La Messe
Introït : « Le juste fleurira comme le palmier, il se développera comme le cèdre du Liban, parce qu’il est planté dans la maison du Seigneur, dans la maison de notre Dieu. — Il est bon de glorifier le Seigneur, de chanter votre nom, o Très-Haut ».
Oraison : « Seigneur, nous vous demandons que la vénérable solennité de saint Jean-Baptiste, votre Précurseur et Martyr, nous donne l’assistance de votre secours ».
Lecture du Prophète Jérémie, c. 1. : « En ces jours-là, la parole du Seigneur se fit entendre à moi et me dit : Mets ta ceinture sur tes reins et lève-toi. Tu diras à Juda tout ce que je te commanderai. Ne crains pas devant eux, car je ne permettrai pas que leur présence te fasse peur. Je fais de toi aujourd’hui une ville fortifiée, une colonne de fer, un mur d’airain, sur toute cette terre, contre les rois de Juda, ses princes, ses prêtres et tout le peuple. Ils batailleront contre toi, mais ils ne triompheront pas, car moi je suis avec toi, dit le Seigneur, pour te protéger. »
Jean-Baptiste prend la place de Jérémie. Envoyé par Dieu pour préparer la voie au Messie, il est, comme celui qu’il précède, toute vérité. A tous il dit ce qui est vrai : Faites pénitence ! Quand les Pharisiens, les Scribes, c’est-à-dire les savants viennent le trouver, il les regarde, les yeux dans les yeux : Race de vipères 1 crie- t-il, qui vous préservera de la colère qui vient ? C’est qu’il a le sens de Dieu et qu’il voit que ces savants l’ont perdu et vivent de leur orgueil. A ceux qui sont plus modestes, il donne seulement de bons conseils de justice, de charité. Mais à tous il prêche la pénitence, car tous en ont besoin. Il va venir, celui qui tient le crible, annonce-t-il, il vous criblera avec rigueur. Aucune paille ne passera.
Jean est tout d’une pièce. 11 ne s’adoucit, ne devient tendre, très tendre qu’en présence de Jésus. Pour lui, devant lui son cœur se fond. Mais pas devant Hérode. Et il en mourra.
Graduel : « Seigneur, vous avez placé sur sa tête une couronne de pierres précieuses. — Vous avez exaucé les désirs de son cœur, la prière de ses lèvres. »
Alléluia, Alléluia : « Hérode envoya un garde qui avait ordre de couper la tête de Jean-Baptiste dans la prison ».
Évangile selon saint Marc, c. 6. : « En ce temps-là, Hérode fit arrêter Jean, le chargea de chaînes, et le mit en prison, à cause d’Hérodiade, femme de son frère Philippe qu’il avait épousée. Car Jean disait à Hérode :
Il ne t’est pas permis d’avoir la femme de ton frère. Hérodiade lui tendait des pièges. Elle voulait le faire mourir, mais ne pouvait pas. Car Hérode craignait Jean, qu’il savait être un homme juste et saint. Il le protégeait donc, lui demandait souvent conseil et faisait beaucoup de choses d’après ses avis. Mais un jour opportun (pour Hérodiade) se présenta. Hérode, pour fêter son anniversaire de naissance, offrit un festin, aux princes, aux chefs de ses troupes, aux grands personnages de Galilée. La fille d’Hérodiade entra dans la salle du festin, dansa et plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : Demande-moi ce que tu veux et je te le donnerai. Il fit même ce serment : tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même la moitié de mon royaume. Elle sortit et dit à sa mère : Que vais-je demander ? Elle répondit : la tête de Jean-Baptiste. Aussitôt elle rentra en hâte auprès du roi et lui fit cette demande : Je veux que vous me donniez au plus vite la tête de Jean-Baptiste sur un plat. Le roi fut attristé. Mais à cause du serment qu’il avait fait, à cause de ceux qui étaient à table avec lui, il ne voulut pas la contrister. Il envoya un garde qui avait ordre d’apporter la tête de Jean-Baptiste sur un plat. Ce garde le décapita dans la prison et apporta sa tête sur un plat. Il le donna à la jeune fille et la jeune fille à sa mère. L’ayant appris, les disciples de Jean vinrent, enlevèrent son corps et le déposèrent dans un tombeau. »
Ainsi cet homme juste devait finir. Précurseur de Jésus, Jean était lié à Jésus par la même destinée. Jésus mourra pour avoir dit la vérité, toute vérité, Jean meurt pour avoir dit, lui aussi, la vérité. Non licet ! Ce n’est pas permis. Et pendant des siècles, en face de l’erreur, des millions de chrétiens mourront pour avoir dit la vérité. Vous serez mes témoins, a prophétisé le Maître à ses disciples, tous ses disciples, jusqu’à la fin des temps, vous serez mes témoins et des témoins doivent être prêts à mourir plutôt que de trahir la vérité !
Jean-Baptiste est le premier témoin de Jésus. Le premier il affirme ce qu’il est. Il s’attache ainsi à lui, à la vérité, et rien ne le fera trahir la vérité. Non licet ! Ce n’est pas permis. Jean meurt de cette parole.
Offertoire : « Seigneur, vous avez réalisé les désirs de son cœur, la prière de ses lèvres. Vous avez placé sur sa tête une couronne de pierres précieuses ».
Secrète : « Seigneur, nous vous présentons ces offrandes en l’honneur de la Passion de votre saint Martyr Jean, faites que, par sa prière, elles soient profitables à notre salut ».
Communion : « Sa gloire est grande par votre bonté. Vous le comblez d’honneur ».
Postcommunion : « Seigneur, que la solennité bienheureuse de saint Jean-Baptiste nous fasse vénérer ce que représentent les augustes sacrements que nous avons reçus et concevoir une sainte joie de les avoir reçus ».
N’oublions pas qu’en ce jour on fait mémoire de sainte Sabine, cette bienheureuse martyre de l’Aventin. Saint Dominique a pour toujours attaché son ordre à sa mémoire, quand il reçut du Pape Honorius III, son église et le couvent qui lui était annexé ! Tout Frère Prêcheur est fils de Sainte-Sabine. C’est un des pèlerinages les plus chers à un cœur dominicain. Quand on passe cette porte par où notre bienheureux Père est entré lui-même dans l’église de Sainte-Sabine, on passe avec lui, on s’agenouille avec lui sur le pavé, on prie avec lui. Son cœur y est toujours présent.