Nov 20

Neuvième lettre circulaire des membres de la Société de Jésus couronné d’épines

Mesdames, mesdemoiselles,

Voici les toutes dernières nouvelles de la Société de Jésus couronné d’épines.

Réunion de septembre 2017.

Nous voici à la fin de notre étude du livre Le Problème moral et pédagogique de la mode, Enseignements pontificaux de S.S. Pie XII, avec le précieux commentaire de Madame Elisabeth van HECKE. Nous sommes arrivés à la IIIème section DIRECTIVES, avec un seul chapitre intitulé Principes et directives pratiques[1].

Comment agir face à la mode (puisque nous avons vu à la réunion précédente qu’il y a un problème moral de la mode), comment la maintenir dans son rôle de servante (et ne pas devenir son esclave) et dans sa fonction d’instrument de salut (et non pas de perdition…de nous-mêmes et/ou des autres) ?

Le Pape nous répond :

Loin de songer à réduire la mode à l’immobilité des coupes, à la monotonie et à une insipide sévérité, l’Église entend lui indiquer le droit chemin […]. Elle énonce quelques principes, comme points de repère, dont il sera facile de déduire des règles concrètes.[2]

Voici les trois principes qui nous aideront à résoudre le problème moral de la mode.

Prendre conscience de l’influence réelle (tant pour le bien que pour le mal) de la mode.

La mode est une activité qui engage tout homme ; elle s’adresse à ce qu’il y a de bon et de mauvais dans l’homme ou dans la femme, à ses instincts charnels, comme à ses inspirations les plus élevées. Un vrai chrétien, une chrétienne véritable, ne discuteront pas sur la limite du permis ou de défendu, ils auront courage de vivre jusqu’au bout ce qu’ils sont au-dedans : les temples du Saint-Esprit, les membres du Corps Mystique.

Toujours Pie XII :

La mode n’est, ni ne peut être la règle suprême de notre conduite ; […] au‑dessus de la mode et de ses exigences, il y a des lois plus hautes et impérieuses, des principes supérieurs et immuables qui, en aucun cas, ne peuvent être sacrifiés au gré du plaisir ou du caprice [3].

Nous devons constamment nous rappeler la pureté élevée que le Rédempteur exige de ses disciples, même dans les regards et dans les pensées… Si ton œil est pour toi une occasion de péché, arrache-lequiconque regarde une femme pour la désirer a déjà commis, dans son cœur, l’adultère avec elle [4].

Si l’on objecte, que telle manière légère de s’habiller est plus commode et plus hygiénique, Pie XII répond :

 

Si [cette manière de se vêtir, selon une mode indécente] devient pour le salut de l’âme un péril grave et prochain, elle n’est certainement pas hygiénique pour votre esprit, il est de votre devoir d’y renoncer [5].

Ensuite le Pape traite du rôle de l’exemple qu’on donne aux autres :

Tant que certaines toilettes provocantes demeurent le triste privilège de femmes de réputation douteuse, et comme le signe qui les fait reconnaître, on n’osera pas les adopter pour soi. Mais le jour où ces toilettes apparaissent portées par les personnes au-dessus de tout soupçon, on n’hésitera plus à suivre le courant, un courant qui entraînera peut-être aux pires chutes. [6].

Le second principe est que la mode doit être dirigée, au lieu d’être abandonnée au caprice, et docilement suivie.

Cela s’applique avant tout aux créateurs de la mode – modélistes et critiques – qui devraient ne pas se laisser assujettir au goût dépravé d’une partie de la société. Si cela nous parait aujourd’hui quasi impossible, les obligations des créateurs restent toujours les mêmes, ils ne sont pas dispensés d’accomplir leur devoir d’état. Mais ce principe concerne aussi les individus, car diriger la mode signifie donner le bon exemple.

Voici les recommandations de S.S. Pie XII aux jeunes filles chrétiennes :

Votre zèle contre les vêtements et les attitudes immodestes [… sera] constructif, montrant pratiquement au monde féminin comment une jeune fille peut bien harmoniser en ses habits et ses manières la loi suprême de la vertu avec celles de l’hygiène et de l’élégance. [7]

Une jeune fille peut être moderne, cultivée, sportive, pleine de grâce, de naturel et de distinction, sans se plier à toutes les vulgarités d’une mode malsaine, conservant un visage qui ignore les artifices comme l’âme dont il est le reflet, un regard sans ombre ni intérieures ni extérieures, mais à la fois réservé, sincère et franc. [8]

Enfin le troisième principe est le respect de la mesure, c’est-à-dire de la modération dans le domaine de la mode.

Cette modération ne signifie pas la médiocrité, elle ne veut que se gouverner, se discipliner, aussi bien dans son corps (vêtement, attitude) que dans son âme (frein à la curiosité, domination des passions), pour aimer Dieu plus librement, et entraîner notre prochain dans cet amour.

Laissons le dernier mot à Madame HECKE pour nous faire la conclusion de notre étude sur la mode avec Pie XII :

Au terme de cette étude […] nos regards se portent vers la Vierge Immaculée, vers « Celle qui surgit comme l’aurore, belle comme la lune, resplendissante comme le soleil, couronnée de douze étoiles, redoutable comme une armée en bataille ». [9]

L’Esprit qui a guidé la Glorieuse Reine du Ciel, veut aussi se servir de nous […] pour récapituler toutes choses dans le Christ Jésus à la gloire du Père.   

Si vous voulez avoir l’intégralité de la dernière conférence, vous pouvez la télécharger à l’adresse suivante :

http://www.dominicainsavrille.fr/conferences-de-la-societe-jesus-couronne-depines/

Quant à la prochaine réunion, ce sera au tour de deux membres de notre pieuse société de nous faire une conférence (à vrai dire deux conférences fort intéressantes) :

  • 21 novembre (mardi), à 8 h 35, salle Saint Gabriel : une dame nous parlera du livre « Marie-toi et sois soumise » de Constanza Miriano.
  • 2 décembre [date encore à confirmer] (samedi), à 11 h 05, salle Saint Gabriel : une demoiselle résumera le livre « Adieu Simone » de Gabrielle Cluzel.

 

 N’hésitez pas à inviter vos connaissances qui seraient intéressées par la modestie (ou qui devraient l’être). Soyez bien fidèles à votre petit engagement quotidien : l’invocation Notre‑Dame de la Sainte Espérance convertissez-nous + Ave Maria + Notre‑Dame de la Sainte Espérance convertissez-nous. N’oubliez pas non plus de donner, partout et toujours, un bon exemple de la modestie chrétienne dans la tenue extérieure.

Aux pieds de l’Immaculée : Frère Hyacinthe-Marie OP

[1] Pour le plan que nous avons suivi cf. Lettre circulaire des membres de la Société de Jésus couronné d’épines,  no 6.
[2] Pie XII, Allocution aux membres du premier Congrès international de la Haute Couture, 8 novembre 1957.
[3] Pie XII, Allocution aux membres du premier Congrès international de la Haute Couture, 8 novembre 1957.
[4] Mt. 18, 9 ; 5, 27-28.
[5] Pie XII, Allocution aux membres du premier Congrès international de la Haute Couture, 8 novembre 1957.
[6] Pie XII, ibid.
[7] Pie XII, Allocution aux Jeunes Filles d’Action Catholique, 24 avril 1943.
[8] Pie XII, Allocution aux membres du premier Congrès international de la Haute Couture, 8 novembre 1957.
[9] Cant. 6, 10 ; Apoc. 12, 1.