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Sainte Rose de Lima (1586 – 1617)

Fêté le

30 août

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Vierge, de l’Ordre dominicain

La Messe

Introït : « Réjouissons-nous dans le Seigneur, et célébrons ce jour de fête en l’honneur de la bienheureuse Rose, Vierge, dont la solennité réjouit les Anges et leur fait louer tous ensemble le Fils de Dieu. — Mon cœur dit une bonne parole. Je consacre toutes mes œuvres au roi ».

Oraison : « Dieu tout-puissant, auteur de tous les biens, qui avez prévenu la bienheureuse Rose de la rosée de la grâce céleste et qui l’avez fait briller dans les Indes de l’éclat de la pureté et de la patience, accordez à vos serviteurs de la suivre à l’odeur de ses parfums et de devenir eux-mêmes une bonne odeur du Christ ».

Rose de Lima est la première sainte de l’Amérique. Sainte toute parfumée des grâces divines, comme il convient à une rose, mais à une rose couleur de sang. Car, ne nous y trompons pas, cette humble tertiaire dominicaine

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dont le nom symbolique rappelle la fraîcheur et le parfum de la rose, fut une tertiaire crucifiée. Sa pénitence était rude, ses épreuves morales furent plus rudes encore. Elle eut à souffrir les violentes attaques des siens, les morsures des mauvaises langues, les moqueries de son entourage. Voyez donc cette nonne, criaient en riant les jeunes gens qui la rencontraient, elle ne serait pas si fraîche et n’aurait pas de si belles joues si elle jeûnait comme elle le dit ! Rose passait, souriante, gardant en son cœur le trésor qu’elle possédait. Mais elle entendait.

Jésus lui-même lui fut douloureux. Pendant quinze ans, Rose souffrit la plus amère désolation d’âme. Ne voyant rien de Dieu, ne sentant rien de Dieu, elle allait comme une aveugle, comme une abandonnée, sans secours intérieur, mais, quand même, sûre de son Dieu, elle continua sa vie de pénitence, sa vie de foi intense, d’autant plus intense que la lumière lui manquait. Dieu voulait de Rose le détachement complet, parfait. Il voulait son cœur pour lui seul et non pour ses faveurs. Voie crucifiante, lourde croix que Dieu impose aux âmes privilégiées.

Rose pouvait répandre après son parfum. Si nous la voyons joyeuse au milieu des fleurs, n’oublions pas que sa couronne de roses eut les épines les plus cruelles.

Épître de saint Paul aux Corinthiens, II, c. 10 et 11. : « Frères, que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur. Ce n’est pas, en effet, celui qui se loue soi-même qui est approuvé, mais celui que le Seigneur loue. Oh ! acceptez un peu mon déraisonnement ! De fait, vous me supportez. J’éprouve à votre égard la jalousie de Dieu même. Car je vous ai fiancée à un seul homme, le Christ, comme une vierge pure. »

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Se louer, pour saint Paul, c’est déraisonner. Et comme il avait été forcé de rappeler aux Corinthiens les grâces qu’il avait reçues de Dieu, il s’accuse et s’excuse de ce déraisonnement. Mais il le fallait et les disciples de Corinthe l’ont compris. Ce qu’il veut c’est les garder jalousement au Christ auquel il les a fiancés, unis pour toujours. Et pour les garder il ne craint pas de louer en lui-même les dons de Dieu, sachant très bien que l’on vaut juste ce que Dieu nous estime, rien de plus.

Graduel : « Dieu a jeté sur sa cité un regard favorable, il habite au milieu d’elle et n’en sortira point. — Un fleuve de joie inonde la cité de Dieu ; le Très-Haut a sanctifié son temple. »

Alléluia, Alléluia : « Elle est comme l’arc-en-ciel éclatant sur des nuées glorieuses, comme un parterre de roses aux jours du printemps ».

Évangile selon saint Matthieu, c. 13. : « En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples cette parabole : Le royaume des cieux est semblable à une graine de sénevé qu’un homme sème dans son champ. C’est la plus petite

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parmi les graines de semence, mais quand elle se développe, elle surpasse toutes les autres plantes légumineuses et devient un arbre sur lequel les oiseaux se posent et habitent.
Il leur dit encore une autre parabole. Le royaume des cieux est semblable à du levain qu’une femme met dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que tout ait fermenté. Toutes ces choses, Jésus les disait aux foules en paraboles et il ne leur parlait pas sans user de paraboles, afin que fût réalisée la parole du prophète : Je parlerai en paraboles et je révélerai les choses cachées depuis la création du monde. »

Petite graine, très petite, Rose de Lima. Petite par la naissance, petite par sa vie obscure. Mais dans cette petite graine Dieu avait mis le germe de vie, la grâce de son amour. Et elle s’est développée, elle a grandi jusqu’à remplir de sa gloire le monde entier.

On n’est quelque chose que par Dieu. De soi- même, c’est le néant.

Offertoire : « Écoutez-moi germes de Dieu, donnez des fruits comme les rosiers plantés sur le bord de l’eau. Répandez autour de vous le parfum suave du Liban ».

Rose était joyeuse. Au milieu même de ses angoisses les plus douloureuses, elle gardait en son cœur la joie profonde d’aimer Dieu. Et de toute son âme elle désirait que toutes les créatures s’unissent à elle pour chanter la bonté de Dieu. Quand elle traversait les jardins fleuris, son cœur s’épanouissait et elle disait : Fleurs, chantez avec moi le Seigneur. C’est qu’elle sentait profondément que tout être créé doit, de tout ce qu’il est, louer la bonté de Dieu, puisqu’il est tout ce qu’il est par la bonté de Dieu. Et elle-même s’offrait ainsi à Dieu de tout son être. C’est la plénitude de l’amour.

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Église du sanctuaire Sainte Rose de Lima

Secrète : « Seigneur, daignez recevoir nos sacrifices de louanges, que nous vous offrons humblement, tout remplis des parfums de la bienheureuse vierge Rose, afin qu’ils soient pour elle un honneur et pour nous une prière salutaire ».

Communion : « Portez des fleurs, comme le lis, jetez une odeur suave, poussez des rameaux gracieux, chantez ensemble des cantiques et bénissez le Seigneur dans ses œuvres ».

Postcommunion : « Seigneur, que nos prières montent vers vous, parfumées par la douceur de la bienheureuse vierge Rose, afin que restaurés dans le temps par la céleste nourriture, nous jouissions un jour de la douceur de l’éternel banquet ».

Le 24 août 1617, Rose expira doucement, en disant trois fois : Jésus ! Jésus ! Jésus ! Pour lui Rose avait vécu, avec lui elle mourait, sûre de son tendre accueil.