sur de simples passereaux\, à plus forte raison sur nous. Il a compté tous nos cheveux. Il pense à nous\, il nous dirige\, il nous protège\, car il nous aime. Mais soyons fidèles à son amour ! Rendons-lui gloire par notre vie\, par notre sang\, s’il l’exige. Lui il nous rendra gloire dans le ciel. Ne le renions ni dans nos pensées\, ni dans notre cœur\, ni dans nos paroles\, ni dans nos actes\, il nous voit\, il nous entend\, il nous pèse. Si nous le renions gravement\, lui aussi\, un jour\, il nous reniera : Va ! Je ne te connais point. \nEglise Saint Irénée de Lyon\nOffertoire : « Je répands ma doctrine sur tous comme la lumière du matin et je la ferai parvenir au loin ». \nSecrète : « Dieu\, qui ne laissez pas troubler les peuples qui croient en vous par aucune terreur\, daignez accepter les prières et les offrandes que vous présente votre peuple\, afin que la paix accordée par votre bonté fasse la sécurité des chrétiens contre tous leurs ennemis ». \nCommunion : « Voyez que je n’ai pas travaillé pour moi seul\, mais bien pour tous ceux qui cherchent la vérité ». \nPostcommunion : « Dieu\, qui êtes l’auteur de la paix et qui l’aimez\, dont la connaissance donne la vie et dont le service est régner\, protégez ceux qui vous implorent contre toutes les attaques\, afin que nous qui avons confiance dans votre protection\, nous ne craignions\, par l’intercession du bienheureux Irénée votre martyr et Pontife\, aucune hostilité armée de nos adversaires ». \nLa lumière de la doctrine\, la sécurité de la paix\, voilà ce que nous demandons à Dieu par la prière et le sang du bienheureux martyr Irénée. Car lui aussi\, en 202\, il eut à rendre au Christ le témoignage du sang.
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SUMMARY:Saint Antoine-Marie Zaccarie (1502 – 1539)
DESCRIPTION:Confesseur\, Fondateur des Barnabites \nMesse \nIntroït : « Ma parole ni ma prédication ne s’appuyèrent sur les discours habiles à persuader de la sagesse humaine\, mais sur la manifestation de l’Esprit et la puissance. — Seigneur\, je vous loue de tout mon cœur\, dans la réunion et l’assemblée des justes ». \nOraison : « Seigneur Dieu\, faites-nous comprendre la science suréminente de Jésus-Christ\, selon l’esprit de l’apôtre Paul\, celle dont le bienheureux Antoine-Marie fut merveilleusement instruit\, pour réunir dans l’Église de nouvelles familles de clercs et de vierges ». \nSaint Antoine-Marie Zaccarie est né dans les premières années du XVIe siècle\, à Crémone\, en Italie. Après de solides et brillantes études à Crémone\, à Pavie\, à Padoue\, devenu maître à son tour\, il confia la direction de son âme à un Dominicain. A l’époque\, l’Esprit-Saint suscitait dans l’Église de nouvelles familles religieuses destinées à la formation intellectuelle et morale de la jeunesse. C’était la préserver de l’influence pernicieuse du Protestantisme. Antoine-Marie Zaccarie fut un de ces privilégiés de Dieu. \nJeune encore\, à peine élevé au sacerdoce\, mais riche de la grâce de Dieu\, il commence son apostolat. Il se fait l’ami et le bienfaiteur de tous les miséreux de ce monde\, si bien que sa maison était comme l’asile de tous les malheureux\, Mais le Saint Esprit le poussa plus loin. Sous son inspiration\, il fonda une société de prêtres\, ayant pour but de former à la vie chrétienne\, par une instruction et une éducation profondément évangéliques\, les jeunes gens devant vivre dans le monde. \n \nLe caractère spécial d’Antoine-Marie et de sa Congrégation c’est un amour\, presque passionné\, pour le grand apôtre saint Paul. Il se mit à l’école de ce maître de la perfection et par lui\, par sa vie apostolique\, par ses admirables lettres il apprit la science suréminente\, la plus haute et la plus nécessaire des sciences\, la science de Jésus crucifié. Et se plaçant devant ce divin modèle\, il s’efforça d’en reproduire en lui-même tous les traits. Il donna le nom de saint Paul à sa congrégation\, mais par humilité ses fils s’appelèrent plutôt du nom de l’ami de saint Paul\, l’apôtre Barnabé. Et c’est bien le titre d’ami qui revenait à Antoine-Marie Zaccaria. \nÉpître de saint Paul à Timothée\, 1\, 4. : « La piété est utile à tout et possède la promesse de la vie\, de la vie présente et de la vie à venir. C’est une chose certaine et qui mérite toute confiance. Si\, dans cette vie\, nous nous donnons du mal et si nous luttons\, c’est parce que nous avons placé notre espérance dans le Dieu vivant\, Sauveur de tous les hommes et principalement des fidèles. Voilà ce que tu dois prescrire et enseigner.\nQue personne ne méprise ta jeunesse\, Mais sois l’exemple des fidèles\, par la parole\, la conduite\, la charité\, la foi\, la chasteté.\nJusqu’à ma venue\, applique-toi à la lecture\, à l’exhortation\, à la doctrine. Ne laisse pas inactive la grâce qui est en toi\, que tu as reçue en accomplissement de prophéties\, par l’imposition des mains du presbyterium. Pense bien à ces choses\, et en vis\, afin que tes progrès soient visibles à tous les yeux. Sois attentif à toi-même et à l’enseignement. Fais-en ta constante occupation. En agissant ainsi\, tu te sauveras\, toi et ceux qui t’écoutent. » \nCes conseils à Timothée s’adressent directement à Antoine-Marie Zaccarie. Jeune comme prêtre et fondateur d’ordre\, il pouvait craindre de ne pas avoir l’autorité suffisante. Mais s’il était jeune d’âge\, il portait en lui la maturité de la grâce de Dieu. \nGraduel : « Dieu m’est témoin de l’amour que j’ai pour vous dans le cœur de Jésus-Christ. Et je demande surtout que votre charité abonde de plus en plus par la science et de toute manière. — Afin que vous connaissiez ce qui est meilleur\, que vous soyez purs et sans reproche au jour du Christ. » \n \nAlléluia\, Alléluia : « Soyez remplis du fruit de la justice\, qui nous vient par Jésus-Christ\, à la gloire et à la louange de Dieu ». \nÉvangile selon saint Marc\, c. 10. : « En ce temps-là\, Jésus dit à ses disciples : Celui qui n’estime pas le royaume de Dieu comme le ferait un enfant\, n’y entrera pas. Et comme il était sorti dans la rue\, quelqu’un accourut\, fléchit le genou devant lui et lui demanda : Bon Maître\, que dois-je faire pour arriver à la vie éternelle ? Jésus lui dit : Pourquoi m’appelles-tu bon ? Dieu seul est bon. Tu connais les commandements : tu ne commettras point d’adultère\, tu ne tueras point\, tu ne voleras point\, tu ne diras point de faux témoignage\, tu ne feras aucune fraude\, honore ton père et ta mère. Il répondit : Maître\, j’ai observé toutes ces choses depuis mon enfance. Jésus le regarda\, se prit d’affection pour lui et lui dit : Une chose te manque\, va\, vends tout ce que tu possèdes\, donne le prix aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel. Puis\, viens\, suis-moi. » \nDieu seul est bon\, dit le Maître. Ce qui est bon\, en dehors de Dieu\, l’est par sa souveraine Bonté. Lui\, il le savait\, qui rend gloire à la bonté de Dieu. Mais ce jeune homme qui est devant lui\, intéresse Jésus. Il le regarde de ce regard qui va jusqu’au fond de l’âme ; il voit sa pureté\, sa sincérité et Jésus aime ce jeune homme. Il le veut pour lui\, à sa suite. Tout ce que tu as fait est bien\, mais il y a mieux. Dégage-toi de la terre complètement. Vends tes biens\, plus d’attache aucune\, je te veux tout entier\, viens\, suis-moi. C’est l’appel religieux\, qui brise toutes les amarres avec le monde. Dieu seul et pour lui tout travail\, toute pensée\, tout amour. \nOffertoire : « Je chante vos louanges\, devant les saints Anges\, je vous adore dans votre temple\, je glorifie votre Nom ». \n \nSecrète : « Accordez-nous\, Seigneur\, d’apporter à la table du céleste banquet la pureté de cœur et de corps\, qui resplendissait dans le bienheureux Antoine-Marie\, quand il offrait la très sainte Victime ». \nCommunion : « Frères\, soyez mes imitateurs. Ayez les yeux fixés sur ceux qui vivent d’après le modèle que vous avez en nous ». \nPostcommunion : « Seigneur Jésus-Christ\, par la céleste nourriture que nous avons prise\, que nos cœurs brûlent du feu de la charité qui porta le bienheureux Antoine-Marie à lever victorieusement l’étendard de la Sainte Victime contre les ennemis de l’Église ». \nAntoine-Marie Zaccarie mourut à Crémone en 1539\, à l’âge de 36 ans. Sa mère était présente. Il lui prédit que bientôt elle le rejoindrait auprès de Dieu.
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SUMMARY:Bienheureux Benoit XI (1240 – 1304)
DESCRIPTION:Pape\, de l’Ordre dominicain \nMesse : Statuit \nOraison : « Dieu\, qui avez élevé au ciel par la grâce de votre bénédiction le bienheureux Benoît\, votre Pontife\, sanctifiez votre peuple par une nouvelle bénédiction de votre grâce\, et\, par ses mérites et ses prières\, protégez-nous contre tous les maux par votre puissance ». \nDe naissance très humble à Trévise\, où sa mère\, devenue veuve\, devait\, pour vivre\, faire le blanchissage du couvent des Dominicains\, Nicolas Boccasino sut\, par son intelligence et sa piété\, s’attirer la bienveillance des Pères. A l’âge de quatorze ans il prit l’habit. \nIl passa quatorze années à étudier avec zèle les sciences humaines et divines\, et encore quatorze à donner un enseignement soit privé\, soit public\, avec une haute renommée de science. Il était célèbre pour sa sainteté et sa prudence\, et\, après avoir passé par les divers grades et dignités de l’Ordre\, en devint le Maître général. Dans l’exercice de cette fonction\, il brilla par son exemple aux yeux de tous\, protégea merveilleusement l’observance\, et développa l’Ordre lui-même en peu de temps. \nBoniface VIII l’employa avec succès à mettre la paix entre les rois de France et d’Angleterre\, et\, tandis qu’il voyageait en France pour y visiter les provinces dont il avait la charge\, le Pape le créa Cardinal-Prêtre de la sainte Église Romaine. L’ayant rappelé à Rome\, il le désigna comme son légat en Hongrie. Là\, avec une merveilleuse adresse\, le bienheureux réconcilia les princes qui se disputaient la succession au trône. \nLa Hongrie pacifiée\, il revint à Rome ; et le Pape Boniface ayant été assailli par ses ennemis à Agnani\, le bienheureux demeura ferme au milieu de leurs menaces et de leurs violences\, s’attachant inviolablement au Souverain Pontife\, alors que presque tous les autres Cardinaux avaient fui loin de lui. Bientôt\, le Pontife ayant été délivré de ce monde\, il fut porté sur le Siège de Saint-Pierre par le suffrage merveilleusement unanime des Pères. \nÉlevé au comble des honneurs\, il se tint éloigné de tout luxe ; il avait un grand culte pour l’humilité ; sa mère\, qui vivait encore\, vint un jour le voir ; comme elle lui sembla vêtue avec un peu trop de recherche\, il l’éconduisit sans vouloir la reconnaître. Mais lorsqu’elle fut revenue\, habillée d’une manière modeste et plus conforme à sa condition\, il l’embrassa affectueusement et lui fit honneur. \nIl frappa d’anathème les auteurs de l’attentat commis contre la dignité de son prédécesseur ; mais il rendit leurs anciennes charges à ceux qui avaient été traités trop sévèrement par celui-ci\, et leur accorda son pardon et sa bienveillance. Pour pacifier les provinces d’Italie ravagées de façon lamentable par les factions des Guelfes et des Gibelins\, des Blancs et des Noirs\, il fit de Nicolas\, Cardinal de Prato et membre de l’Ordre des Prêcheurs\, son Légat a latere\, et il lui ordonna de se rendre en Angleterre\, en Écosse et en Irlande\, pour y réconcilier princes et rois. \nÂme sincère\, loyale\, très humble\, Benoît XI\, le deuxième Pape dominicain\, voulait au-dessus de tout la paix. Il la rétablit complètement\, tant en Allemagne où il porta remède aux querelles intestines dont souffrait ce pays\, qu’en Sicile où\, après avoir levé l’interdit\, il rétablit la communion avec l’Église. De même\, il restaura heureusement la concorde\, gravement compromise auparavant\, entre la France et le Saint-Siège. Il étendit aussi à l’Orient et à d’autres Provinces schismatiques sa sollicitude de Pasteur suprême\, et recommanda fortement la restauration de la discipline ecclésiastique à Martin\, archevêque d’Antivari. Par des lettres très affectueuses\, il exhorta le roi Orose de Serbie à abjurer le schisme. Enfin\, tandis qu’il s’appliquait à recouvrer la Syrie et la Palestine\, qu’il méditait et favorisait l’accroissement de la religion\, le sort commun l’atteignit. \nUn jour\, sa vieille mère vint pour le voir au Vatican. Les familiers du Pape estimèrent qu’il était nécessaire de la revêtir d’une toilette plus en rapport avec la dignité de son fils. Elle dépouilla donc son humble costume et se présenta toute parée devant Benoît XI. Il regarda cette femme que l’on disait sa mère\, — oh ! il la reconnaissait bien ! — et il dit : Non\, cette femme n’est pas ma mère\, ma pauvre mère. Et il ne voulut pas lui parler. On comprit la leçon. Peu d’instants après\, elle rentrait habillée comme de coutume et le Pape la serrait dans ses bras. \nTombeau du bienheureux Benoît XI\nIl mourut avant que s’achevât le neuvième mois de son Pontificat\, en 1304\, à Pérouse. Sentant sa fin prochaine\, il se fit mettre sur un fauteuil\, dans une salle du palais et tout le peuple put assister à ses derniers moments. Il y fut enterré chez les Frères Prêcheurs dans une modeste tombe\, comme il l’avait demandé\, et tout de suite après sa mort\, il devint célèbre par ses miracles. \nClément XII approuva le culte qui de temps immémorial lui était rendu\, et permit la célébration de sa fête\, par l’office et la messe\, selon le rite double\, dans l’Ordre entier des Prêcheurs ainsi que par les clergés de Trévise et de Pérouse. \nTout dans cet homme est admirable : sa science\, son habileté dans les affaires\, son courage\, son humilité. Il vivait de Dieu et dirigeait toute sa vie selon Dieu\, le Dieu humble et crucifié\, Notre Seigneur Jésus-Christ.
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SUMMARY:Saint Jean de Gorcum (O.P.) et ses Compagnons († 1572)
DESCRIPTION:Martyrs \nLa Messe \nIntroït : « Je vous ai envoyés dans les larmes et les gémissements\, mais je vous ramènerai à moi dans la joie et l’allégresse pour l’éternité. — Louez le Seigneur dans son sanctuaire\, louez- le dans le siège de sa puissance ». \nOraison : « Dieu\, qui avez glorifié le magnifique combat pour la foi de vos bienheureux Martyrs Jean et ses compagnons\, *par la palme de l’éternité\, accordez-nous avec bonté que\, luttant sur la terre\, par leurs mérites et leur intercession\, nous méritions d’être couronnés avec eux ». \nIls étaient dix-neuf prêtres séculiers et religieux dont un Dominicain\, Frère Jean de Cologne. Il administrait alors une paroisse en Hollande. \nLa terreur calviniste y faisait fureur. Les « gueux »\, comme on appelait ces nouveaux barbares\, avaient la haine de tout ce qui était catholique. Ils avaient à leur tête\, Guillaume de la Marck dont la férocité ne reculait devant aucune atrocité. La ville de Gorcum fut prise par lui et aussitôt il fit main basse sur tous les prêtres et les religieux qui se trouvaient réfugiés dans la citadelle. Jean de Cologne\, au récit de tant d’infortune\, n’hésita point. Il quitta son habit religieux et sous un déguisement habile il put à plusieurs reprises\, pénétrer dans la prison des confesseurs de la foi. Ses consolations y apportaient la joie et le réconfort Mais un jour lui-même fut appréhendé et réuni à ceux qu’il visitait. \n \nLeur calvaire fut horrible. Ordre fut donné par Guillaume de la Marck de conduire les prisonniers à Brielle. On les dépouille en partie de leurs vêtements et demi-nus ils partent au milieu des cris de haine de la populace. A Brielle une foule hurlante de joie les attendait\, une potence se dressait à quelques pas du rivage. On force les malheureux\, épuisés par les mauvais traitements à se former en procession\, l’un d’eux tient une bannière à la main et deux fois ils font à reculons le tour de la potence. Mais ce n’est pas là que Dieu les attendait pour couronner leurs souffrances. On les traîna dans une grange abandonnée du couvent des Augustins. \nLe toit éventré était porté par deux poutres. Elles servirent de gibet. A cette vue les martyrs comprennent. Ils baisent la terre qu’ils vont arroser de leur sang et prient\, malgré les coups\, les outrages dont les soldats et la populace accourue les accablent. Nus comme le Sauveur sur la croix\, ils sont pendus l’un après l’autre. Quand vint le tour de Jean de Cologne\, il se souvint qu’il était Frère Prêcheur et ranimant ses forces épuisées\, il parle et dit sa joie de verser son sang pour la défense de l’autorité du saint Siège et de la Présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie. A mort ! à mort ! crie-t-on autour de lui\, et bientôt il est pendu au gibet. Il se passa alors une scène horrible. \n \nDix-neuf cadavres pendaient aux poutres. La populace se rue dessus\, les arrache\, les piétine\, leur déchire la poitrine\, leur prend le cœur\, les entrailles et se livre sur ces débris affreux à d’abominables horreurs. C’était la nuit\, le 4 juillet 1572. \nÉpître de saint Paul aux Éphésiens\, c. 6. : « Frères\, au demeurant\, fortifiez-vous dans le Seigneur dans la vigueur de sa force. Revêtez l’armure de Dieu pour être capables de tenir parmi les embûches du démon. Car ce n’est pas contre des hommes que nous avons à combattre. C’est contre les Principautés\, les Puissances\, les Souverains de ce monde ténébreux\, contre les esprits mauvais. Prenez donc l’armure de Dieu\, pour pouvoir résister en ce jour mauvais et ayant soutenu tout le combat\, demeurer maîtres du terrain. Tenez-vous donc prêts\, les reins ceints de la vérité\, la poitrine couverte de la justice comme d’une cuirasse\, les pieds chaussés pour annoncer l’évangile de la paix. En tout saisissez le bouclier de la foi\, grâce auquel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Mauvais. Prenez la casque du salut et le glaive de l’Esprit\, qui est la parole de Dieu. Par toutes sortes de prières\, de supplications\, priez en toute occasion dans l’Esprit. Veillez donc avec lui en toute supplication et persévérance. » \nGraduel : « Dieu vengera le sang de ses serviteurs\, il les vengera de leurs ennemis et il sera clément pour la terre de son peuple. — Ils viendront à Sion en chantant et la joie éternelle resplendira sur leurs fronts. Ils auront la joie et l’allégresse. » \nAlléluia\, alléluia : « Nous avons été comblés aussitôt de votre miséricorde\, nous nous sommes réjouis\, nous avons été remplis de consolation. Notre joie est en proportion des jours où vous nous avez humiliés\, des années où nous avons souffert ». \n \nÉvangile selon saint Luc\, c. 6. : « En ce temps-là\, Jésus dit à ses disciples : Heureux serez-vous\, quand les hommes vous haïront\, vous sépareront\, quand ils vous humilieront et rejetteront votre nom\, comme une honte\, à cause du Fils de l’homme. Ce jour-là\, réjouissez-vous\, exultez de joie\, car votre récompense sera grande\, dans le ciel. C’est ainsi que leurs Pères traitaient les prophètes. Cependant\, malheur à vous\, les riches\, car vous avez votre consolation ; malheur à vous\, qui êtes rassasiés\, car vous aurez faim. Malheur à vous\, qui riez en ce moment\, car vous gémirez et vous pleurerez. Malheur à vous\, si les hommes vous applaudissent. Leurs Pères faisaient de même avec les faux prophètes. Mais je vous dis\, à vous qui m’entendez : Aimez vos ennemis\, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Bénissez ceux qui vous maudissent et priez pour ceux qui vous calomnient. » \nLe maître fait la part de chacun dans la justice. \nA ceux qui auront souffert pour lui\, il promet la joie\, la récompense éternelle. A ceux qui\, en ce monde\, auront vécu loin de lui dans les jouissances désordonnées de la richesse\, du plaisir\, le châtiment sans fin. Mais il ajoute pour les siens la parole de haute perfection\, celle qui dilate les cœurs dans la charité : Vous\, qui êtes les serviteurs\, qui n’avez pas à juger le monde\, aimez tous les hommes\, même ceux qui vous détestent\, qui vous persécutent\, qui vous calomnient. Ouvrez votre cœur à deux battants pour eux. Votre cœur sera alors semblable au mien\, au cœur de Dieu. \n \nOffertoire : « Je vous recevrai comme un sacrifice de suave odeur\, quand je vous ferai sortir du milieu des peuples et que je me glorifierai en vous aux yeux de toutes les nations ». \nSecrète : « Seigneur\, regardez de votre sanctuaire\, du haut des cieux où est votre demeure le sacrifice que nous vous offrons et à la voix du sang de vos saints Martyrs\, que nos cœurs brûlent du feu de la charité et que vers vous nos prières montent comme un parfum suave ». \nDans cette grange où les Martyrs de Gorcum souffrirent tant d’outrages et d’horribles supplices\, comme Dieu devait les regarder ! Avec quel amour il se penchait vers leurs corps ensanglantés et quel accueil à la première rencontre ! \nCommunion : « Voici comment ils sont comptés parmi les fils de Dieu\, et comment ils sont placés parmi les Saints ». \n \nPostcommunion : « Dieu\, auteur et distributeur de tout courage\, accordez-nous par la foi et la constance de vos saints Martyrs qu’en approchant du banquet sacré\, nous soyons pénétrés du même amour qui les porta à offrir leur vie en holocauste pour affirmer la vérité de votre corps et de votre sang ». \nLes Martyrs de Gorcum sont morts\, pour témoigner en faveur de la présence réelle de Notre-Seigneur dans la Sainte Eucharistie\, et de la Primauté du Saint-Siège. C’est le caractère spécial de leur martyre. Ils sont donc les témoins de Jésus dans l’Eucharistie\, de Jésus dans son Vicaire. Il faut leur demander une foi profonde\, un amour intense pour la sainte Eucharistie. Il faut leur demander une obéissance absolue au Vicaire de Jésus-Christ. Ce sont les deux biens principaux de la sainte Église. \nAjoutons\, pour la consolation des âmes pieuses\, que sur le lieu du supplice des Martyrs s’éleva un arbuste gracieux qui donna juste dix-neuf fleurs ravissantes. Il y avait dix-neuf martyrs.
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SUMMARY:Les sept frères martyrs († 150)
DESCRIPTION:Ces Saints\, dont les triomphes sont si célèbres dans les écrits des Pères\, souffrirent sous l’empereur Antonin le Pieux. \nSainte Félicité était une dame romaine également distinguée par sa vertu et par sa naissance. Elle éleva ses sept enfants dans la crainte du Seigneur\, et prit soin de les pénétrer des plus sublimes maximes du christianisme. Après la mort de son mari\, elle servit Dieu dans la continence et ne s’occupa plus que de bonnes œuvres. Ses exemples\, ainsi que ceux de sa famille\, arrachèrent plusieurs païens à leurs superstitions\, en même temps qu’ils encourageaient les chrétiens à se montrer dignes de leur vocation. \nLes prêtres païens\, furieux des pertes que faisait la religion dont ils étaient les ministres\, portèrent leurs plaintes à l’empereur Antonin. « Vous ne pouvez supporter »\, lui dirent-ils\, « la hardiesse avec laquelle Félicité professe la doctrine des chrétiens ; plusieurs abandonnent le culte des dieux immortels\, qui sont les gardiens et les protecteurs de l’empire ; cet abandon et la tolérance d’un culte étranger les outragent ; aussi sont-ils extrêmement irrités contre la ville et contre tout l’État. On ne peut les apaiser qu’en obligeant Félicité et ses enfants à leur offrir des sacrifices ». \nAntonin\, qui était lui-même superstitieux\, répondit favorablement à la plainte des prêtres. Il chargea Publius\, préfet de Rome\, de leur donner satisfaction et de faire ce qu’ils demandaient pour apaiser les dieux. En conséquence de cet ordre\, Publius se fit amener Félicité avec ses sept enfants. Lorsqu’ils furent venus\, il prit la mère à part\, et employa tous les moyens possibles pour la déterminer à sacrifier\, ajoutant qu’en cas de refus\, il serait obligé d’avoir recours aux voies de rigueur. « Apprenez à me connaître\, répondit Félicité\, et ne vous flattez pas de m’effrayer par vos menaces\, ni de me séduire par vos belles paroles. J’espère\, par la vertu de l’Esprit de Dieu\, qui combattra avec moi\, triompher de Satan et sortir victorieuse des épreuves auxquelles vos assauts mettront ma fidélité ». \n \n« Malheureuse femme »\, dit Publius transporté de rage\, « comment la mort peut-elle vous paraître si désirable\, que d’exposer vos enfants à être privés de la vie et de me forcer a la leur ravir par de cruels tourments ? » « Mes enfants »\, reprit Félicité\, « vivront éternellement avec Jésus-Christ s’ils lui sont fidèles mais ils doivent s’attendre à des supplices qui ne finiront point s’ils sacrifient aux idoles ». \nLe lendemain\, Publius\, étant assis sur son tribunal dans le champ et devant le temple de Mars\, envoya chercher Félicité et ses enfants puis\, s’adressant à la mère\, il lui dit : « Ayez pitié de vos enfants qui sont à la fleur de l’âge et qui peuvent aspirer aux premières charges de l’État ». « Votre pitié »\, répondit la sainte\, « est une impiété réelle\, et la prétendue compassion à laquelle vous m’exhortez annoncerait la plus cruelle des mères ». Se tournant ensuite vers ses enfants\, elle leur dit « Regardez le ciel où Jésus-Christ vous attend avec ses Saints persistez dans son amour\, et combattez généreusement pour vos âmes ». \n \nA ces mots\, Publius lui fit donner des soufflets\, en lui disant qu’elle était bien hardie de donner en sa présence de pareils avis qui montraient une opiniâtreté impardonnable à désobéir aux empereurs. Il résolut de faire une nouvelle tentative\, en prenant les Saints séparément pour essayer de les ébranler par la force réunie des menaces et des promesses. Il commença par Janvier\, l’aîné des sept frères mais il n’en reçut que cette réponse « Ce que vous me conseillez de faire est contraire à la raison. J’attends de la bonté du Seigneur Jésus\, qu’il me préservera d’une telle impiété ». Il ordonna qu’on le battît cruellement\, après quoi il le renvoya en prison. Félix\, le second des frères\, fut ensuite amené. Comme on le pressait de sacrifier\, il répondit « II n’y a qu’un seul Dieu\, et c’est à lui que nous devons offrir le sacrifice de nos cœurs. Jamais nous n’oublierons l’amour que nous devons à Jésus-Christ. Employez tous les artifices et tous les raffinements de la cruauté\, vous ne pourrez nous ravir notre foi ». Les autres frères\, ayant été interrogés\, firent une semblable réponse\, et protestèrent que rien ne serait capable de les priver de la récompense éternelle promise aux justes. Martial\, qui parla le dernier\, dit « Tous ceux qui ne confessent pas que Jésus-Christ est vrai Dieu\, seront jetés dans un feu qui ne s’éteindra jamais ». L’interrogatoire fini\, les saints souffrirent la peine du fouet et furent ramenés en prison. Publius\, désespérant de vaincre leur constance\, envoya toute la procédure à l’empereur. \nAntonin\, ayant lu l’interrogatoire\, ordonna que les confesseurs fussent envoyés à différents juges et condamnés à divers genres de supplices. Janvier fut battu jusqu’à la mort avec des fouets garnis de balles de plomb. Félix et Philippe terminèrent leur vie par de violents coups de massue qu’on déchargea sur eux. Sylvain\, le quatrième des frères\, fut jeté la tête en bas dans un précipice. Alexandre\, Vital et Martial\, qui étaient les plus jeunes\, eurent la tête tranchée. Félicité mourut de la même manière\, quatre mois après. \nElle est nommée le 23 novembre dans le martyrologe romain\, qui fait mémoire des sept frères le 10 juillet. C’est en ce dernier jour que ta fête de ces saints est marquée dans l’ancien calendrier romain\, publié par Buchérius. \n \nIl y avait sur la voie Salarienne une église bâtie en l’honneur et sur le tombeau de sainte Félicité. Ce fut dans cette église que saint Grégoire le Grand prêcha sa troisième homélie sur les Évangiles\, le jour de la fête de la sainte martyre. Voici de quelle manière il s’y exprime « Félicité\, ayant sept enfants\, craignait plus de les laisser sur la terre après elle que les autres mères ne craignent de survivre aux leurs. Elle fut plus que martyre\, puisqu’elle souffrit en quelque sorte ce que souffrait chacun de ses enfants. Elle combattit la huitième\, selon l’ordre du temps mais elle fut dans la peine durant toute cette scène sanglante elle commença son martyre dans l’aîné de ses enfants et ne le consomma que par sa propre mort. Elle reçut une couronne pour elle et pour tous ceux qu’elle avait mis au monde. En les voyant tourmenter\, elle ne perdit rien de sa constance. Comme mère\, elle éprouvait tout ce que la nature fait souffrir en pareille circonstance mais elle se réjouissait dans son cœur par les sentiments que lui inspirait l’espérance ». Le même Père prend de là occasion de montrer combien la foi est faible en nous : « En sainte Félicité\, elle triompha de la chair et du sang et en nous\, elle n’est pas capable d’arrêter les saillies de nos passions\, ni de détacher nos cœurs de ce monde perfide et corrompu. Soyons du moins couverts de confusion\, ajoute-t-il\, en voyant que nous sommes si éloignés de la vertu de cette sainte\, et que nous permettons aux mauvais penchants d’étouffer la foi dans nos cœurs. Souvent un mot nous trouble\, la moindre contradiction nous irrite ou nous décourage\, et cependant les supplices de la mort même ne purent ébranler l’âme courageuse de Félicité. Nous pleurons sans cesse lorsque Dieu nous recommande les enfants qu’il nous avait donnés\, tandis que Félicité s’attriste que les siens ne meurent pas pour Jésus- Christ\, et se réjouit de les voir sceller leur foi par l’effusion de leur sang ». \nDans les arts\, on groupe les sept enfants de sainte Félicité devant leur mère chacun d’eux tient une palme. Outre la palme\, sainte Félicité porte une large épée. Comme sainte Félicité n’eut que des garçons\, on l’invoque pour en obtenir.
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SUMMARY:Bienheureux Martyrs Ignace et ses Compagnons († 1838)
DESCRIPTION:Martyrs de l’Ordre dominicain \nMesse : Intret \nOraison : « Dieu qui avez voulu que la terre des Annamites fût arrosée par le sang des bienheureux Pontifes Ignace et Dominique et leurs compagnons\, faites\, par l’intercession de si grands Martyrs\, que la religion chrétienne y soit florissante ». \nCes Martyrs appartiennent à la Province des Philippines\, cette Mère des Saints. Ils sont proches de nous\, car leur supplice ne date que des premières années du XIXe siècle. \nLa religion chrétienne\, dont la situation avait été assez prospère dans le Tonkin oriental au début du XIXesiècle\, commença à subir les plus dures épreuves lorsque l’impie Minh-Manh monta sur le trône. Celui-ci\, en effet\, emporté par sa haine furieuse contre les fidèles du Christ\, décida de détruire totalement leur religion. Cependant\, persuadé qu’il arriverait plus vite à ses fins s’il parvenait à saisir en même temps tous ceux qui enseignaient l’Évangile\, pour les proscrire ou les faire périr\, Minh-Manh convoqua les évêques et les prêtres\, prétendant faire appel à leur science pour traduire certains livres ou écrits des langues européennes en annamite. Mais l’intention perfide de celui qui les invitait n’échappa aucunement aux Serviteurs de Dieu ; et ils refusèrent de se rendre auprès du roi. Celui-ci\, passant de la ruse à la violence ouverte\, donna immédiatement l’ordre de massacrer les fidèles. \nIgnace Delgado\, évêque (titulaire) de Mylopotamos\, gouvernait alors les églises des contrées situées à l’est du royaume ; Dominique Hénarez\, évêque (titulaire) de Phessa\, et Joseph Fernandez s’étaient joints à lui et partageaient ses labeurs. Tous trois\, espagnols de naissance\, étaient membres de l’Ordre des Prêcheurs dans la Province du Saint-Rosaire aux Iles Philippines ; ils répandaient dans tout le Tonkin la foi chrétienne\, efficacement aidés par des prêtres indigènes. Parmi ceux-ci\, les uns appartenaient à l’Ordre ; les autres\, membres du clergé séculier\, étaient amis des Frères ; avec eux\, des laïcs enseignaient la doctrine chrétienne aux catéchumènes et aux néophytes. Extrêmement précieux pour les hérauts de l’Évangile furent aussi des hommes très pieux\, profès du Tiers-Ordre de Saint-Dominique\, qui brillaient aux yeux du peuple par la pureté de leur vie et leurs œuvres de miséricorde\, spirituelles et corporelles. Bientôt\, les agents royaux\, obéissant au décret du tyran\, envoyèrent des émissaires qui se saisirent des deux évêques ainsi que de Joseph Fernandez et de vingt-trois indigènes. On leur infligea toutes sortes de supplices pour les contraindre à renier le Christ et à fouler aux pieds son image. Mais ce fut en vain. Le roi\, mis en fureur par une si grande constance\, livra les saints Confesseurs au dernier supplice. \n \nLe premier qui mérita de répandre son sang fut le catéchiste François : il eut la tête tranchée en l’an du Seigneur 1838\, le 25 juin ; et tout de suite après lui\, Dominique Hénarez\, par le même genre de mort\, échangea la misère de ce monde contre l’éternelle béatitude. Ignace Delgado\, épuisé par la maladie et la fatigue\, rendit l’âme dans la cage où on l’avait jeté. Sur l’ordre du juge\, sa tête fut détachée de son corps vénérable et jetée dans l’eau ; elle y fut retrouvée trois mois après par un pêcheur chrétien\, aussi intacte que si elle venait seulement d’être coupée. Parmi les autres soldats du Christ\, onze furent décapités\, six étranglés\, deux furent coupés en deux\, l’un succomba assommé avec une masse de fer\, un autre mourut de faim\, et deux rendirent l’âme en prison. \nDieu lui-même témoigna de la gloire de ses martyrs par des prodiges. Le Pape Léon XIII les mit au nombre des Bienheureux avec cinquante et un autres Confesseurs de la foi\, dont le bienheureux Augustin Schoeffler\, prêtre de la Société des Missions Étrangères de Paris et tertiaire de Saint-Dominique\, qui mérita la couronne du martyre dans le Tonkin Occidental. \nGrande fête pour le ciel\, grande fête pour l’Église qui ne cesse pas de donner à Jésus des témoins généreux. Il est bon\, dans notre siècle de pauvre foi\, de faiblesse morale\, de voir des âmes aimer Dieu au point de verser leur sang pour lui. Ces âmes saintes sont les plus beaux fruits de l’Église. Elles la consolent de tant de défaillances misérables. Et de plus\, elles sont un témoignage vivant\, irrécusable de sa perpétuelle fécondité ! L’Église meurt\, dit-on. Tant qu’elle aura des martyrs\, elle ne mourra point. Ils sont le signe de sa vie immortelle.
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SUMMARY:Saint Jean Gualbert (985 – 1073)
DESCRIPTION:Confesseur\, Abbé \nMesse : Os justi \nOraison : « Seigneur\, que l’intercession du bienheureux abbé Jean nous recommande auprès de vous\, afin que\, ce que nous ne pouvons pas obtenir par nos mérites\, nous le possédions par sa protection ». \nÉvangile selon saint Matthieu\, c. 5. : « En ce temps-là\, Jésus dit à ses disciples : Vous savez qu’il a été dit : tu aimeras ton prochain et tu auras la haine de ton ennemi. Mais moi\, je vous dis : Aimez vos ennemis\, faites du bien à ceux qui vous haïssent\, priez pour ceux qui vous persécutent et qui vous calomnient\, afin que vous soyez les enfants de votre Père\, qui est dans les cieux\, lui\, qui fait lever son soleil sur les bons et les mauvais et tomber de la pluie sur les justes et les injustes. Si vous n’aimez que ceux qui vous aiment\, quelle récompense mériterez-vous ? Les Publicains ne le font-ils pas ? Et si vous saluez seulement vos frères\, que faites- vous de plus ? Les païens ne le font-ils pas ? Vous\, soyez donc parfaits\, comme votre Père céleste est parfait. » \nLe cœur de Dieu\, notre Père\, est notre modèle. Il faut que notre cœur à nous\, chrétiens\, soit grand comme le sien. \nAinsi le comprit Jean Gualbert. Nous sommes avec lui\, à Florence\, en l’an mille. Jean était un jeune seigneur\, portant l’épée. Son frère très cher\, Hugues\, fut tué\, un jour\, par un parent. Jean en ressentit une douleur \n \nprofonde et dans son cœur une haine farouche\, avide de vengeance\, contre le meurtrier. Un Vendredi Saint\, il le rencontra dans un endroit où il était impossible de s’échapper. Se voyant perdu\, le meurtrier se mit les bras en croix. A cette vue\, Jean pensa au sauveur Jésus\, crucifié à pareil jour et étendant ses bras sur la croix en pardonnant à ses bourreaux. Cette pensée le toucha si profondément qu’il abaissa son épée\, embrassa son ennemi et le traita avec bonté. Peu après\, Jean entra dans l’église de San Miniato\, se prosterna devant le crucifix\, et la tête du Christ s’inclina affectueusement vers lui. C’était lui dire : Jean\, je suis content de toi. Il abandonna le monde\, se coupa lui-même sa belle chevelure et embrassa la vie monastique dans l’abbaye même de San Miniato. Plus tard\, il fonda une congrégation bénédictine qui du lieu où elle s’établit prit le nom de Vallombreuse\, la vallée d’ombre. Ses religieux étaient à la fois moines et apôtres. Et lui-même\, le premier\, il s’employa pendant toute sa vie\, à défendre la foi. La charité du Christ dévorait ce cœur qui s’était ouvert devant elle à deux battants. \nJean Gualbert mourut en l’an mil soixante-treize. \nIl fait bon de rencontrer en cette période si rude\, en pleins siècles de fer\, des âmes aussi nobles\, aussi pénétrées du sens de l’évangile. Jésus parle toujours\, et le fracas de ses ennemis n’empêche pas sa parole d’être entendue par les âmes de choix. Aujourd’hui\, cette parole est la même\, elle est éternelle : Aimez-vous les uns les autres.
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SUMMARY:Bienheureux Jacques de Voragine (1228 – 1298)
DESCRIPTION:Confesseur Pontife\, de l’Ordre dominicain \nMesse : Statuit \nOraison : « Dieu\, qui avez fait du bienheureux Jacques\, Confesseur et Pontife\, un remarquable prédicateur de la vérité et un ministre de la paix\, accordez-nous par son intercession d’aimer la paix et la vérité et d’arriver ainsi jusqu’à vous qui êtes la paix suprême et la pure vérité ». \nJacques\, appelé de Voragine\, du nom de son pays natal qui est une ville située dans le diocèse de Savone\, entra\, dès sa jeunesse\, dans !’Ordre des Frères Prêcheurs à Gênes et fit en peu de temps de grands progrès en piété. De plus il unit à la sainteté de la vie une éminente doctrine. En effet\, il fut si bien formé aux lettres et surtout à la doctrine sacrée\, qu’il était pour tous un sujet d’admiration. Il faisait ses délices de la lecture assidue des Pères de l’Église\, de saint Augustin surtout ; il savait par cœur les passages les plus fameux de ses œuvres. \nIl rendit aussi de grands services à autrui par son enseignement. En effet\, il eut dans son couvent une école privée où il enseigna la doctrine sacrée\, et il remplit dans les principales villes d’Italie les fonctions de Prédicateur. Avec l’aide de Dieu\, il amena le peuple à un complet changement de mœurs et enflamma de l’amour de la vertu beaucoup de ceux qui étaient adonnés aux plaisirs. \n \nPlus tard\, le gouvernement de sa province lui fut confié\, et il l’exerça de façon si louable que\, fait peu commun\, il fut maintenu dans cette charge plusieurs années au-delà du temps prévu. Lorsqu’il fut relevé de cette charge\, il se rendit à Gênes\, chargé d’une mission par le Pontife Romain Honorius IV. La façon dont il s’acquitta de sa tâche lui attira la grande reconnaissance des Génois. \nAussi\, à leur demande\, fut-il nommé archevêque de Gênes par Nicolas IV\, successeur d’Honorius. Sa première préoccupation fut dès lors d’accomplir tous les devoirs d’un parfait pasteur. Ayant réuni en concile les évêques de sa Province\, il restaura la discipline\, affaiblie par le relâchement de l’époque précédente. Il eut le plus grand zèle pour propager le culte des saints\, et veilla à ce que leurs saintes reliques soient conservées avec l’honneur qui leur est dû. Les Génois étaient depuis cinquante ans divisés en deux partis. Grâce à son éloquence\, à son zèle pastoral et à sa prudence\, il les ramena à la concorde\, ce qui fut confirmé par un serment solennel. \nÉtant lui-même frugal et sobre\, il dépensait le patrimoine de son Église en faveur des pauvres\, particulièrement en les nourrissant\, alors que les denrées étaient très chères\, et en subvenant aux besoins des hôpitaux. \n \nAprès six années\, quatre mois et quinze jours passés ainsi parmi toutes sortes d’œuvres de charité et de piété\, il mourut de la mort précieuse des justes\, le 15 juillet 1298\, âgé de près de soixante-dix ans. Ses restes sacrés furent déposés sous le maître-autel de l’église de Saint-Dominique\, où ils furent conservés jusqu’en 1798. Ils furent ensuite transférés à l’Église de Sainte-Marie de Castello\, qui appartient à l’Ordre des Prêcheurs\, et où ils sont maintenant encore l’objet d’une extrême vénération de la part des fidèles. \nLe Souverain Pontife Pie VII\, après l’examen requis\, confirma le culte qui lui avait été rendu depuis sa mort\, avec le titre de Bienheureux. Dans sa bienveillance\, il accorda aussi à l’Ordre entier des Prêcheurs et aux clergés\, tant séculiers que réguliers\, des diocèses de Gênes et de Savone\, la faculté de célébrer chaque année\, par la messe et l’office\, la fête du bienheureux Jacques. \nJacques de Voragine fut ainsi un des grands Paciaires du XIIIe siècle. Paciaires nous devons l’être tous. C’est l’esprit de Jésus. Qui répand la discorde fait œuvre de haine\, contraire au Christ. Qui propage la paix\, qui la réalise\, même à ses dépens\, est sûr d’être avec le Christ\, le Prince et l’auteur de toute paix.
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SUMMARY:Saint Bonaventure (1221 - 1274)
DESCRIPTION:Docteur \nMesse : In medio \nOraison : « Dieu\, qui avez donné à votre peuple le bienheureux Bonaventure pour ministre du salut\, faites\, nous vous en prions\, que celui que nous avons eu sur terre comme Docteur de vie\, nous méritions de l’avoir comme intercesseur dans le ciel ». \nFigure très douce\, très pacifique\, si pure que son maître\, Alexandre de Alès\, disait de ce jeune franciscain : c’est un vrai fils d’Israël\, en qui Adam ne paraît pas avoir péché. Il fit sous sa direction de brillantes études. Pendant sept ans Bonaventure enseigna à l’Université de Paris le Livre des Sentences dont il laissa de précieux commentaires. C’était l’époque où saint Thomas d’Aquin enseignait de son côté à Saint-Jacques\, de sorte que l’on pouvait aller entendre ces deux incomparables Docteurs. Le roi de France\, saint Louis\, aimait à s’asseoir sur la paille\, comme les autres écoliers\, au pied de leurs chaires. Il les invitait à sa table. Entre Bonaventure et Thomas d’Aquin\, une amitié profonde continuait celle de François et de Dominique. Leur méthode d’enseignement n’était pas la même\, mais la vérité ne perd pas à être proposée de plusieurs manières. Devenu Ministre- général de son Ordre\, Bonaventure l’administra avec sagesse. Puis\, élevé à la pourpre\, évêque d’Albano\, Bonaventure fut un des grands et saints Pontifes qui par leur science et leur vertu illustrèrent le Concile de Lyon. \nIl mourut pendant les sessions de ce Concile à l’âge de 53 ans. Saint Thomas d’Aquin était mort peu de temps auparavant en se rendant à Lyon. \n \nUn jour que\, visitant son ami\, il l’avait trouvé écrivant la vie de saint François\, il se retira en silence\, puis il dit à ceux qui l’accompagnaient : Laissons un saint travailler pour un saint. \nVraiment « Docteur de vie »\, Bonaventure a laissé à l’Église sa doctrine et le trésor plus précieux encore de sa sainteté. Comme ce grand homme\, si instruit\, si studieux\, si sage était simple et humble ! Quelle différence entre lui et ces savants tapageurs que nous connaissons. La vraie science\, où Dieu est présent\, fait toujours de ce qu’elle sait un hommage au Créateur\, cette divine Sagesse dont toute sagesse procède. Rien de plus beau\, de plus touchant que la sérénité parfaite de ce Docteur que la vanité humaine n’effleure même pas. Mais lui aussi\, comme Thomas d’Aquin\, portait en son âme et en sa chair comme source limpide de lumière\, la pureté.
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SUMMARY:Saint Henri (973 - 1024)
DESCRIPTION:Empereur\, Confesseur \nMesse : Os justi \nOraison : « Dieu\, qui en ce jour\, avez transporté le bienheureux Henri du sommet de l’empire terrestre au royaume éternel\, nous vous demandons humblement que\, de même qu’en le prévenant par l’abondance de votre grâce\, vous lui avez fait surmonter les illusions du siècle\, de même\, vous nous accordiez\, à son imitation\, d’éviter les attraits du monde et d’arriver à vous l’âme pure ». \nAvec cet Empereur nous sommes dans les siècles rudes à l’Église et aux peuples\, du moyen âge. Duc de Bavière d’abord\, puis Empereur du Saint-Empire romain\, Henri\, prévenu par la grâce de Dieu\, fut un des rares\, très rares Empereurs qui donnèrent à l’Église quelque consolation. La plupart furent plus ses adversaires que ses amis\, Empereurs batailleurs\, Empereurs traîtres\, Empereurs hérétiques dont les Papes avaient tout à craindre\, au lieu d’en obtenir les bienfaits que l’institution du Saint-Empire promettait. \nHenri est au milieu d’eux comme un lis au milieu d’un fourré d’épines\, comme une douce lumière qui brille dans les ténèbres. On serait étonné de l’y trouver\, si l’on ne savait que Dieu prend ses saints où il veut et les forme \n \ncomme il veut. \nIl a fait de cet Empereur une âme pure\, généreuse\, détachée des biens de la terre\, dévouée à son Église. Et c’est pourquoi l’Église le vénère et le propose à tous les princes comme un modèle de justice. Sa piété ne l’empêchait pas de gouverner ses sujets\, au contraire ! Ils trouvèrent en lui la justice et la bonté\, deux choses si rares à l’époque\, deux choses toujours rares en ceux qui gouvernent\, à toutes les époques. Justice et bonté\, les deux bras de Dieu pour étreindre l’humanité. Qui refuse la bonté\, tombe fatalement dans la justice. \nHenri mourut l’an mil vingt-quatre. Son corps fut enseveli dans l’église des Apôtres Pierre et Paul\, à Bamberg.
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SUMMARY:Notre-Dame du Mont-Carmel
DESCRIPTION:Messe \nIntroït : « Réjouissons-nous tous dans le Seigneur\, en célébrant ce jour à l’honneur de la bienheureuse Vierge Marie\, dont la solennité réjouit les Anges et leur fait louer le Fils de Dieu. — Mon cœur a une excellente pensée : je dis au roi tout ce que je fais ». \nOraison : « Dieu\, qui avez décoré l’Ordre du Carmel du Nom de la bienheureuse Vierge Marie\, votre Mère\, accordez-nous avec bonté d’être protégés par celle dont nous célébrons aujourd’hui la mémoire et d’arriver ainsi aux joies éternelles ». \nLes Écritures sont pleines du souvenir et de la beauté du Carmel\, cette montagne où les Prophètes se réunissaient dès le temps de Saül pour louer Dieu et recevoir ses illuminations. C’est la montagne sainte de la contemplation. Les Voyants\, comme Elie et Élisée\, et tant d’autres\, y ont pénétré les mystères de la justice et de la bonté de Dieu. Montagne de lumière\, qui rend plus proche de Dieu. C’est de cette montagne que le prophète Elie descendait pour porter aux rois de Juda et d’Israël\, rois prévaricateurs\, les sentences de leur condamnation. C’est sur cette montagne aussi qu’implorant le Seigneur pour obtenir la pluie bienfaisante qui devait répandre une nouvelle vie sur la terre d’Israël\, Elie vit dans le lointain\, à l’extrême horizon\, s’élever une petite nuée blanche\, signe de la bénédiction de Dieu. Nuée blanche immaculée\, figure prophétique de l’humble Vierge Marie dont l’apparition devait apporter au monde entier la suprême bénédiction. \n \nMontagne de prière\, le Carmel où les prophètes louaient Dieu et formaient déjà comme un ordre consacré à la louange perpétuelle du Très-Haut. \nCe titre glorieux est resté. Le Carmel devenu chrétien possède sur toutes les plages du monde des voyants et des voyantes qui continuent à travers les siècles le ministère de la-divine louange et de la divine contemplation. La beauté du Carmel ne s’est pas flétrie. Elle rayonne partout comme une lumière bienfaisante qui montre aux âmes le chemin du ciel. Ce ne sont plus des menaces et des condamnations qui descendent du Carmel\, mais la « douceur du lait et du miel »\, les bénédictions intimes de l’Esprit-Saint qui transforment les coeurs et les portent vers Dieu. \nLecture du Livre de la Sagesse\, Eccli.\, 24. : « Dès le commencement\, avant tous les siècles\, j’ai été créée et je ne disparaîtrai point dans la suite des âges. T’ai exercé mon ministère dans le Temple saint. Je me suis affermie dans Sion\, et j’ai pris mon repos dans la ville sainte. Ma puissance est à Jérusalem. J’ai pris racine dans le peuple honoré par Dieu\, dont l’héritage est le partage de Dieu. Ma demeure est dans l’Assemblée des Saints. » \nGraduel : « Régnez par la vérité\, par la douceur et la justice. Votre droite vous conduira merveilleusement. — Écoutez\, ma fille\, et voyez\, penchez votre oreille\, car le roi est sous le charme de votre beauté. » \nAlléluia\, Alléluia : « Aujourd’hui solennité de la glorieuse Vierge Marie de la race d’Abraham\, de la Tribu de Juda\, de la famille illustre de David ». \nDans l’épître on rappelait l’origine divine de Marie comparée à l’origine de la sagesse. On la montrait faisant son service sacré dans le temple\, prenant possession de Jérusalem et demeurant à jamais au milieu de ses enfants\, son peuple à elle. \nLe Graduel descend sur la terre. II énumère les titres humains de la Mère de Dieu\, il nomme ses ancêtres les plus illustres : Abraham\, Juda\, David. C’est par eux que la Sagesse est venue jusqu’à nous\, Jésus\, Fils de Dieu fait homme ; par eux également qu’est venue la Mère de la divine Sagesse\, Marie\, Mère de Jésus. \n \nÉvangile selon saint Luc\, c. 11. : « En ce temps-là\, pendant que Jésus parlait à la foule\, une femme\, élevant la voix du milieu de la foule\, lui dit : Heureux le sein qui vous a porté ! Heureuses les mamelles qui vous ont allaité ! Mais il répondit : Bien plus heureux ceux qui entendent la parole de Dieu et la mettent en pratique. » \nHeureuse\, très heureuse l’humble Vierge Marie\, qui fut appelée à l’incomparable dignité de Mère de Dieu. Mais Jésus voit le salut de tant d’âmes qui ne connaissent pas Dieu\, qui le connaissant et suivant sa loi arriveront à la béatitude éternelle\, et il s’écrie\, lui qui sait ce qu’est cette béatitude\, à laquelle aucune joie n’est comparable : plus heureux ceux qui en entendant et en pratiquant la loi de Dieu\, arrivent à la béatitude éternelle. \nOffertoire : « Vous êtes heureuse\, sainte Vierge Marie\, vous êtes très digne de toute louange\, car de vous s’est levé le Soleil de Justice\, le Christ\, notre Dieu. » \nMarie a toutes les béatitudes : celle de la vie éternelle et celle de Mère de Dieu. En elle\, tout est plénitude de grâce\, de lumière\, d’amour\, de joie. Elle est la plus proche de l’Auguste Trinité\, celle qui reçoit le plus de tout ce qu’elle est. A elle seule\, elle est plus que toutes les créatures réunies. Créature elle est et elle demeure\, mais sa capacité de recevoir Dieu dépasse toute mesure. De sorte qu’après Dieu qui est seul ce qu’il est\, la bienheureuse Vierge Marie\, Mère de Dieu\, est l’être le plus semblable à Dieu en tout ce qu’il est. \nSecrète : « Seigneur\, que l’humaine nature de votre Unique nous soit secourable\, afin que lui\, qui\, né d’une vierge\, n’a pas altéré mais a consacré la pureté de sa mère\, en ce jour de sa fête\, Jésus-Christ\, Notre Seigneur\, \n \nnous délivre de nos fautes\, et rende notre offrande agréable à vos yeux ». \nCommunion : « Heureux le sein de la Vierge Marie qui a porté le Fils du Père éternel ! » \nPostcommunion : « Seigneur\, après avoir participé aux sacrements offerts solennellement en cette fête annuelle\, nous vous demandons qu’ils nous donnent les secours de la vie temporelle et de la vie éternelle ». \nPar la prière\, par la joie de la Sainte Vierge\, nous demandons à Dieu tout secours : secours pour cette pauvre vie de la terre où tant de périls nous entourent\, où tant de souffrances nous guettent ; secours\, le plus puissant secours\, pour arriver malgré tout\, à la vie éternelle. Notre-Dame du Carmel y conduit par la main les âmes qui lui appartiennent par état. Elle fait fleurir sur sa sainte montagne les fleurs les plus exquises : Thérèse\, la mère\, pleine d’amour et de lumière ; Thérèse\, sa fille\, plus humble au*dehors par sa vie toute de douceur et de fraîcheur d’enfant\, et tant d’autres qui font du Carmel le « Jardin fleuri » où le divin Époux se plaît parmi les lis.
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SUMMARY:Bienheureux Ceslas (1180 – 1242)
DESCRIPTION:Confesseur\, de l’Ordre dominicain \nMesse : Os justi \nOraison : « Dieu qui avez donné au bienheureux Ceslas une virginale pureté de mœurs avec un zèle ardent pour le salut des âmes ; qui l’avez rendu admirable au milieu des peuples par la sainteté de ses œuvres et la prédication de la foi\, faites\, nous vous en prions que\, par son intercession\, nous soyons toujours fermes dans la foi et que nous puissions\, par le don de votre miséricorde\, arriver jusqu’à vous\, qui seul pouvez opérer et procurer le salut éternel ». \nLe bienheureux Ceslas\, frère de saint Hyacinthe\, naquit de la très noble famille des Odrowaz dans la province de Silésie au diocèse de Breslau. Il donna dès son plus jeune âge beaucoup de signes de la sainteté à laquelle il devait parvenir\, ainsi que des exemples de vertus chrétiennes. Sa rare noblesse\, l’extrême pureté de ses mœurs et sa piété le rendaient\, aux yeux de tous\, non moins aimable qu’admirable. Dès son enfance\, on lui fit sérieusement cultiver les humanités ; parvenu à l’adolescence\, il fut envoyé en Italie par son oncle Yves\, évêque de Cracovie\, afin d’étudier la théologie et la jurisprudence. Après avoir terminé le cycle de ses études en Italie\, de retour à Cracovie il fut nommé\, par Yves\, chanoine et recteur de l’église de Sainte-Marie de Sandomir. Et il n’eut rien plus à cœur que de mener pour Dieu une vie exempte non seulement de fautes\, mais encore de toute apparence de faute\, sur tous les points pure et sans tache\, afin de former les autres par son exemple et de pratiquer lui-même toutes les vertus chrétiennes\, dont il désirait extrêmement inculquer l’amour au cœur de tous. \nMais\, tandis qu’il s’exerçait à remplir avec une application continuelle tous les devoirs de sa charge de chanoine\, il arriva que l’évêque Yves\, sur le point de partir pour Rome\, se l’attacha comme compagnon de voyage. Arrivé \n \nà Rome\, après avoir entendu parler de la sainteté et des miracles de l’homme de Dieu Dominique\, fondateur de l’Ordre des Frères Prêcheurs\, sans aucune hésitation\, poussé par le Saint-Esprit\, il rompit avec le monde et reçut du saint Patriarche l’habit d’un Ordre où\, comme en un champ fertile\, les hommes remarquables par la profondeur de leur doctrine et la sainteté de leur vie n’ont cessé de se multiplier et de s’engendrer les uns les autres. Une fois admis dans l’Ordre des Prêcheurs\, il fit de tels progrès à l’école de saint Dominique qu’il était pour tous comme un modèle de possession de soi\, de frugalité et d’obéissance. Il pratiquait si assidûment les veilles\, les jeûnes\, les pénitences corporelles\, la prière et les autres points d’observance des lois de son Ordre\, qu’il apparaissait comme le fils véritable\, d’une perfection achevée\, du bienheureux Père Dominique. \nLorsqu’il eut achevé son noviciat\, brûlant de zèle pour le salut des âmes\, il demanda instamment au saint Patriarche de l’envoyer dans les pays du Nord\, que l’ignorance et l’erreur païenne retenaient dans les ténèbres et à l’ombre de la mort. Son vœu fut exaucé et il s’en alla d’abord à Prague\, capitale de la Bohême. Là\, il annonça la parole de Dieu\, gagnant les âmes en grand nombre et remplissant d’admiration toute la ville. Ensuite\, il parcourut à pied toute la Silésie pour prêcher\, et y laissa partout le parfum très suave de ses vertus\, enseignant la vérité à ceux qui étaient dans l’erreur\, refrénant les passions charnelles\, persuadant aux pécheurs de faire pénitence\, enflammant de l’amour divin les hommes au cœur froid\, apportant une abondante moisson aux greniers du Seigneur\, dont la gloire était son continuel et unique désir. Tandis que les Tartares dévastaient la Pologne et la Silésie par la guerre et l’incendie\, Ceslas\, d’après une pieuse tradition\, s’était réfugié avec les fidèles du Christ\, pendant que sévissait le fléau ennemi\, dans le camp retranché de Breslau\, et il défendit cette ville par sa prière et par les larmes qu’il répandit devant Dieu. \n \nEnfin\, rempli de mérites\, il mourut à Breslau au couvent de son Ordre\, en 1242. Le peuple vint en foule à son sépulcre pour le vénérer et commença à célébrer son culte\, que le Pape Clément XI\, après examen de la sacrée Congrégation des Rites\, approuva\, concédant à l’Ordre entier des Prêcheurs la faculté de célébrer l’office du bienheureux Ceslas. \nTous nous devons « publier l’ordre »\, c’est-à- dire que tous nous devons le faire connaître\, le faire aimer par notre parole et par nos œuvres. Le monde a besoin toujours\, comme au temps de Ceslas\, de la vérité de la foi. Mais cette vérité de la foi nous ne la ferons pénétrer dans les âmes que par les moyens employés par Dominique et ses premiers fils : la pénitence\, la prière\, l’étude et le désintéressement des biens de la terre. L’ordre ne change pas. Son but est le même\, ses moyens sont les mêmes. A nous de répandre la foi\, en suivant la route tracée par nos Pères. Elle est pour nous la route unique et nous n’avons à décliner ni à droite\, ni à gauche. La route est droite.
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SUMMARY:Saint Camille de Lellis (1550 – 1614)
DESCRIPTION:Confesseur \nMesse : Os justi \nOraison : « Dieu\, qui avez décoré le bienheureux Camille d’une charité toute particulière pour assister les agonisants dans leurs pénibles angoisses\, répandez en nous\, par ses mérites\, l’Esprit de votre amour\, afin que nous méritions de vaincre l’ennemi à l’heure de notre mort et d’obtenir la couronne céleste ». \nDieu se penche vers toutes les souffrances humaines. Il entend toutes nos plaintes\, il sent toutes nos angoisses\, surtout les dernières\, celles qui précèdent immédiatement notre mort. C’est l’heure du suprême combat entre la vie et la mort\, du suprême combat entre le démon et notre âme. Dieu le sait et il pourvoit par la prière instante de la sainte Église à notre pitoyable faiblesse. Il a fait plus. Au XVIe siècle\, il suscita un ordre religieux ayant pour mission exclusive d’assister les pauvres agonisants. Son fondateur est précisément Camille de Lellis. Jeune homme\, il suivit d’abord la carrière des armes et se laissa entraîner à la licence des mœurs. Dieu\, qui \n \nl’attendait\, lui fit comprendre la gravité de ses fautes et l’attira à lui invinciblement. Camille avait vingt-cinq ans. Deux fois\, par esprit de pénitence\, il entra chez les Capucins\, deux fois\, à cause d’une pénible infirmité\, il dut quitter le noviciat. Dieu le voulait ailleurs. \nC’est à Rome\, dans un hôpital où il avait dû se retirer\, que la lumière se fit dans son âme sur sa vocation. Il vit dans cet hôpital tant d’angoissantes agonies que son cœur en fut douloureusement ému. L’idée\, la sainte idée d’assister les mourants\, de les soigner\, de les consoler\, de les préparer à paraître devant Dieu prit possession de son esprit. Et bientôt\, il institua l’ordre des Ministres des infirmes. Ses fils ajoutent aux vœux communs à tous les religieux celui d’assister tous les mourants même les pestiférés. Lui-même donnait l’exemple de la charité. Son austérité était si grande qu’il ne paraissait avoir que la peau et les os. Pendant longtemps il supporta joyeusement cinq maladies cruelles\, qu’il appelait les miséricordes du Seigneur. \n \nCamille mourut à Rome en 1614\, à l’instant où\, dans la prière des agonisants on dit : que le visage du Christ Jésus t’apparaisse doux et joyeux ! \nGrande et charitable dévotion\, cette pensée de prier pour les agonisants. Souvenons-nous que nous serons un jour\, nous aussi\, dans ce terrible passage. Prions pour les autres\, afin de mériter pour nous-mêmes la pitié miséricordieuse de Jésus. Et qu’à nous également son visage apparaisse doux et joyeux.
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SUMMARY:Saint Vincent de Paul (1581 – 1660)
DESCRIPTION:Confesseur \nMesse : Justus ut palma \nÉvangile : Designavit \nOraison : « Dieu\, qui pour évangéliser les pauvres et accroître l’honneur de l’ordre ecclésiastique avez fortifié le bienheureux Vincent de la puissance apostolique\, accordez à ceux qui vénèrent ses pieux mérites d’imiter l’exemple de ses vertus ». \nVincent de Paul\, lui\, est tout charité. Il n’a pas un but particulier : toutes les misères humaines lui appartiennent. Les prêtres à former\, les pauvres à évangéliser\, les malades à soigner\, les enfants à recueillir\, les pauvres à soulager\, tout est de son ressort. Son cœur n’a pas de limite. Pourvu que l’on ait besoin d’assistance\, on appartient à Monsieur Vincent\, comme on l’appelait. On dirait que Jésus a pris son cœur et lui a donné le sien. C’est \n \ntout un : même bonté inépuisable\, même simplicité d’allure. \nMonsieur Vincent ne fait pas de bruit. Sa charité est discrète\, mais forte\, pénétrante. Dès sa jeunesse il a connu la souffrance\, étant captif chez les Maures\, et son cœur n’a fait que se dilater davantage. Homme instruit\, par ailleurs\, prudent et sage\, de bon conseil\, il s’occupe de la conscience des rois avec la même sérénité que de recueillir un enfant abandonné. Il dirige les âmes\, il instruit ses disciples\, il forme le clergé\, il multiplie les quêtes\, il \n \nrépand ses bienfaits partout\, sans que l’on puisse dire en quelle chose il excelle le plus. \nCœur simple\, cœur droit\, cœur affable\, Monsieur Vincent fait son œuvre de charité immense et meurt avec autant de simplicité qu’il a vécu en 1660. Mais il ne meurt pas tout entier. Il laisse d’innombrables fondations de sa charité ; il laisse ses admirables Filles\, ses Lazaristes qui soutiennent de siècle en siècle\, sur toutes les plages du monde\, l’œuvre de Monsieur Vincent. Son cœur n’a pas quitté la terre. On le rencontre partout comme le cœur de Jésus\, son maître.
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